Réunis place de la République à l’appel de l’intersyndicale, plusieurs dizaines de manifestants ont été expulsés par les forces de l’ordre quelques minutes avant l’arrivée du Premier ministre et de la délégation ministérielle à Mamoudzou.
Portés, traînés de force sur le sol, en quelques minutes, la place de la République est vidée de ses manifestants par les forces de l’ordre, ce mercredi 26 aoû à 15h. Le message est clair : rien ne doit venir perturber l’arrivée du Premier ministre et de la délégation ministérielle, ainsi que son défilé place Zakia Madi.
Parqués entre le bâtiment de l’Office de tourisme et le marché couvert, encadrés par un cordon d’une quinzaine de gendarmes et plusieurs voitures, les dizaines de manifestants, réunis à la suite de l’appel de l’intersyndicale, mettent plusieurs minutes à se remettre du choc de cette expulsion manu militari, disproportionnée.
“Il y a plus de gendarmes aujourd’hui que pour protéger nos rues”
En quelques minutes, la manifestation se transforme en un face-à-face tendu, violent à plusieurs reprises. La colère, le mépris, l’impuissance ne cessent de grandir dans les rangs des manifestants, faisant oublier à certains leurs revendications premières : augmentation du taux d’indexation, alignement des droits sociaux, surcharge des établissements scolaires, mais aussi dénonciation d’une pauvreté grandissante chez les élèves.
“Il y a plus de gendarmes aujourd’hui que pour protéger nos rues !”, lance une manifestante. “Le but est de nous cacher, de montrer que tout va bien à Mayotte”, ironise un autre.
“On demande de la considération et de l’écoute, mais même faire semblant, ils ne veulent plus le faire”, insiste une participante, pointant du doigt les ministres en visite et déplorant l’absence totale de rencontre.
Les manifestants repoussés loin de la place de la République
En quelques instants, d’autres gendarmes s’ajoutent au cordon sécuritaire, dont plusieurs avec des boucliers, faisant monter la pression. Un petit groupe de manifestants tente alors une percée le long du mur, aussitôt neutralisée par des gendarmes galvanisés. Certains, trop engagés, reçoivent l’ordre de se calmer par leur supérieur. “Doucement, ils sont gentils”, glisse l’un d’entre eux, un sourire sur le visage.
Mais la tension persiste. Les forces de l’ordre poussent de plus en plus loin le groupe tandis que, sur le port, le premier bateau de la délégation ministérielle arrive. Drapeaux en l’air et mains autour de la bouche pour faire entendre leur voix, les manifestants huent et sifflent les ministres, dont certains détournent le regard en leur direction.
La manifestation finit par être totalement annihilée au moment où Sébastien Lecornu arrive sur le ponton d’urgence.


































