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Athoumani Abdouroihamane avait été reconnu coupable pour des faits de complicité dans l’assassinat, le 19 mai de Naicha Mmadi, et écopé de 25 ans de réclusion criminelle, une peine pas bien accueillie par le parquet général au point d’annoncer son intention de faire appel.
Une bonne partie de l’opinion et le parquet général réclamaient sa condamnation à mort même si son exécution avait peu de chance d’aboutir. Moins d’un mois après le procès, Athoumani Abdouroihamane condamné par la cour d’assises pour l’assassinat de Naicha Mmadi a finalement rendu son âme, hier, alors qu’il purgeait une peine de 25 ans de réclusion. Interrogé, le parquet de la République n’a pas souhaité faire de commentaire disposer du certificat médical. Au moment où nous écrivions ces lignes, les autorités judicaires n’avaient pas communiqué sur la cause de ce décès, objet de nombreuses spéculations. Originaire de l’île de Mohéli, Athoumani Abdouroihamane faisait partie des trois personnes jugées le 14 octobre devant la cour d’assises pour l’assassinat de Naicha Mmadi. Cette jeune femme de 24 ans avait été tuée à Dzahadjou, dans la région de Mbadjini au sud de la Grande Comore.
Pendant le procès, Fahami Moustoifa, principal auteur, a reconnu avoir poignardé Naicha dans sa cabane qui s’avère être celle de son ami Athoumani, lequel était au courant de la venue de la victime dont le sort est qualifié de guet-apens, par la chambre de mise en accusation. D’après le récit raconté à l’audience, Fahami avait prévenu Athoumani des jours plus tôt qu’il tuerait Naicha. » J’étais en train de laver mes habits quand il me l’a balancé. Mais je ne l’ai pas pris au sérieux« , avait-il répondu, le jour du jugement qui a duré 16 longues heures. Bien qu’il ait essayé de se dédouaner, Athoumani a fini par reconnaitre progressivement son implication dans ce qui est arrivé à la victime qui fut employée au service d’ophtalmologie du centre hospitalier de Foumbouni, chef-lieu du sud de la Grande Comore.
Appel à l’aide
Non seulement il a aiguisé un ciseau le jour de l’acte dans leur atelier de soudure, mais Athoumani est le premier à se rendre sur le lieu de l’assassinat. Fahami, l’a appelé en aide après avoir poignardé Naicha. Ensemble, ils ont déplacé le corps dans une chambre et nettoyé la maison pour ne pas éveiller de soupçons. Une fois la nuit tombée, les deux amis enveloppèrent le corps dans des draps et sacs en plastique et l’y emmènent dans un champ pour le brûler en usant de l’alcool. Mais ce liquide inflammable n’a pas aidé à réduire en cendres le corps, probablement parce qu’il a plu ce soir-là, ont reconnu les accusés. Après ce crime horrible, il a fallu attendre trois jours pour découvrir ce qui est arrivé à Naicha. Grâce à la collaboration d’Athoumani, conduit à la gendarmerie par son maitre, Elamine, relaxé à l’issue de l’audience, les enquêteurs ont pu remettre aux proches le reste pour l’enterrer. Ce sont ces aveux qui ont pesé sur la décision de la cour d’assises qui n’a pas suivi les réquisitions du parquet général lequel voulait la peine capitale contre Athoumani. Il avait d’ailleurs annoncé son intention de faire appel, une prérogative que lui accorde la loi.
C’est dire combien l’application de la peine capitale contre les auteurs des crimes de sang est un sujet qui cristallise l’opinion dont une partie qui souhaitait que les deux coupables dans l’affaire Naicha Mmadi soient exécutés se réjouit de l’annonce de la mort d’Athoumani.
D’autres décès suspects
D’autres, s’interrogent sur les conditions dans lesquelles celle-ci est survenue. En effet, ce n’est pas la première fois qu’un détenu condamné ou en attente du jugement meurt en prison. On se rappelle du cas du Major Hakim Bapalé, à Anjouan, en avril 2021, qui a rendu l’âme pendant un interrogatoire, et dont la cause officielle avancée est le malaise. Au mois de mars 2023 aussi, un jeune de 24 ans, appelé Aymane Nordine, arrêté pour vol présumé, est décédé et son corps présentait selon des habitants de son village des sévices. Toujours, le ministère de la justice a avancé la thèse d’un malaise. On avait annoncé la mise aux arrêts de militaires dans cette affaire, mais les conclusions de l’enquête n’ont jamais été connues. En décembre 2025, un Akibarou Issoufa, 33 ans est décédé à l’hôpital de Hombo, après des mois de détention à la prison de Koki. Cette affaire a même suscité des manifestations à Mohéli, où il était originaire. Sa famille a dénoncé des négligences. Il faut savoir que dans son dernier rapport de 2024, la commission nationale des droits de l’homme avait déploré les conditions de détention dans les trois prisons reconnues. » Dans l’ensemble du territoire, les cellules carcérales sont surpeuplées avec une insalubrité préoccupante, un manque d’hygiène suite à l’indisponibilité d’eau courante et d’assainissement. Parmi les problèmes constatés, on peut citer la non évacuation des eaux usées dans certains cas« , pouvait-on lire dans le rapport de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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