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Plus de 330 tonnes de déchets dangereux envoyés en métropole

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Ce mercredi, un navire spécialement arrivé de Belgique, chargera 25 conteneurs d’anciennes batteries, de déchets électroniques et d’huiles minérales usagées pour se diriger vers la métropole. Des ordures considérées comme « dangereuses », qui patientaient sur le territoire depuis près d’un an à cause des perturbations du fret maritime. Car Mayotte ne dispose d’aucun centre de traitement sur l’île.

330 tonnes de déchets électroniques, de batteries usagées, d’ampoules, de déchets hospitaliers ou d’huiles minérales s’apprêtent à transiter par les mers jusqu’en métropole. « Ce sont des déchets dangereux que nous sommes obligés d’envoyer dans des États développés pour qu’ils soient traités (comme le stipule la Convention de Bâle, qui contrôle les mouvements transfrontaliers des déchets dangereux NDLR.). Nous ne pouvons pas les envoyer dans des pays de la région qui ne seraient pas à même de les traiter dans le respect de l’environnement ou dans de bonnes conditions de travail », indique Maxime Ahrweiller, la secrétaire générale pour les affaires régionales de Mayotte.

Cette opération est une première sur l’île. D’ordinaire ces déchets partent au fil de l’eau, ils prennent place sur les bateaux de la compagnie MSC. Mais, à la suite de difficultés et en lien avec les perturbations qu’a connues le fret maritime pendant la crise sanitaire, l’armateur n’a pas pu transférer de déchets dangereux pendant plus d’un an. « Ils se sont donc accumulés à Mayotte », poursuit la secrétaire générale. Ces derniers se sont notamment entassés au sein de l’Écopôle de la société Star Mayotte, filiale du groupe Suez ainsi que chez ses clients, comme Total.

Une subvention de 130.000 euros de l’État

Pour s’en débarrasser, Star Mayotte qui récupère les déchets du centre hospitalier de Mayotte, les anciennes batteries ou les déchets électroniques, s’est associé à la société Enzo, également spécialisée dans le traitement des déchets, pour affréter un navire jusqu’en métropole. Ce bateau, qui transportera 25 conteneurs, est arrivé de Belgique pour l’occasion. « Nous n’avons pas trouvé de porte-conteneurs plus près, disponibles pour réaliser ce trajet », regrette Sébastien Suchy, dirigeant de Star Mayotte, qui expédie à lui seul 245 tonnes d’ordures. Une fois en Hexagone, les batteries seront démantelées, les huiles pourront être utilisées par des cimenteries et les autres déchets seront traités dans des centres spécifiques.

Star Mayotte et Enzo financent cette opération, mais bénéficient d’une aide de 130.000 euros de l’État. « Si nous avions attendu la reprise des transferts avec la compagnie MSC, nous aurions mis des années à nous séparer de ces déchets, et nous aurions été submergés », souligne la secrétaire générale pour les affaires régionales de Mayotte. D’ordinaire, chaque mois, un bateau part du 101ème département avec ce type d’ordures.

35% des déchets dangereux expédiés selon le gouvernement

Malgré les transferts réguliers, seulement 35% des déchets dangereux de Mayotte étaient expédiés vers la métropole en 2014, selon le gouvernement. « Il y a une problématique de collecte », confirme Maxime Ahrweiller. « Malheureusement, on ne récupère pas 100% des déchets dangereux, comme on peut le voir sur le bord des routes. » Les batteries usagées seraient l’un des principaux déchets échappant à la collecte. Mais les huiles seraient également concernées. « Celles qui proviennent des garages non officiels par exemple », poursuit la secrétaire générale des affaires régionales.

Le Groupement d’intérêt public « l’Europe à Mayotte » a d’ailleurs lancé à appel à manifestation d’intérêt, en septembre 2022, pour expédier 80% des déchets dangereux à partir de 2023. « Ces derniers présentent un risque sanitaire ou un risque pour l’environnement », stipule le GIP. Les entreprises productrices ou détentrices de déchets dangereux et les opérateurs intermédiaires qui assurent la collecte ou le transport ont ainsi jusqu’en décembre pour se manifester. « Le gisement de ces déchets est trop faible pour permettre un traitement local et assurer un équilibre économique. L’export est donc incontournable », insiste le GIP. Mais si les contraintes réglementaires sont les mêmes qu’en Europe continentale en matière de déchets dangereux, le produit intérieur brut par habitant est plus de quatre fois inférieur à la moyenne nationale française. D’où l’idée d’apporter des aides publiques pour le transport, les coûts de manutention ou les frais de stockage.

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