À Chembenyoumba, le maire inaugure l’école de son enfance

L’école T10 de Chembenyoumba a été inaugurée en présence du maire de M’tsangamouji, Saïd Maanrifa Ibrahima, et du secrétaire général adjoint pour les affaires régionales, Soilihi Mouhktar. Un investissement de 7,65 millions d’euros qui doit améliorer les conditions d’apprentissage et élargir l’accès à la restauration scolaire.

« C’est à ce jour le plus gros investissement effectué sur la commune de M’tsangamouji », a souligné le maire lors de l’inauguration. Créée en 1984 et fermée pour travaux en 2022, l’école a bénéficié de l’ajout de deux salles de classe passant de 8 à 10 et d’un réfectoire neuf. Sa conception a également été pensée pour limiter son impact environnemental, a indiqué le Maire de la commune Saïd Maanrifa Ibrahima.

« Rendre à cette école un peu de ce qu’elle m’a donné »

Pour Saïd Maanrifa Ibrahima, cette inauguration avait une « saveur particulière ». L’actuel maire a lui-même fréquenté l’établissement, du CE2 au CM2. Entouré de colliers de fleurs offerts par l’assistance, il a évoqué ce lieu où il avait appris à « lire, compter et rêver », ainsi que les enseignants qui avaient cru en lui.

« Aujourd’hui, en tant que maire, je suis fier de rendre à cette école un peu de ce qu’elle m’a donné », a-t-il déclaré. Au-delà des nouveaux bâtiments, il a rappelé la vocation d’une « école où se forment les citoyens de demain », insistant sur la responsabilité partagée des familles et de l’école dans la lutte contre l’ignorance.

À Chembenyoumba, le maire inaugure l’école de son enfance

La restauration scolaire franchit un nouveau seuil

Le réfectoire constitue un autre volet important du projet. Selon la municipalité, sa réalisation permet « de dépasser les 50% d’élèves ayant accès à la restauration scolaire dans la commune ».

Dans son invitation à la presse, la commune présente cette opération comme « une étape importante », qui « améliorera durablement les conditions d’accueil et d’apprentissage des élèves » et répondra « aux besoins d’une population scolaire en forte croissance ».

“À Mayotte, plus de 4 000 salles de classe seraient nécessaires, selon une estimation du ministère de l’Éducation nationale rapportée par le Défenseur des droits.”

Le maire a souligné le soutien financier de l’État, qui a contribué, selon les chiffres avancés lors de la cérémonie, à hauteur de 90% au coût total de l’opération. « L’appui des services de l’État a été déterminant dans l’aboutissement de ce projet à 7 650 000 € », précise la municipalité.

En l’absence du préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, Soilihi Mouhktar Secrétaire Général adjoint aux Affaires Régionales (SGAR) a transmis ses félicitations et ses encouragements aux acteurs du projet. Il a également insisté sur l’engagement des services publics : « L’État ne ménage pas ses efforts. »

À Mayotte, des besoins qui dépassent ce chantier

Cette inauguration intervient sur l’île, où les besoins restent importants malgré la politique de rattrapage scolaire toujours en cours. Dans sa décision du 4 juin 2025, le Défenseur des droits rapporte une estimation du ministère de l’Éducation nationale, transmise le 7 mai 2025 : « Les besoins en construction sont estimés à plus de 4 000 salles de classe » pour accompagner la croissance démographique, permettre le dédoublement des classes de grande section, de CP et de CE1 et scolariser tous les enfants dès trois ans. Même si « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde », aura rappelé le maire de M’tsangamouji pour emprunter une citation de Nelson Mandela.

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