Appel à la solidarité pour Matoungou Saïd Charabati, fondatrice de la Maison Snoezelen de Mayotte

Matoungou Saïd Charabati, la fondatrice de la société Maison Snoezelen de Mayotte, située à Mtsamboro, propose des prestations axées sur le bien-être, la détente et l’accompagnement en santé mentale de la population. La Maison Snoezelen de Mayotte intervient sur l’ensemble du territoire, en se déplaçant au plus près des personnes.

Invitée à une conférence internationale à Philadelphie par Snoezelen International, Matoungou Saïd Charabati fait face à des difficultés pour financer son billet d’avion. La fondatrice de la Maison Snoezelen de Mayotte lance ainsi un appel à la solidarité.

 Flash Infos : Quelles sont les raisons qui expliquent les difficultés pour financer votre billet d’avion pour Philadelphie ?

Matoungou Saïd Charabati : Nous rencontrons beaucoup de difficultés depuis le passage du cyclone chido. Parce qu’on a quand même eu une suspension de l’activité pendant plusieurs mois, en attendant que nos clients se remettent en forme et qu’ils puissent revenir. Ça nous a handicapés, parce que j’ai déjà des salariés. J’ai trois salariés, deux en CDI et une stagiaire en ressources humaines.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, ça va faire… avec l’invitation, une belle opportunité de représenter Mayotte et de montrer à Mayotte également que la méthode du Snoezelen est bénéfique pour les Mahorais. Tous les gens ont besoin de se poser, de lâcher prise, d’enlever le stress, les fracas qui sont dans la tête. Donc, c’est bénéfique pour la population.

Il y aura aussi le magasin Snoezelen qui va bientôt ouvrir. C’est l’occasion d’aller voir les investisseurs, les chercheurs et créer mon réseau international.

F.I : Donc, l’objectif est avant tout de vous former. Justement, quelle a été l’issue de votre démarche auprès d’Air Austral ?

M.S.C : Au niveau d’Air Austral, les billets sont à 2500 euros de Mayotte à Philadelphie, pour une personne. Je souhaite un vol direct ; ils me disent que si on ne paye pas les billets d’ici le 24 septembre, on ne pourra pas avoir le vol direct. On aura plutôt des escales dans des endroits que je ne connais pas, où je ne suis jamais allée. Donc, l’objectif, c’est de pouvoir avoir les billets d’avion.

Avoir également un peu de finances pour tous les transports, l’hébergement et la nourriture pendant le séjour à Philadelphie. C’est moi qui dois m’en occuper, il n’y a personne derrière. Il n’y a pas les institutions ; malgré que j’aie fait appel, la préfecture m’a fait un mail me disant qu’ils ne peuvent pas accompagner des démarches personnelles. Le conseil départemental ne s’est pas prononcé. L’intercommunalité qui m’a contactée ce matin pour que je puisse envoyer l’appel à projet.

F.I : c’est donc pour cette raison que vous avez ouvert une cagnotte, afin de récolter les fonds nécessaires au financement de votre billet d’avion ?  

M.S.C : Au niveau de la cagnotte, il n’y a pas beaucoup d’interventions. On est aujourd’hui à 200 euros de récoltés. J’ai vraiment besoin que ce soit les institutions pour pouvoir faire connaître Mayotte à l’international.

F.I : Comment peut-on accéder à la cagnotte et, pour celles et ceux qui souhaitent vous soutenir, comment peuvent-ils y contribuer ?  

M.S.C : La cagnotte est accessible via un lien que nous avons partagé sur l’ensemble de nos réseaux sociaux. Kweli Médias a également relayé l’information à travers une publication, tout comme Tahira Évents, qui a aussi partagé la cagnotte.

Il y a également Anchya Bamana, qui a réalisé une vidéo pour relayer mon appel à la solidarité. Cette vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux et invite les personnes qui le souhaitent à me soutenir de m’apporter leur aide. On essaie vraiment de communiquer, mais ça reste compliqué.

F.I : Vous souhaitez absolument bénéficier d’un vol direct. Mais si, d’ici le 24 septembre, vous ne parvenez pas à réunir les fonds nécessaires, seriez-vous tout de même prête à prendre un vol avec escale afin de pouvoir vous rendre à la conférence à Philadelphie ?

M.S.C : On n’aura pas le choix. On sera obligés de prendre les escales. Mais il faut savoir que ça aurait été mieux d’avoir le vol direct parce qu’on part d’un endroit à une destination. C’est le plus simple pour des personnes qui ne connaissent pas les lieux. Puis, là-bas, ils sont occupés à organiser la conférence. Ils n’auront pas le temps de s’occuper de nous au niveau du trajet.

F.I : Une fois arrivée à Philadelphie, comment va se dérouler votre séjour, notamment en ce qui concerne votre hébergement sur place ?

M.S.C : J’ai demandé aux personnes de bien vouloir m’envoyer un devis pour tout ce qui est transport, nos déplacements, l’hébergement et la nourriture, mais la dame avec laquelle on échange m’a écrit un message expliquant, qu’elle ne pourra pas forcément s’en occuper parce qu’elle n’est pas sur place. Elle m’a plutôt orientée plutôt vers deux personnes avec lesquelles on a déjà échangé, Anthony et David, qui sont organisateurs.

Je ne suis pas sûre qu’ils me donnent exactement ce qu’il faut, parce qu’elle m’a quand même orientée vers un service de réservation pour qu’on puisse réserver de tout ce qui est hôtels et autres. Sachant également qu’il y a plusieurs pays qui seront à Philadelphie, ce sont des choses à prendre en compte le plus tôt possible.

F.I : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette conférence ?

M.S.C : Ça sera sur le concept Snoezelen. Nous allons, pour Mayotte, présenter sur le  “Snoezelen au cœur de Mayotte”. J’ai déjà commencé à rédiger le dossier que je vais présenter pour avoir des investisseurs, des professionnels qui acceptent de nous aider pour le développement de la maison Snoezelen. Il n’y avait pas encore le cyclone, il existait déjà.

Mais aujourd’hui, le cyclone a amplifié les choses. Il y a encore des situations au niveau des logements qui n’ont pas été réglées. Tout ça engendre des problèmes mentaux. Donc, avoir des personnes qui comprennent la situation de Mayotte et qui acceptent de développer Mayotte dans le domaine de la détente, ça permet tout simplement d’améliorer la santé mentale, d’aider les personnes à aller mieux en attendant qu’elles puissent avoir des professionnels médicaux.

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