La résorption de l’habitat insalubre du secteur Bazama-Bandrajou, à Kawéni, entre dans une nouvelle étape. Du 15 juillet au 13 août, les habitants pourront consulter le dossier et faire part de leurs observations sur ce projet qui doit transformer en profondeur un quartier marqué par l’habitat précaire, l’enclavement et l’exposition aux risques naturels. Environ 800 personnes sont directement concernées.
Par arrêté du 25 juin, la préfecture a ouvert une enquête publique unique sur cette opération portée par l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM), avec la Ville de Mamoudzou. Elle se tiendra au centre administratif municipal Fatima Abdallah Mari, dit Maman Libo. Cette procédure regroupe plusieurs volets : l’autorisation environnementale unique, qui comprend notamment la « loi sur l’eau » et une dérogation espèces protégées, la déclaration d’utilité publique (DUP) et l’enquête parcellaire.
Inscrit dans le Nouveau projet de renouvellement urbain de Kawéni, le projet de Bazama-Bandrajou porte sur près de quatre hectares. L’EPRDM le présente comme la création d’un « nouveau morceau de ville ». Derrière la formule, l’ambition est large : remplacer une partie de l’habitat insalubre, réduire l’exposition aux inondations et aux mouvements de terrain, désenclaver le quartier et raccorder les futures constructions aux réseaux et aux équipements.
Le dossier prévoit une offre globale de 291 logements. Onze îlots d’habitations sont envisagés : six pour l’habitat collectif, deux pour l’habitat individuel groupé et trois pour des logements individuels. Les immeubles collectifs doivent notamment accueillir des logements sociaux et des commerces ou services en rez-de-chaussée. Le programme mentionne aussi des lots à bâtir, du logement intermédiaire, de l’accession et des expérimentations d’habitat innovant.
Deux programmes d’hébergement sont également prévus pour accueillir des familles de Bandrajou dites « ni-ni » ou non solvables.
Un quartier à désenclaver
Le projet doit aussi redessiner la circulation dans ce secteur aujourd’hui difficile d’accès. Quatre axes routiers et deux voies secondaires sont prévus. Une voie principale permettra d’entrer et de sortir du quartier depuis la zone scolaire. Une voie de bouclage doit améliorer les déplacements internes et préparer un éventuel raccordement à un futur axe inter-quartier. Une autre voie doit être aménagée le long de la ravine secondaire, avec un dispositif de gestion des eaux pluviales destiné à canaliser les ruissellements. Une « voie du lycée » doit enfin créer un second accès, afin de sortir le quartier de son fonctionnement en impasse.
Ces aménagements doivent répondre à des difficultés anciennes : accès, assainissement, sécurité, exposition aux risques, mais aussi accompagnement social.
Avec cette enquête publique, les habitants pourront pendant un mois consulter le dossier et déposer leurs observations sur registre, par courrier ou par mail. Un commissaire enquêteur, tiendra plusieurs permanences entre le 15 juillet et le 13 août. Une réunion avec les occupants est aussi prévue le vendredi 10 juillet, de 8h à 11h.
L’enquête parcellaire précise les biens et terrains concernés, dans un secteur où se croisent habitat informel, contraintes foncières et besoins d’aménagement. Le dossier prévoit notamment la démolition des cases et bâtiments nécessaires à l’opération, la purge des terrains, la création des infrastructures et l’aménagement de lots à bâtir.
À l’issue de l’enquête, le commissaire enquêteur aura trente jours pour remettre son rapport et ses conclusions au préfet. Pour Bazama-Bandrajou, cette séquence marque un tournant : le projet, longtemps discuté dans les études et la concertation, arrive au moment où ses conséquences concrètes pour le quartier et ses habitants doivent être débattues publiquement.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































