La chambre régionale des comptes de Mayotte dresse un constat critique de la gestion de la commune de Pamandzi dans un audit flash rendu public le 2 avril 2026. Saisie en l’absence de bilan présenté par la collectivité, elle souligne que « cette obligation n’ayant pas été respectée, la chambre a décidé de procéder à un audit ciblé afin d’évaluer directement les mesures effectivement mises en œuvre ».
Le résultat est sans appel : « sur les dix formulées en 2023, seules deux ont été pleinement appliquées, tandis que six ne l’ont été que partiellement et deux n’ont fait l’objet d’aucun début d’exécution ».
Au-delà de ce bilan global, le rapport met en évidence des dysfonctionnements persistants, notamment dans le champ scolaire. La commune ne tient toujours pas à jour la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire, ce qui empêche d’évaluer précisément les besoins éducatifs. Elle peine également à structurer certains services essentiels : la restauration scolaire reste incomplète et les équipements existants ne sont pas pleinement exploités.
Dans le même temps, la fréquentation du périscolaire progresse fortement, sans que l’organisation suive pleinement. Les effectifs augmentent, mais la collectivité rencontre des difficultés à professionnaliser ses agents et à optimiser son fonctionnement.
Sur le plan financier, la situation s’est améliorée après plusieurs années de déséquilibre. La commune est parvenue à retrouver l’équilibre budgétaire, mais celui-ci demeure fragile. La chambre souligne que les progrès réalisés doivent être consolidés, notamment en matière de fiabilité de l’information financière et de pilotage budgétaire.
L’audit met ainsi en lumière des avancées, « notamment en matière budgétaire, mais aussi des fragilités persistantes dans la gestion de la compétence scolaire et dans le pilotage financier ».
Face à ces constats, la juridiction formule plusieurs recommandations visant à renforcer l’organisation des services et la gestion financière. Elle demande à la commune de dresser chaque année la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire, de mieux encadrer les inscriptions en mentionnant la possibilité d’attestations sur l’honneur, mais aussi de professionnaliser les agents affectés au scolaire et de formaliser le temps de travail des animateurs. Elle insiste également sur la nécessité d’améliorer la sincérité des prévisions budgétaires, de fiabiliser les comptes en procédant correctement aux rattachements de charges et de produits, et de fournir une information financière plus complète aux élus. Le maire s’est engagé à les mettre en œuvre d’ici fin 2026, avec l’obligation cette fois d’en rendre compte.
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