Les agents du Département-Région débutent leur grève ce lundi 26 octobre pour dénoncer le non-respect du protocole d’accord signé en novembre 2024 et réclament des avancées sur leurs conditions de travail et le projet de cité administrative. Haoussi Boinahedja, secrétaire départemental de la CGT, a prévenu que des perturbations étaient à prévoir dans certains services.
Le mouvement social annoncé depuis plusieurs jours est désormais lancé. Ce lundi 26 octobre, les agents du Département-Région de Mayotte entament une grève illimitée pour dénoncer le non-respect des engagements pris par leur employeur à l’issue du précédent mouvement social, en novembre 2024.
À l’appel d’une intersyndicale, ils entendent obtenir des réponses concrètes à leurs revendications, notamment sur la dégradation des conditions de travail et l’état du patrimoine immobilier de la collectivité.
Intervenant ce matin sur Mayotte La 1ère, dans l’émission Zakweli, Haoussi Boinahedja, secrétaire départemental de la CGT, a indiqué que des perturbations étaient possibles dans certains services, tout en se montrant rassurant concernant les déplacements des usagers.
Le syndicaliste laisse toutefois la porte ouverte aux discussions avec l’exécutif départemental. “S’il y a un dialogue qui va s’ouvrir, à partir de là, on verra”, a-t-il précisé.
Un protocole d’accord au cœur du conflit
Au centre de la mobilisation figure le protocole d’accord signé le 7 novembre 2024, à l’issue d’un précédent mouvement social. Pour l’intersyndicale, les engagements pris à cette occasion n’ont pas été suffisamment suivis d’effets. Le préavis actuel s’inscrit ainsi dans la continuité de cette mobilisation.
“Ce préavis, c’est une continuité en quelque sorte de la grève de 2024”, rappelle Haoussi Boinahedja, dénonçant des difficultés qui perdurent depuis plusieurs années.
Le mouvement porte notamment sur l’amélioration des conditions de travail, la mise à disposition de locaux adaptés aux missions des agents et la concrétisation du projet de cité administrative. Autant de dossiers sur lesquels les représentants syndicaux attendent désormais des avancées tangibles.
Après Chido, des sites toujours endommagés
La situation immobilière de la collectivité constitue l’un des principaux points de crispation. Le passage du cyclone Chido, en décembre 2024, a aggravé les difficultés déjà dénoncées par les personnels. Selon Haoussi Boinahedja, environ 80 % des sites de la collectivité ont été endommagés par le phénomène météorologique.
La question de l’hébergement des services reste donc entière, alors que de nombreux agents dénonçaient déjà, avant le cyclone, des locaux dégradés ou inadaptés. Lors d’une assemblée générale organisée le 13 octobre dernier, plus de 200 agents avaient fait part de leur exaspération, notamment face aux bâtiments en conteneurs et aux conditions dans lesquelles ils doivent assurer leurs missions.
La cité administrative, symbole des engagements attendus
Parmi les dossiers les plus sensibles figure celui de la cité administrative. Annoncé avant le cyclone Chido, ce projet doit permettre de regrouper des services de la collectivité dans des locaux adaptés. Mais alors que les études sont terminées, selon Haoussi Boinahedja, le calendrier des travaux reste incertain.
“Les études ont été menées bien avant Chido, elles sont terminées, et en réunion on nous dit que ça ne sera pas avant trois ans, quand l’exécutif ne sera plus là”, dénonce-t-il ce matin.
Ce report est d’autant plus difficile à accepter pour le syndicaliste qu’un calendrier avait déjà été prévu. Selon lui, le protocole intermédiaire prévoyait de réserver, dès 2025, un quart du budget prévisionnel à ce projet, avec un début des travaux annoncé pour octobre. Or, les représentants du personnel se voient désormais annoncer un délai de trois ans supplémentaires.
Pour Haoussi Boinahedja, le décalage entre les engagements pris et les échéances désormais évoquées illustre le manque d’avancées concrètes sur ce dossier.
L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité de l’exécutif départemental et de l’intersyndicale à renouer le dialogue. Si des perturbations sont annoncées dans certains services, les syndicats attendent surtout des réponses concrètes sur le respect des engagements de 2024, l’amélioration des conditions de travail et l’avenir du patrimoine administratif de la collectivité.
Journaliste




































