Dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre, des violences entre bandes rivales ont éclaté à Mtsamoudou, dans la commune de Bandrélé, et un transformateur EDM a été volontairement incendié, privant une centaine d’habitants d’électricité.
Des violences entre bandes rivales ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi dans le village de Mtsamoudou, situé dans la commune de Bandrélé. Mais les dakous ne se sont pas contenté de s’affronter entre eux puisqu’ils ont aussi incendié volontairement un transformateur EDM.
Cette destruction volontaire a privé 100 à 150 personnes d’électricité le temps qu’EDM puisse intervenir en « repiquant » les foyers liés à ce transformateur sur un autre poste. La majorité des clients ont été réalimentés dès ce mardi matin, mais d’autres, dont l’école élémentaire de Mtsamoudou, ont dû attendre 14h30 pour retrouver de l’électricité. « Des travaux sur le poste sont en cours, ils seront terminés dans les prochaines semaines », précise Daniati Yves.
Une violence croissante dans la commune de Bandrélé
Cet acte de vandalisme s’inscrit dans un contexte de violences en recrudescence dans la commune de Bandrélé ces derniers jours. Fatima Ali-Abdallah, adjointe au maire, a confié à nos confrères de Mayotte la première ce mardi matin que « ces violences affectent toute la commune », mais que « la situation a empiré à Mtsamoudou ces 3 derniers jours ». Elle a également révélé que des aires de repos installées par le conservatoire du littoral entre Dapani et Mtsamoudou avaient également été incendiées et que la commune était régulièrement en proie, ces derniers jours, à « un niveau de violence jamais vu » avec de fréquents barrages et caillassages sur les routes.
Nous n’avons pas réussi à joindre la gendarmerie pour avoir davantage de détails sur ces violences, mais une réunion entre les élus de la commune et les forces de l’ordre est prévue afin de trouver une solution. De notre côté, nous ne pouvons que constater que, malgré les multiples dispositifs mis en place, les forces de l’ordre peinent à mettre un terme définitif à ces violences qui gangrènent l’île depuis de nombreuses années. Les bandes de délinquants semblent en effet se déplacer régulièrement de villages en villages, semant la terreur par « épisodes » et jouant « au chat et à la souris » avec les forces de l’ordre, au détriment des habitants de Mayotte contraints de vivre dans une atmosphère anxiogène qui ne semble malheureusement pas prête à se dissiper.
Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.



































