Immigration clandestine en France : y a-t-il des mots adaptés pour illustrer le naufrage en cours de Mayotte ?

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Face à la gravité de la situation qu’elle subit dans son quotidien, le Mahorais montre de plus en plus de signes de lassitude à l’égard des choix politiques qui lui sont imposés par sa métropole. A l’approche des élections présidentielles de début 2027, la société civile locale est en pleine ébullition et donne de la voix comme elle peut. Profonde est la fracture qui sépare les gouvernants des gouvernés. La députée Estelle Youssouffa, n’a pas eu de mots assez forts à l’endroit de la présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale cette semaine. Mayotte ne figure nulle part dans son rapport consacré au manque de financements consacré à la lutte contre l’immigration clandestine en France.

Chose intéressante à observer pour les Mahorais depuis la mascarade de la fausse refondation post-Chido de leur île annoncée de manière tonitruante par les gouvernements successifs de Sébastien Lecornu, trois de nos quatre parlementaires ont jugé bon ne plus garder le silence face aux actions incohérentes décrétées depuis Paris au détriment des contribuables français de l’archipel. S’il est vrai que certains de ces élus nationaux ont pu paraître, durant le premier quinquennat d’Emanuel Macron, quelque peu complices des stratégies développer pour diriger Mayotte vers un sous-développement inexorable, ils ont depuis choisi de se ressaisir et de dénoncer le funeste dessein vers lequel est condamné à plonger le demi-million d’individus qui se côtoient sur le territoire le plus pauvre de la nation. À rappeler si besoin était, que l’Assemblée nationale elle estime dans différents rapports publics que le ratio de pauvreté au sein de la population autochtone est supérieur de 70 % par rapport à la population globale. Du sénateur Saïd Omar Oili, en passant par les députées Anchya Bamana et Estelle Youssouffa, plus personne ne perd d’occasion de rappeler aux membres de l’actuel gouvernement français ses légions de manquements et n’oublies volontaires vis-à-vis des Français du bout du monde que constituent les Mahoraises et les Mahorais.

Dans un podcast diffusé sur les réseaux la nuit dernière, une militante associative mahoraise a osé franchir le Rubicon du politiquement incorrecte et appelle ses concitoyens à une réalité qu’elle veut vérifiable sur la base des actions du gouvernement actuel en direction de Mayotte, « mes frères et sœurs, je suis au regret de vous faire remarquer que la France ne nous aime plus ». Dans ses sous-entendus, l’ampleur démesurée pris par l’immigration illégale sur le sol mahorais, que le gouvernement actuel ne cherche nullement à juguler malgré les déclarations de circonstance parfois vendues aux populations locales ou aux médias nationaux. En effet, d’un côté il y a les discours officiels et de l’autre la conjugaison réelle des faits sur le terrain complètement aux antipodes du postulat défendu. Et plus particulièrement en mondovision sur les réseaux sociaux. Les personnalités politiques locales de tous bords ont beau crié urbi et orbit « que Mayotte ne e sera pas le Lampedusa de l’océan Indien « , les faits le contredit quotidiennement, elle en déjà devenue, en termes de proportions au regard du nombre d’habitants officiellement admis par les chancelleries parisiennes, mais également du nombre d’immigrés clandestins qui ne cesse de grossir au quotidien.

Pour Mayotte, rien de nouveau, tout a été déjà dit et redit

Comment interpréter l’opinion librement exprimée par cette internaute qui se veut lanceuse d’alerte pour ses semblables ? Faut-il en faire une lecture de premier degré, à fleur de peau, ou inversement, prendre de la hauteur et élever le débat ? Faudrait-il encore que débat puisse y avoir dans un agora constitué de personnages publics hyper peureux, tétanisés à la seule idée de livré le véritable fond de leur pensée à nos gouvernants nationaux. C’est dans ce contexte que se constate une radicalité du discours dans les prises de paroles et de positions de trois de nos quatre parlementaires à l’Assemblée nationale comme au Sénat. L’heure n’est même plus aux sollicitations de crédits à consacrer au développement du département, au sens large du terme, mais à un devoir de vérité en direction des électrices et électeurs français du territoire, à la veille des scrutins cruciaux à venir que sont les élections présidentielles de début 2027, lesquelles ne manqueront pas d’être suivies de législatives anticipées dans la foulée et indéniablement de régionaux l’année d’après.

