Face à des locaux devenus trop exigus et vétustes, le commissariat de Mamoudzou continue de s’agrandir à coups de bâtiments modulaires. Une solution provisoire qui ne satisfait plus le syndicat Unité, lequel réclame à l’État un véritable projet de construction d’un nouvel hôtel de police. Un courrier a été adressé au préfet vendredi 30 octobre, avec les parlementaires de Mayotte en copie.
« Les agents en ont marre de voir s’empiler des conteneurs tout le temps. » Djamalidine Djabiri, secrétaire départemental du syndicat Unité à Mayotte, dénonce le recours répété aux bâtiments modulaires pour agrandir le commissariat de Mamoudzou. De nouvelles installations ont encore été mises en place la semaine dernière, afin de répondre au manque de place.
Construit pour des effectifs et des missions qui ont depuis considérablement évolué, le commissariat ne serait plus adapté aux besoins actuels. « On se retrouve aujourd’hui avec des locaux vétustes et exigus », déplore le représentant syndical. Si les extensions permettent d’accueillir de nouveaux bureaux, elles ne constituent pas, selon lui, une solution durable. « Ça va un moment pour répondre à une urgence, mais là, ça devient une habitude. »
Le syndicat rappelle qu’un projet de construction d’un nouvel hôtel de police avait autrefois été envisagé, avant d’être abandonné. Depuis, aucune perspective concrète ne lui aurait été présentée. « Aujourd’hui, on n’a même pas de projet. L’ancien qui a existé est parti aux oubliettes », regrette Djamalidine Djabiri.
Des locaux adaptés aux exigences de sécurité
Au-delà du confort des agents, le syndicat alerte sur les exigences de sécurité propres à un commissariat, notamment pour la garde à vue et le stockage des armes. Si les modulaires accueillent pour l’instant uniquement des bureaux, Djamaldine Djabiri craint que leur usage ne s’étende à d’autres espaces. « Tout cela nécessite des constructions avec des normes particulières et, à Mayotte, on se retrouve toujours à faire du bricolage », déplore-t-il.
Dans un courrier adressé vendredi 30 octobre au préfet Frédéric Poisot, avec les parlementaires en copie, Unité demande l’intervention de l’État pour engager un véritable projet immobilier. Le syndicat souligne le contraste avec les investissements annoncés dans d’autres services publics, notamment la construction de nouvelles casernes de sapeurs-pompiers et les projets concernant l’établissement pénitentiaire.

« Les extensions modulaires actuellement réalisées au commissariat de Mamoudzou apportent une réponse aux contraintes immédiates. Elles ne sauraient toutefois remplacer un investissement durable de l’État », écrit Djamalidine Djabiri au préfet.
Le syndicat réclame ainsi un engagement politique et budgétaire, assorti d’un financement et d’un calendrier. Il ne s’attend toutefois pas à une construction immédiate. « Ce qui nous intéresse, c’est déjà qu’il y ait des discussions, qu’il y ait un projet. Même si c’est dans cinq ans, mais au moins qu’il y ait un projet », insiste son représentant.
Sollicitée par notre rédaction, la préfecture n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos demandes.
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