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Arrivée aux Comores en 2007, la banque maintient toujours la version selon laquelle le parti au pouvoir n’y a jamais ouvert un compte bancaire qui aurait d’après l’ancien ministre de l’éducation vu transiter d’importantes sommes d’argent notamment en 2024, année durant laquelle un double scrutin se tenait, dont une présidentielle.
C’est finalement le 22 octobre prochain que l’audience prévue hier jeudi se tiendra. Appelé à s’expliquer après ses accusations de blanchiment visant le parti au pouvoir, l’ancien ministre de l’éducation, Mahamoud Salim Hafi, a demandé un renvoi. Selon son avocat, Maitre Kaambi Mze Soilihi, ce report va leur permettre de se préparer. Depuis samedi dernier, la formation politique du président Azali Assoumani, la convention pour le renouveau des Comores (Crc), est secouée par des allégations graves de blanchiment. L’auteur de celles-ci, qui n’est autre que l’ex-secrétaire général adjoint du gouvernement est désormais est donc sous le coup d’une procédure judicaire enclenchée par son parti dont il est toujours membre.
S’il est reconnu coupable par un tribunal, M Hafi pourrait écoper d’une peine de deux mois d’emprisonnement, ainsi qu’une amende maximale de 2000 euros, selon l’article 239 du code pénal. Mais ce n’est visiblement pas la seule action qui vise l’ancien directeur de la télévision nationale qui n’a pas encore dévoilé des preuves de ce qu’il avance. Mardi, Exim Bank Comores également citée pour avoir abrité le compte bancaire vers lequel transiteraient des fonds douteux, a aussi annoncé porter plainte à son tour. Dirigée actuellement par une directrice intérimaire, répondant au nom de Charafate Mohamed, l’institution bancaire estime que M Salim Hafi, s’est peut-être rendu coupable de diffamation et diffusion d’informations fausses et doit répondre devant la justice. La date de ce second volet n’a pour l’instant pas été communiquée.
Image de la banque écornée
« Nous vous avons convié aujourd’hui pour répondre de manière ferme et transparente, à des allégations publiques qui ont écorné l’image de la banque. Nous sommes ici pour rétablir la vérité sur trois points importants. D’abord le parti Crc n’a jamais eu de compte dans nos livres et nous n’avons aucun document le prouvant« , a déclaré le 22 septembre, en conférence de presse, Charafate qui était jusqu’à récemment numéro 2 de cette banque, filiale d’Exim Bank Tanzanie. La successeur de Guy Rwaburindi, (démissionnaire après plus de huit ans), a ajouté qu’ils prenaient au sérieux les allégations les associant à des actes de blanchiment d’argent ou de corruption.
» Car ces accusations s’attaquent directement à notre intégrité et à notre gouvernance et à la confiance de nos clients. Donc nous avons porté plainte et nous avons aussi informé notre régulateur, la Banque centrale de notre disponibilité à collaborer avec elle dans tous les contrôles qui s’imposent« , a assuré, la dirigeante d’Exim Bank, établie aux Comores depuis 2007 et qui remporte à Londres, voilà maintenant 5 ans, le prix » banque de l’année aux Comores ». Sur le territoire national, Exim Bank dispose de 8 agences. Selon les révélations rendues publiques le week-end dernier, le compte bancaire du parti au pouvoir aurait connu des opérations financières importantes surtout en 2024 année, où les Comoriens étaient appelés aux urnes pour élire le président de l’Union et les trois Gouverneurs des îles. Le compte aurait été crédité de sommes qui dépasseraient le milliard de francs comoriens avant d’être débité de la moitié, la même année. En 2025, la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) d’après toujours son accusateur, a vu transiter des millions de francs, virés dans le compte du parti avant d’atterrir ailleurs.
Silence banque centrale
Jusqu’ici silencieuse, la Banque Centrale des Comores (Bcc), a fini par réagir, hier. » La Banque Centrale prend acte de ce démenti formel ainsi que de la décision d’Exim Bank Comores de recourir aux voies légales afin que les faits puissent, le cas échéant, être établis par les autorités compétentes« , indique la plus grande institution bancaire du pays dans un communiqué. « La Banque Centrale peut, lorsqu’elle l’estime nécessaire au regard de l’ensemble des missions d’inspection sur place, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par les textes en vigueur décider de mener une mission d’inspection. Une telle décision relève de son appréciation souveraine dans le cadre de l’exercice de ses missions de surveillance« , poursuit la Bcc sans ouvrir la voie à une inspection. Pourtant, à entendre un banquier de la place, la sortie de ces révélations de blanchiment auraient dû donner lieu à une inspection de la Banque centrale.
» Normalement dans un autre pays, il devait y avoir un contrôle afin de vérifier si Exim a manqué ou non à ses obligations de vigilance et de déclarations d’opérations suspectes. Ou sinon le parquet aurait pu ouvrir une information judiciaire en se saisissant du dossier car si le blanchiment n’a pas eu lieu à Exim, il aurait avoir lieu dans une autre banque« , croit savoir notre spécialiste, ayant opté pour l’anonymat et qui estime que cette affaire soulève une question importante sur le financement des partis politiques. En effet la loi sur les partis politiques en vigueur autorise les formations politiques à recevoir des dons provenant de l’extérieur, mais une opacité y a toujours régné. » Le montant annuel de dons et libéralités éventuelles de source extérieure à l’Union des Comores provenant des personnes physiques et ou morale, destiné à un parti ou groupement de partis politiques ne doit en aucun cas dépasser la moitié du montant totale de ressources propre de ces partis ou groupement de partis politique » précise l’article 30 de la loi mentionnant que les modalités d’application de cette disposition seront fixées par voie règlementaire.
Le bémol, ces textes d’application n’existeraient toujours pas, selon un agent du ministre de l’intérieur en charge des élections. Toujours dans la même loi, il est également demandé aux partis ou groupements politiques de déposer leurs bilans comptables annuels à la chambre des comptes de la Cour suprême, au ministère de l’Intérieur et au ministère des finances. Mais d’après nos informations aucun parti politique ne dépose à la cour suprême son bilan. Une révélation qui en dit long sur l’absence de contrôle dans la gestion des finances au sein des partis politiques.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??


































