Un séisme de magnitude 5,1 a été enregistré dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026, au large de Mayotte. Selon le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), l’événement s’est produit à 22 h 33 TU, soit à 1 h 33, heure locale. Son épicentre a été localisé à environ 102 km à l’est-nord-est de Dzaoudzi, à une profondeur de 76 km. La distance hypocentrale est estimée à environ 127 km.
Dans son communiqué publié le 27 octobre, le REVOSIMA qualifie le séisme de modéré. Les accélérations du sol estimées dans les zones les plus proches correspondent à une intensité macrosismique de 3, soit une secousse faiblement ressentie. Selon les localités et la nature des sols, des intensités pouvant atteindre IV à V, correspondant à une secousse modérée à assez forte, restent possibles. Ces estimations sont susceptibles d’évoluer avec l’affinement des calculs. Le réseau indique également que des répliques peuvent se produire.
L’activité sismique de Mayotte s’explique en partie par son contexte géologique, dans l’archipel volcanique des Comores, au nord du canal du Mozambique. Le 10 mai 2018, une crise sismo-volcanique d’une ampleur inédite dans la région a débuté à l’est de l’île. Selon une étude publiée en 2020 dans le Geophysical Journal International, 32 séismes de magnitude supérieure à 5 ont été enregistrés au cours de l’année, dont celui de magnitude 5,9 du 15 mai 2018, le plus puissant alors recensé dans l’archipel.
Les recherches menées par les scientifiques ont mis en évidence un phénomène majeur : la migration de magma en profondeur et la formation d’un volcan sous-marin, baptisé Fani Maoré, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte. Les déplacements du magma et les modifications de pression dans les roches provoquent des fractures et des mouvements souterrains susceptibles de générer des séismes. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) souligne que cette crise a également entraîné un déplacement de l’île vers l’est et son affaissement. L’activité sismique régionale peut toutefois aussi avoir une origine tectonique, et tous les séismes ne sont pas nécessairement liés directement au volcanisme.
Des séismes de magnitude voisine de 5 ont déjà été enregistrés dans la région avant la crise de 2018. Le 1er décembre 1993, un séisme de magnitude 5,2, situé à environ 40 km à l’ouest de Mayotte, avait occasionné des dégâts modérés sur l’île. Le 9 septembre 2011, un autre événement de magnitude 5,0 avait été fortement ressenti par la population, sans dégâts importants signalés. Ces deux événements sont documentés dans une étude scientifique publiée en 2022 par l’équipe de surveillance sismologique de Mayotte.
La crise de 2018 a néanmoins marqué un tournant par son intensité et sa durée, conduisant au renforcement de la surveillance scientifique. Le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), opéré par l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) avec le BRGM et leurs partenaires, assure depuis lors le suivi de l’activité sismo-volcanique et contribue à améliorer la connaissance des phénomènes en cours.
Sources : étude scientifique de 2022 sur la crise sismique à Mayotte ; présentation officielle du REVOSIMA par l’IPGP.
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