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(Agri)culture : Mayotte, une île où le jardin d’Eden à un goût de vanille

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Le programme de la journée promettant d’être chargé, nous montons dans un minibus qui nous mène à un kilomètre de la ville de Tsingoni. Et à quelques pas du sentier se trouve le domaine où, avec Foundi Madi et son équipe de Saveurs et Senteurs, nous découvrons une culture ancestrale et emblématique à Mayotte : celle de la vanille…

Une qualité qui tient toutes ses promesses

Après une demande d’analyse à des experts de la vanille ainsi qu’à des laboratoires en métropole, pour connaître la qualité ce cette filière à Mayotte et pouvoir la comparer aux espèces de La Réunion ou de Madagascar, les résultats sont édifiants : une qualité d’excellence avec des arômes de pruneau, de fruits secs et de cacao… Des experts qui sont prêts, dès cette année, à acheter ce produit local, pour le distribuer en métropole à sa juste valeur. Car si ce produit est encore inconnu en métropole et plus rare que les productions malgaches ou réunionnaises, il se caractérise indéniablement par sa qualité ; avec un soin tout particulier porté à la fraîcheur des récoltes pour Saveurs et Senteurs.

 Foundi Madi nous ouvre son jardin d’Eden

Foundi Madi nous initie à son savoir-faire et son jardin. Où pour la vanille, chaque étape a son importance et l’agriculteur de jouer sans cesse entre l’eau et le soleil ; de l’orientation pour la plantation, aux tuteurs ou d’autres arbres plantés autour pour protéger la récolte. Et de ce point de vue, entre avocats sauvages, citronniers, corossols, manguiers, bananiers, cocotiers, curcuma ou tubercules, ce jardin, qui aurait l’air, vu du sentier, d’une belle malavoune, s’avère receler un véritable garde-manger ! Un tout harmonieux qui protège les vanilles que Foundi féconde à la main, gousse par gousse.

 Une renaissance pour cette filière

 La difficulté est (ici aussi et plus qu’ailleurs !) l’eau. Tant par ses variations conséquentes chaque année, que par la régularité de sa distribution, ses infrastructures d’abduction comme d’électricité.
Autre problématique à laquelle les professionnels entendent remédier : sur les 85 producteurs déclarés, 80% ne parlent pas français (ce qui représente un sérieux problème pour l’exportation) et ont une moyenne d’âge de 60 ans environ. C’est pourquoi, au vu des perspectives que cette filière représente, il est temps de la moderniser et de lui donner un second souffle. Car si ce savoir-faire est ancestral, il manque un peu de technicité… C’est pourquoi le lycée agricole ouvrira une formation à la jeunesse dès l’année prochaine.

 Des filières solidaires qui s’organisent dès à présent.

Pour aller ensemble de l’avant et solliciter les fonds européens agricoles pour le développement rural, ces filières d’avenir s’organisent. C’est le cas de Banga Chocolat qui a planté durant la saison des pluies dernières 1.400 cacaotiers répartis chez différents producteurs. Ils ont aussi découvert un café sauvage déjà présent à Mayotte et de bonne qualité : 1.500 kg cette année ont été récoltés. Le but, bien sûr est de transformer café et cacao. Un projet de 260.000 euros avec un apport de 75% de la part du FEADER et du conseil départemental, avec un apport personnel de l’entreprise pour 25%. L’inauguration de l’atelier est prévue à Combani le mois prochain. Les premiers essais en chocolat sont, eux aussi, très prometteurs et je vous invite à goûter le subtil mélange entre café et cacao.

 

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