Asma, 17 000 abonnés et une parole sans détour

Connue sur les réseaux sociaux sous le nom d’As_chocs, Asma publie des vidéos suivies par des milliers d’abonnés. Infirmière et mère de deux enfants, elle y aborde des sujets de société à Mayotte, notamment la santé et la condition féminine. Une prise de parole apparue après le cyclone Chido.

« La condition féminine est un sujet qui me tient à cœur. » Voile rose et épingle à fleur sur le côté droit du visage, Asma, surnommée As_chocs sur les réseaux sociaux, rassemble près de 17 000 followers. Certaines de ses vidéos dépassent les 500 000 vues. Pour Le Flash Info, elle accepte de revenir sur son parcours et sur la manière dont elle s’est retrouvée à prendre la parole en ligne.

Le cyclone Chido, point de départ de ses publications

Asma a 32 ans. Elle est née à Marseille, dans l’Hexagone, et est originaire de Barakani (Ouangani). « Je suis plutôt métropolitaine. Je sais que ça ne se voit pas, mais c’est le cas. » Mère de deux filles, elle explique avoir souhaité leur offrir un cadre de vie différent. « Pour elles, j’ai souhaité vivre à Mayotte », explique-t-elle, avec l’idée d’un environnement plus sain, en accord avec son identité familiale et religieuse. À son arrivée, elle remarque « une confusion entre la culture et la religion » , avec quelques difficultés à s’approprier les codes de la société mahoraise. « Je ne parlais pas le shimaoré. On m’a fait remarquer que j’avais une mentalité de mzungu. » narre t-elle sourire en coin.

« Polémique, santé et tabous de Mayotte »

A ses début, Asma affirme ne pas avoir cherché la visibilité. « Je n’avais jamais pensé à rejoindre les réseaux sociaux. Je trouve ça lisse, surfait, pas très naturel. » Pourtant, sa première vidéo tournée après le cyclone change la donne. « Je finissais le travail. On disait que l’eau était rétablie alors que c’était faux. » Elle décide alors de se filmer. La vidéo circule et marque le début d’une série de publications qui totalisent aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de vues. « Je pense que ça a pris parce que je suis naturel. » La mère de famille aborde aussi la question de la condition féminine, un thème central pour elle. Elle évoque notamment les débats autour de la polygamie, le confiage d’enfant ou de l’accès des femmes à l’enseignement religieux. Ses prises de parole sont parfois tranchées. « Je parle parfois de sexualité, ce qui choque. On me prend pour une djaoulla, mais je suis libre de ma parole. Ça peut paraître paradoxal car je porte le voile, mais c’est un choix », poursuit-elle.

Approchée par des listes municipales, elle explique en avoir rejoint une avant d’y renoncer. Son choix est fait. Elle dit vouloir se fier à une nouvelle génération «  Nouvelle génération ». Avant de prendre la pose sa photo d’illustration.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Lundi 9 mars 2026
Lundi 9 mars 2026

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une