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La pharmacie des Badamiers officiellement fermée depuis le vendredi 15 juillet

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Si Mirasse Gataa, la pharmacienne titulaire des Badamiers, a longtemps espéré que l’agence régionale de santé de Mayotte lui redonne une nouvelle licence afin d’éviter de devoir fermer son officine, elle s’est malheureusement heurtée à la lenteur de l’administration française. Faute du précieux sésame pour exercer, l’ordre des pharmaciens l’a radiée de son annuaire le 6 juillet dernier, la forçant cette fois-ci à rendre les armes. C’est donc avec une grande tristesse qu’elle a dû se résoudre à baisser le rideau de fer ce vendredi 15 juillet.

« L’ordre des pharmaciens a radié ma pharmacie de son annuaire au cours d’une réunion qui s’est tenue le 6 juillet dernier. Je n’ai donc plus le choix, je suis obligée de fermer », regrette Mirasse Gataa, la pharmacienne titulaire des Badamiers, qui s’est fait retirer sa licence en mars dernier à la suite d’une décision du tribunal administratif de Bordeaux en 2ème chambre. Bref rappel des faits : depuis 2017, Samir Charafoudine, le pharmacien titulaire des Orchidées, contestait l’autorisation de création de la pharmacie des Badamiers par l’agence régionale de santé de l’océan Indien (l’ARS de plein exercice à Mayotte remonte à janvier 2020). À l’époque, l’ARS-OI avait jugé le dossier de Mirasse Gataa (ex-Boussaïdi) complet et avait autorisé sa création. Les créations d’officine obéissant à un quota de population par commune (7.000 habitants à Mayotte), le pharmacien titulaire des Orchidées n’avait donc pas pu réaliser son projet à Labattoir, le dossier des Badamiers étant arrivé plus rapidement que le sien.

Cependant, à force d’acharnement judiciaire (sa requête a été rejetée deux fois par le tribunal administratif de Mayotte et une fois par le conseil d’État de Paris), les avocats de Samir Charafoudine ont fini par trouver un oubli de documents dans le dossier de Mirasse Gataa. Oubli lié au code de l’urbanisme. En bref, il lui a été reproché d’avoir transformé un local d’habitation en local commercial sans avoir fait au préalable les demandes d’autorisation nécessaires. « Je ne suis pas en faute, c’est l’ARS-OI qui aurait dû constater cet oubli et ne pas autoriser la création de ma pharmacie », clame Mirasse Gataa qui se retrouve dans une situation désespérée depuis mars dernier. Le tribunal de Bordeaux en 2ème chambre a en effet cette fois-ci accédé à la requête de Samir Charafoudine et a fait annuler la décision de création de la pharmacie des Badamiers datant de 2017. Ni une, ni deux, ce dernier a redéposé son propre dossier de création d’officine… qui a été refusé par l’ARS ! Cette longue bataille judiciaire n’aura donc servi qu’à nuire à Mirasse Gataa, à son équipe et à sa patientèle, sans pour autant en faire profiter le titulaire de la pharmacie des Orchidées.

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Une grande quantité de médicaments va être détruite, dont les vaccins et l’insuline, pourtant fondamentaux pour les habitants de Mayotte.

Un silence radio de la part de l’ARS de Mayotte

La pharmacie des Badamiers étant déjà ouverte depuis cinq ans, sa titulaire espérait se voir redonner sa licence par l’ARS de Mayotte afin de pouvoir continuer à exercer. Dans ce but, elle a reconstitué tout son dossier de création sans omettre, cette fois-ci, aucun document. Mais la réponse de l’institution sanitaire se fait attendre. « D’autres dossiers de création nous sont parvenus entre temps, nous devons donc les examiner », a-t-elle stipulé à Mirasse Gataa sans donner d’autres détail. « Le pharmacien inspecteur de l’ARS est incapable de me renseigner et l’on m’a fait savoir que le directeur était en vacances ! », s’indigne la jeune femme, obligée de fermer boutique ce vendredi 15 juillet après que sa pharmacie s’est fait radier de la liste de l’ordre des pharmaciens. « Cette fois, je n’avais plus le choix. Déjà que nous exercions sans licence depuis le mois de mars dernier, je ne pouvais pas continuer sinon je m’exposais à de graves poursuites. ». En effet, une fois qu’une pharmacie est radiée de la liste de l’ordre, il lui est formellement interdit de continuer à vendre des médicaments.

« Je ne comprends pas que l’ARS de Mayotte ne me soutienne pas davantage alors que le territoire est pourtant considéré comme un désert médical ! », s’indigne Mirasse Gataa qui avait une patientèle fidèle. Plusieurs patients sont d’ailleurs venus lui témoigner son soutien dans cette épreuve qui, si elle ne s’arrange pas, la laissera couverte de dettes. Quant aux huit salariés de la pharmacie, leur patronne ignore pour le moment quel sera leur sort. « J’aimerais évidemment être le plus possible dans la solidarité vis-à-vis de mon équipe, mais il faut voir si je vais pouvoir suivre financièrement », déclare la titulaire, visiblement désemparée par la situation.

Une grande quantité de médicaments détruits

Si la pharmacie des Badamiers va rendre ses médicaments « standards » aux grossistes de l’île, elle est obligée en revanche de détruire tous les médicaments thermosensibles (vaccins, insuline, produits dérivés du sang) et les médicaments stupéfiants comme les anti-douleurs dérivés de la morphine. « C’est un gaspillage épouvantable car ces médicaments sont chers et arrivent par voie aérienne à Mayotte, ils sont donc plus compliqués à acheminer », déplore encore la mère de famille qui garde cependant en elle un petit espoir de voir sa situation s’éclaircir au retour du directeur de l’ARS de Mayotte mi-août. La fermeture de la pharmacie des Badamiers est en tout cas une grosse perte pour les patients de Labattoir qui seront obligés de se tourner vers la pharmacie de Petite-Terre, située rue du Commerce, saturant ainsi le système de soin de la commune.

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