Tout un chacun s’y prépare activement et cela se comprend aisément ! Pour Mayotte rien de nouveau, tout est dit et redit maintes et maintes fois, y compris par le chef du gouvernement venu se prêter à un constat aux vacances du mois d’août dans la suite du passage annoncé sur l’île de leaders politiques nationaux ayant choisi d’y faire le déplacement en guise de ballon d’essai sur les thématiques sociétales chaudes qu’ils envisagent d’exploiter à l’occasion des campagnes de terrain et débats prochains avec les Français. Chose rare pour être souligné, Mayotte est transformée pour la circonstance en un passage obligé pour les candidats les plus en vue, du bloc central qui n’a rien fait de sérieux pour l’île en 10 années de mandature, à celui de gauche qui aurait bien ne pas avoir à se prêter à ce jeu des vacances tropicaux de 48 à 72 heures dans le lagon couleur azure, et enfin l’extrême droite dont la leader serait attendue sur place en décembre.

Un ras-le-bol partagé entre élus et membres de la société civile mahoraise

Certes, le jeu démocratique et électorale en France veut bien cela, et il est à se féliciter que les habitants de Mayotte se prête à ce jeu. Mais au delà, qu’en est-il concrètement ? Toutes les tendances politiques nationales s’accordent honteusement qu’elles manquent de passion pour relever l’enjeu qui se pose à la France dans le développement économique et social de l’archipel mahorais, en dehors des financements importants qu’il conviendrait de mobiliser pour y parvenir. C’est dans ce décor peu reluisant que se place la dernière expression épidermique de la députée mahoraise Estelle Youssouffa (groupe LIOT), à l’occasion d’une réunion de Commission des Affaires étrangères consacrée au manque de credit pour lutter contre l’immigration clandestine en France. « Poutou Mgoa » (comprendre piment oiseau, une baie extrêmement piquante appréciés des gastronomes sous les tropiques), surnom donnée à la parlementaire par ses partisans en raison de son lange non feutré, s’est émue de l’absence de toute mention sur Mayotte (mais aussi des autres territoires ultramarins), dans le rapport présenté par la présidente de la dite commission parlementaire.

Une fois de plus, peut-être même de trop, l’archipel sinistré par le cyclone Chido et 15 ans d’atternoiements des gouvernements français successifs n’a pas de voie au chapitre. Une situation qui a fait sortir ses gongs à Estelle Youssouffa, laquelle n’a pas manqué de mots, d’expressions imagées et de force conviction pour dire sans filtre ce qu’elle pensait de la politique du gouvernement actuel vis-à-vis de Mayotte et de ses habitants. Elle s’en est pris la politique conduite par l’équipe de Sébastien Lecornu dans la gestion de l’immigration clandestine hors de contrôle sur le Département -Region, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, étant au centre de ses attaques, allant jusqu’à le traiter de « menteur ». Et pour cause, un doute sérieux soulevé par Estelle Youssouffa, quand au fait que le premier flic de France ait pu visiter le camp de migrants de Tsoundzou lors de son déplacement à Mayotte cet été. Sans doute pour faire mouche chaque fois, la parlementaire mahoraise n’a pas pris de gants dans son expression. Elle a passé en revue toutes les politiques publiques conduites dans cette lutte contre l’immigration clandestine qu’elle a qualifié d’échecs avéré, fustigeant le manque flagrant de volonté de Paris à résoudre ce  problème crucial qui menace de faire sombrer Mayotte dans le chaos. À l’attention de la présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, elle appuyé les retards de mise en place de l’ensemble des moyens promis par le chef de l’État pour sécuriser les frontières mahoraises. Pour se sortir de ce guêpier verbale, la présidente s’est fendue d’une simple excuse, le rapport qu’elle venait de présenter ne concernait que l’hexagone.

Peut-on vraiment donner tort à l’internaute de la place de la République à Mamoudzou d’avoir choisi de sensibiliser ses concitoyens du sort réservé à Mayotte par les gouvernants français actuels, au moyen des mots qu’elle a choisi d’utiliser ?

Journaliste politique & économique

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