🎁 Article offert
La première édition du Forum social et solidaire de l’économie de la mer (FOSSEMM) s’est ouverte ce lundi 26 octobre à la Technopole de Dembéni. Pendant trois jours, professionnels, institutions et acteurs associatifs se réunissent pour réfléchir au développement des filières maritimes à Mayotte et aux perspectives d’emploi qu’elles pourraient offrir, notamment aux jeunes.
« La mer appartient à tous. » Pour Hugues Makengo, directeur général de Mlezi Maore et fondateur du FOSSEMM, l’économie maritime ne saurait être réservée aux grandes entreprises et aux professionnels hautement qualifiés. L’objectif de cette première édition est de « faire de la mer un outil d’insertion pour notre territoire », en particulier pour les jeunes éloignés de l’emploi.
Pêche, aquaculture, transport maritime, tourisme, protection de l’environnement ou encore construction navale : les possibilités sont nombreuses, mais certaines filières restent peu développées à Mayotte. « Pour nettoyer une plage ou pour protéger le lagon, il n’y a pas besoin d’être ingénieur », souligne Hugues Makengo. Pour autant, l’association entend également accompagner les jeunes qui souhaitent s’orienter vers des professions nécessitant des qualifications plus poussées. « On ne peut rien exclure et on ne doit surtout pas s’exclure de ce domaine de l’économie bleue », insiste-t-il.

Dans un message vidéo diffusé à l’ouverture du forum, Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, a également insisté sur la nécessité de « transformer ce patrimoine en un socle solide pour un développement économique durable ». Au-delà des perspectives offertes par la pêche, l’aquaculture ou le tourisme, elle a rappelé la dimension stratégique de l’économie maritime. « C’est d’abord un enjeu fondamental de souveraineté », a-t-elle déclaré, saluant la présence de la Marine nationale au forum.
L’aisance aquatique, un premier obstacle à surmonter
Mais avant même de parler de formation professionnelle, un obstacle demeure : la peur de l’eau. « Le premier frein est vraiment celui de l’aisance aquatique, de la peur de la mer », constate Hugues Makengo. Un paradoxe pour un territoire insulaire dont l’économie et le quotidien sont étroitement liés à l’océan.
C’est notamment pour sensibiliser à cette question que les organisateurs ont choisi Coralie Balmy, médaillée olympique de natation, comme marraine de cette première édition. Originaire de Martinique, elle relève des problématiques communes aux deux territoires, notamment les risques de noyade et les difficultés d’accès à l’apprentissage de la natation.
Forte de son expérience dans la sensibilisation à l’aisance aquatique et à la biodiversité marine, elle estime que certaines initiatives développées en Martinique pourraient être transposées à Mayotte. Parmi elles, la formation des enseignants pour leur permettre d’accompagner les enfants dans l’apprentissage de la natation, mais aussi la mise à disposition d’outils pédagogiques adaptés.
Des perspectives d’emploi encore à développer
Au-delà de l’apprentissage de la natation, les échanges de ce lundi ont également porté sur les infrastructures et les activités économiques liées à la mer. Mounirou Ahmed, chargé de mission en agriculture, pêche et aquaculture au Département-Région, a rappelé le rôle du port de Longoni dans l’approvisionnement de Mayotte, mais aussi les débouchés professionnels liés au transport maritime, à la manutention et à la gestion portuaire.
Il a notamment souligné les besoins en capitaines de navire, alors que de nouvelles liaisons maritimes sont envisagées sur le territoire. La formation constitue ainsi un enjeu majeur pour permettre aux Mahorais d’accéder à ces emplois.

Présent lors de cette première journée, le sénateur Thani Mohamed Soilihi a également défendu le développement du transport maritime comme réponse possible aux difficultés de circulation. Les liaisons entre Mamoudzou et Iloni ou Longoni pourraient ainsi à la fois désengorger les routes et générer de nouvelles activités économiques. L’élu a également insisté sur la position stratégique de Mayotte dans le canal du Mozambique et sur les possibilités de coopération économique avec les pays voisins.
Ces perspectives supposent toutefois de renforcer les formations et d’accompagner le développement des entreprises locales, dans des filières qui restent encore à structurer.
Le forum se poursuivra mardi 27 octobre avec une journée consacrée à l’insertion, à la formation et aux métiers de la mer. Un job dating organisé par France Travail est notamment prévu de 13 heures à 16 heures. Mercredi, les jeunes seront à l’honneur avec des ateliers de découverte des espèces marines, de navigation, de recyclage des déchets et d’aisance aquatique. Le village des métiers de la mer sera également ouvert à tous de 13h30 à 17 heures.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































