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Archives [3/5] Tourisme : Un diagnostic pour une vraie politique

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En parcourant les pages du hors-série « Mayotte en 2002 », édité par la Somapresse, on se rend compte que certaines choses changent, d’autre pas, malheureusement. Plongée dans l’île au lagon d’il y a deux décennies, avec quelques extraits choisis du Mayotte Hebdo de l’époque : avec 24.000 touristes pour la saison 2001 et une capacité d’accueil de seulement 250 lits, Mayotte est le parent pauvre du tourisme dans l’océan Indien. L’île au lagon, qui attire essentiellement des touristes venus de La Réunion, souffre d’un manque d’image et d’un déficit de promotion à l’extérieur. La visite du secrétaire d’Etat au Tourisme Léon Bertrand fin novembre a confirmé l’intention du Comité du tourisme de Mayotte : il s’agit d’établir un diagnostic des possibilités de l’île afin d’envisager une véritable politique du tourisme, secteur moteur du développement de Mayotte.

Selon le Comité du tourisme, la fréquentation touristique à Mayotte est en augmentation de 5 à 7% depuis trois ans et s’établit approximativement à 24.000 touristes pour la saison 2001. Ces chiffres sont à mettre en parallèle de ceux enregistrés à Maurice, La Réunion ou les Seychelles qui voient chacune défiler environ 500.000 touristes chaque année.

« Pour le moment, le tourisme n’est pas encore perçu comme étant un facteur de développement susceptible de créer de vrais emplois. D’ailleurs, cela va plus loin : repérer, valoriser et protéger les richesses naturelles et culturelles ne fait pas encore partie des priorités », souligne René Girod, directeur du Comité du tourisme. La visite du secrétaire d’État fin novembre 2002 avait justement pour objectif d’établir au plus vite un diagnostic clair des possibilités qu’offre l’île, afin d’appliquer les bons remèdes à l’île en mal de touristes.

Diagnostic des spécialistes…

Dans notre île, les touristes proviennent à 40% de métropole et à 54% de La Réunion ; 30% sont de passage ou d’agrément. Le Comité du tourisme relève par ailleurs que les effectifs de croisiéristes ne progressent plus : 30 paquebots ont acheminé 6.600 touristes vers les côtes mahoraises en une année. En moyenne, la durée d’un séjour tourne autour de 12,5 jours.

Du côté de l’hébergement, les infrastructures restent modestes. Mayotte ne dispose en effet que de six établissements hôteliers, soit une capacité de 252 chambres ; le reste des structures (chambres d’hôtes, gîtes, etc.) offrant une capacité d’environ 100 chambres.

Après une visite éclair de 24 heures, pas de grandes révélations de la part de Léon Bertrand, mais un séjour qui aura permis de clarifier les rôles de chacun dans le grand chantier du tourisme. Peu d’infrastructures, déficit de personnel mahorais formé, pas de réglementation claire dans le domaine maritime, absence de promotion à l’extérieure de l’île au lagon… Point par point, le secrétaire d’État a tenté de donner des modes d’emplois pour les professionnels, les élus et l’administration.

… Et prescriptions de remèdes

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », dit le proverbe. De même, rien ne sert de construire de nouveaux hôtels, alors que ceux en place affichent un taux de remplissage de 55% en moyenne cette année. Augmenter la capacité d’accueil est une chose, mais il faut qu’elle s’accompagne d’une classification et d’une promotion extérieure.

L’attribution des fameuses étoiles de référence ainsi que la réhabilitation des équipements hôteliers (par le biais de la défiscalisation, d’exonérations, du redéploiement du Contrat de plan) font partie des priorités du délégué régional du tourisme (DRT) de La Réunion, dont les compétences viennent d’être étendues à Mayotte. Par ailleurs, il est important que Mayotte joue sa propre carte touristique, complémentaire des autres secteurs de l’océan Indien. Le banga mahorais revu et mis aux normes fait partie des concepts originaux à étudier. Et ce dans le but non pas de provoquer un tourisme de masse, mais bel et bien un tourisme « de niche » ou un éco-tourisme s’appuyant sur les atouts naturels (nature et lagon) et le savoir-faire traditionnel.

Et pour véhiculer une telle image de Mayotte en France et à l’étranger, rien de tel que des professionnels des salons et brochures touristiques. Léon Bertrand est venu avec le directeur marketing de la Maison de la France, organisme spécialisé dans l’analyse des marchés, la promotion commerciale et la réalisation de campagnes de communication. Mayotte sera bientôt intégrée au sein d’un Club de l’Outremer chargé de la promotion de chaque Dom Tom. Pour le reste, à chacun son rôle : le secrétaire d’État attend les propositions en matière de formation ; le DRT est attendu sur l’île à partir de janvier 2003 pour « des rencontres techniques » avec les différents acteurs ; le préfet doit aborder avec les professionnels les problèmes de dédouanement, de sécurité, de réglementation maritime…

Quant à la desserte aérienne, condition sine qua non à l’accueil de touristes, le dossier relève de la compétence de Brigitte Girardin, ministre de l’Outremer.

Retrouvez l’intégralité du dossier « 2002-2022, Mayotte 20 ans après » dans le Mayotte Hebdo n°1015, à retrouver gratuitement ici.

 

Enfin du 4 étoiles à Mayotte

Plus heureux que du côté de la Pointe Koungou, M. Tarrery a vu cette année son projet hôtelier aboutir. Initié en 1992, plus de 6 millions d’euros ont été investis dans le « Sakouli hôtel, la pointe aux dauphins », qui a ouvert ses portes en juillet 2002.

archives-tourisme-diagnostic-vraie-politique30 bungalows, restaurant gastronomique panoramique, une cave remarquable, en bord de plage avec vue sur l’ilot Bandrélé, jacuzzi, piscine, activités nautiques… si le « Sakouli » n’existait pas, il faudrait dès maintenant l’inventer. Un hôtel de niveau 3, voire 4 étoiles, cela faisait cruellement défaut dans une île au lagon qui veut aussi miser sur le tourisme pour son développement. Depuis son ouverture en juillet. 34 employés y travaillent et 2.000 couverts ont été servis pour le seul mois d’octobre.

L’établissement a quasiment affiché complet en octobre et des centaines de personnes ont déjà été accueillies dans les spacieux bungalows aménagés « dans une logique de 4 étoiles », sans compter les déjeuners ministériels (Brigitte Girardin, Léon Bertrand, les présidents du CG lors des 25 ans du CG…) et les dîners d’affaires dans le restaurant panoramique. Le gérant de l’hôtel, Didier Marchand, en est aussi le chef cuisinier, et le Sakouli n’a pas tardé à se tailler une réputation de « bonne table de Mayotte ».

Quant à l’avenir, Didier Marchand l’envisage avec sérénité : « Nous avons confiance dans les perspectives de développement de Mayotte annoncées avec notamment la desserte aérienne plus propice à la venue de touristes. » L’heureux gérant du Sakouli espère également que d’autres projets hôteliers voient le jour, afin de « donner plus de poids avec une capacité hôtelière plus importante ». « Cette ouverture va créer une dynamique », affirmait-il à l’ouverture du Sakouli, de quoi donner de l’espoir à Aziz Sam (Pointe Koungou), Alain Le Bihan (projet d’hôtel à Hamaha et de résidence hôtelière et camping à lloni qui traînent depuis 1996 pour cause de « bureaucratie »), Hassani M’laraha (projet de résidence hôtelière sur Milouani plage à Bandrélé, en quête de financement) … Et d’autres porteurs de projets hôteliers en souffrance.

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