Hôtel résidence le maki

Les navettes maritimes nord-sud refont surface

Les maires de Mayotte demandent la priorisation absolue de la mobilité sur le territoire dans le prochain contrat de convergence, afin de sortir de l’impasse actuelle générée par la congestion sur les routes de l’île. Pour eux, il n’y a d’autre solution que de mettre en place des navettes maritimes entre le nord et Mamoudzou, ainsi qu’entre Illoni et Mamoudzou, avec des pontons dédiés et un renouvellement de la flotte d’amphidromes. Ils évaluent les conséquences de la situation actuelle en termes de nombreuses heures de travail perdues, de retards pour les scolaires, de consultations médicales manquées et de consommation de carburant, qui pèse sur les ménages mahorais.

Sous l’intitulé « Le quotidien d’abord », le manifeste des maires de Mayotte, destiné aux différents candidats à l’élection présidentielle de l’année prochaine, s’avère être un ensemble de propositions réalistes face à des problématiques récurrentes sur le territoire. Pour éviter de se faire balader par les prétendants à l’Élysée avec des catalogues de projets irréalisables, les maires mahorais se sont donné le temps de travailler chaque thématique abordée, en dressant un constat de la situation, en évaluant le coût pour la société mahoraise de sa non-réalisation, en précisant les attentes particulières et en définissant les engagements des communes pour formaliser chacun de ces projets.

Dans le secteur important et crucial des transports, l’Association des maires de Mayotte préconise le recours aux moyens de transport maritime pour décongestionner les routes de l’île. Il est vrai que ce problème ne cesse de s’amplifier dans l’archipel, au point de rendre la vie impossible à des milliers d’hommes et de femmes qui souffrent chaque jour des embouteillages sur les routes, entre le sud et l’agglomération de Mamoudzou, ou inversement, entre la moitié nord de Mayotte et la ville chef-lieu.

« La congestion routière est, avec l’eau, le premier motif de plainte de nos administrés. Des milliers de Mahorais quittent leur domicile avant 4 heures du matin pour rejoindre Mamoudzou », peut-on lire dans le manifeste des maires. Celui-ci constate le progrès indéniable que constitue le lancement du réseau interurbain « M’Safara », le 22 mai 2026, tout en regrettant que les autobus soient contraints de partager la même chaussée que les voitures particulières. Résultat : un allongement considérable de la durée des trajets, les 30 minutes initialement annoncées se transformant en 80 minutes dans la réalité.

Les maires mahorais font également allusion aux différents projets de contournement routier restés sans lendemain, malgré des décennies de procédures engagées. Pour les élus communaux, la solution idéale à la congestion routière sur l’île réside dans les voies maritimes : « L’infrastructure est déjà là, gratuite, sans expropriation ni terrassement. Deux lignes ont déjà été étudiées : Longoni-Mamoudzou pour le nord et Illoni-Mamoudzou pour le sud, avec des navettes de 100 à 150 places et des pontons dimensionnés en conséquence. »

Ils soulignent qu’une enveloppe de 2 millions d’euros a d’ores et déjà été consacrée à des études de faisabilité, mais que « le projet reste suspendu à l’achèvement des pontons et souffre d’une gouvernance éclatée entre le Département-Région et l’intercommunalité (CADEMA), chacun conduisant son propre projet. Pendant ce temps, les amphidromes assurant la liaison Grande-Terre/Petite-Terre connaissent des immobilisations récurrentes, faute d’une flotte suffisante et d’une maintenance sécurisée ».

Les maires évaluent les conséquences de cette situation en termes de nombreuses heures de travail perdues, de retards pour les scolaires, de consultations médicales manquées et de consommation de carburant, qui pèse sur les ménages mahorais. Autres conséquences relevées : la dissuasion ou les arbitrages absurdes en matière d’implantation d’activités, le renoncement à un emploi selon qu’il soit situé d’un côté ou de l’autre des deux îles principales de l’archipel, sans parler du facteur d’insécurité généré à la nuit tombée, au détriment des flux circulant dans des endroits non éclairés.

Pour sortir de l’impasse actuelle, les maires de Mayotte demandent la priorisation absolue de la mobilité sur le territoire dans le prochain contrat de convergence, ainsi qu’un financement dédié aux pontons et à la flotte, avec des crédits de l’État, des financements européens et de la Banque des Territoires. Ils préconisent également l’unification de la maîtrise d’ouvrage au sein d’un syndicat mixte de transports réunissant le Département-Région, les communes et les intercommunalités, doté d’une ingénierie financée par l’État pendant sa période d’amorçage, ainsi que la sécurisation et le renouvellement de la flotte d’amphidromes. Une tarification sociale unique, applicable aux barges, aux navettes maritimes et aux bus, est également préconisée.

En contrepartie de toutes ces mesures, les communes et intercommunalités s’engagent « à réserver et sécuriser le foncier littoral nécessaire aux pontons et aux parcs-relais, [et à] adapter leurs documents d’urbanisme ». Ce n’est pas tout : elles organiseraient également le rabattement des lignes de bus communales et scolaires vers les embarcadères.

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