Au kariboom, le montage devient un terrain de formation

À quelques jours du festival, prévu les 23 et 24 mai, le site du Kariboom s’anime déjà sur la plage de Mtsanga Beach. Entre découpes de bois, peinture, accrochages, structures en bambou et voiles d’ombrage, une dizaine de jeunes de l’association Kaja Kaona participent au montage de la scénographie. Une immersion grandeur nature, pensée comme un temps de transmission autour des métiers du décor, de la scénographie et de l’événementiel.

Sur le site, les équipes s’activent pour transformer l’espace. Canopées, ombrages, éléments de décor et installations scéniques prennent forme au fil des heures. Cette année encore, le montage est l’occasion d’un atelier participatif, associant création artistique, savoir-faire technique et insertion locale.

Pendant plusieurs jours, les jeunes de l’association Kaja Kaona, basée à Tsoundzou I et engagée dans l’insertion socioprofessionnelle, se forment aux côtés des équipes du festival. Le temps de formation officielle s’achève ce week-end, mais certains ont déjà proposé de rester bénévoles pendant l’événement. En retour, le festival leur offrira l’accès au Kariboom, pour qu’ils puissent profiter d’un espace qu’ils auront contribué à fabriquer.

« Il y a un vrai temps de transmission de savoir-faire« , souligne Leïla, responsable communication de l’association Atomix, organisatrice du festival. Pas de diplôme ni de certification à la clé, mais une expérience concrète, sur le terrain. Les jeunes apprennent en participant à toutes les étapes : lecture de plans, traçage, découpe, assemblage, peinture, finitions, montage et, pour ceux qui le souhaitent, démontage.

L’encadrement est notamment assuré par deux membres de The Mad Studio, collectif grenoblois rattaché à l’association Hadra, bien connue dans le milieu des musiques électroniques et de la scénographie. Hadra Transmission développe également des formations autour de la création de décors, de la musique assistée par ordinateur et des arts du spectacle.

Pour Pierrot, décorateur depuis une quinzaine d’années et membre de The Mad Studio, l’objectif est clair : transmettre des techniques tout en construisant réellement le décor du festival. « On leur montre le processus de création d’une scénographie : le travail de plan en amont, la projection, la découpe à l’échelle, l’assemblage, la peinture, puis la pose et le montage« , explique-t-il.

Habituée du Kariboom, son équipe revient à Mayotte pour la quatrième fois. Cette année, elle réalise la scénographie de la scène principale et installe une canopée composée de voiles d’ombrage, pensée à la fois pour protéger le public du soleil et habiller l’espace.

Sur place, l’enthousiasme est palpable. « Ça se passe super bien, ils sont au top. On ne pensait même pas avancer aussi vite« , sourit Pierrot. Les participants découvrent un univers où la précision technique rencontre l’invention collective. Certains étaient déjà présents lors de précédentes éditions ou avaient participé à d’autres chantiers autour du bambou. Pour Lou, engagée dans la scénographie du festival depuis plusieurs années, cette continuité est essentielle.

Lou a commencé par créer de grands décors pour les soirées Atomix où, à l’époque, « il n’y avait pas du tout de visuel« . De grands dessins de plusieurs mètres, puis des structures en bambou, avant que la scénographie ne prenne de l’ampleur au fil des éditions. « Chaque année, on essaie de proposer des formations un peu différentes », raconte-t-elle.

Cette année, l’accent est mis sur la fabrication et le montage de la scénographie. L’équipe se répartit selon les envies et les compétences de chacun, entre construction des décors, installation des structures en bambou et pose des ombrages.

Au-delà du chantier, le Kariboom affirme une ambition plus large : faire du festival un espace de rencontre, de création et de partage. Un lieu où l’on ne vient pas seulement assister à un événement, mais aussi apprendre à le fabriquer.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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