Basket : les Vautours de Labattoir en route vers la N3

Championnes de la zone océan Indien pour la première fois de l’histoire de Mayotte, les Vautours de Labattoir s’apprêtent à disputer le championnat de France de Nationale 3.

Ce vendredi 15 mai, à quelques jours de leur départ pour les championnats de Nationale 3, les Vautours de Labattoir sont à l’entraînement. Au programme : découverte d’un nouveau système de jeu axé sur le collectif, tirs à mi-distance, répétitions et corrections. Tout au long de la semaine, l’équipe passe en revue les bases : défense, attaque, physique et adresse, afin de se préparer au championnat.

L’exploit

Il y a quelques semaines à peine, en finale de la zone océan Indien face aux Tamponnaises de La Réunion, les Vautours partaient clairement outsiders. « On savait que les championnes étaient fortes », reconnaît le coach. L’objectif affiché était modeste : ne pas encaisser plus de vingt points d’écart, engranger de l’expérience et revenir plus fortes en décembre. Puis le match a basculé.

« Au milieu du match, on s’est rendu compte que c’était faisable », se souvient-il. « Qu’on pouvait y arriver, qu’en y mettant le mental, on pouvait gagner. »
La capitaine, Houlfat Mahouchiza, explique : « Sur le moment, c’était mitigé : certaines n’y croyaient pas, d’autres si. Mais on s’est toutes données à fond, on a tout donné. »

Le reste appartient désormais à l’histoire du basket mahorais et régional. « On a créé l’exploit, c’est incroyable, inattendu, historique. Ce match, on en parlera encore dans vingt ans. »

Une équipe construite dans la durée

Ce qui a changé la donne cette année, c’est l’arrivée de trois joueuses très expérimentées en début de saison : Arzhélenn Chavoutier, Martine Barba et la capitaine Houlfat. Elles ont apporté une nouvelle dimension au jeu de l’équipe. Leur intégration rapide a permis à l’ensemble du collectif de progresser et de trouver de nouveaux équilibres.

L’équipe a fait le choix de mélanger expérience et jeunesse : « On demande aux anciennes d’accueillir et d’encourager les plus jeunes, de les corriger, de leur apprendre », explique le coach. « Elles échangent avec beaucoup de respect. C’est une de leurs grandes forces. »

La capitaine abonde dans le même sens : « Des plus anciennes aux plus jeunes, tout le monde s’entend bien. Toutes savent qu’il y a des matchs où elles pourront entrer en jeu, et d’autres non. »

Un modèle pour Mayotte

La victoire contre les Tamponnaises ne résonne pas seulement dans le vestiaire des Vautours. D’après le coach, « ça va ouvrir des portes ». « Les autres clubs mahorais ont à peu près notre niveau : Passamaïnty, Mtsapéré, Cavani… Ça va les motiver. »

Il rappelle qu’il y a déjà deux ans, Passamaïnty était allé jouer à La Réunion et avait su rivaliser.

La capitaine partage ce sentiment : « Je pense que c’est quelque chose que tout le monde a toujours voulu. On a vu qu’une équipe mahoraise pouvait gagner. Ça peut donner aux autres la motivation et les moyens d’y arriver. »

Le coach pointe également un autre avantage structurel de Mayotte : le championnat local est plus équilibré. Chaque équipe compte deux défaites cette saison et le niveau est relativement homogène. À La Réunion, les Tamponnaises et Saint-Paul sont au-dessus des autres équipes. « Nous, on ne sait jamais qui va gagner avant la fin, et ça forge. »

Dernière ligne droite : le championnat national

C’est une première absolue pour toute l’île. « C’est une découverte pour nous », reconnaît le coach. « On doit se préparer, on adapte nos systèmes pour que les filles puissent encore mieux jouer. »

Une nouvelle tactique est actuellement mise en place. L’objectif est clair : « Bien jouer, défendre Mayotte et l’océan Indien, et donner tout ce qu’on a. »

Trois matchs en trois jours attendent les joueuses : un premier match samedi, la demi-finale dimanche, puis la finale ou la petite finale lundi. Loin de chez elles, avec la fatigue, l’avion et le décalage de température, « on aura une semaine compliquée », admet la capitaine, « mais on dormira après la finale ».

Le staff médical sera présent avec les kinés, afin de permettre à l’équipe de récupérer dans les meilleures conditions.

Le mot d’ordre du coach pour le match de samedi : « Jouer sans pression et montrer qu’on est là pour jouer. »

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