Journée mondiale de l’AVC : le Centre Hospitalier de Mayotte lance une campagne territoriale de prévention et de sensibilisation

🎁 Article offert

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC), le Centre Hospitalier de Mayotte a lancé, ce mardi 27 octobre, sa campagne territoriale de prévention et de sensibilisation aux AVC. Cette initiative vise à renforcer la connaissance des signes d’alerte de l’AVC, à encourager le recours rapide aux soins d’urgence et à informer la population sur les principaux facteurs de risque cardiovasculaire.

 À travers cette campagne, le Centre Hospitalier de Mayotte souhaite sensibiliser le plus grand nombre à l’importance de reconnaître les symptômes d’un AVC et d’agir sans attendre. Une prise en charge rapide est essentielle pour limiter les séquelles et améliorer les chances de récupération.

Le temps fort de cette campagne se tiendra ce jeudi 29 octobre, place de la République, avec un programme composé de conférences, d’ateliers et de stands d’information et de prévention, accessibles au public tout au long de la journée. En parallèle, des actions de sensibilisation seront organisées chaque semaine au plus près de la population, afin de mieux informer les habitants sur les signes d’alerte des AVC et les moyens de prévenir les risques : « Nos équipes vont au plus près de la population, où nous tenons également des stands de prévention et d’information », souligne Houmadi Anfouwat, membre du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM).

« Si on est attaqué par la maladie AVC, il faut venir à l’hôpital »

Le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) de Petite-Terre, dispose de salles de rééducation et d’équipements spécialisés pour accompagner les patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). L’objectif est de leur permettre de retrouver progressivement leur autonomie grâce à une prise en charge adaptée. Les salles de rééducation sont équipées de machines permettant aux patients de travailler leur mobilité et de progresser à leur rythme : « Nous disposons de nombreuses machines qui permettent une rééducation optimale des patients. Ici, nous avons un tapis antigravité. Le patient est installé à l’intérieur et nous pouvons alléger son poids jusqu’à 80 %. C’est particulièrement adapté aux personnes qui sortent d’un AVC et qui n’ont pas encore suffisamment de force pour marcher », explique Taiwani Ali, enseignant en activité physique adaptée.

La visite guidée se poursuit avec la présentation d’un autre équipement destiné à préparer les patients aux situations qu’ils peuvent rencontrer au quotidien : « Ce tapis permet de mettre le patient en situation écologique, c’est-à-dire dans des conditions proches de la vie ordinaire, notamment face aux obstacles qu’il peut rencontrer dans son quotidien », ajoute-t-il.

Le service dispose également d’un simulateur de conduite destiné aux patients titulaires du permis de conduire. Cet équipement leur permet de réapprendre à conduire dans un environnement sécurisé, après un accident vasculaire cérébrale, et de travailler les capacités nécessaires à une éventuelle reprise de la conduite. L’ensemble de ces dispositifs de rééducation vise à favoriser le retour à l’autonomie des patients, mais aussi à faciliter leur réinsertion dans la vie active et dans la société. L’objectif est de leur permettre de retrouver, autant que possible, leurs habitudes et leur quotidien d’avant la maladie. Un objectif qui prend tout son sens à travers le témoignage d’un patient actuellement en rééducation : « Ils m’apprennent à marcher, à retrouver l’équilibre et à tenir debout », explique-t-il.

Il revient également sur les conséquences de la maladie, qui a notamment affecté ses capacités à écrire et à signer son nom : « Oh mon Dieu ! Même ma signature, je ne savais plus la faire. Pendant un an, j’ai eu ces difficultés. Je ne pouvais même plus écrire mon nom. Vous voyez, là, j’apprends à écrire. Ma tête me faisait mal », témoigne-t-il.

À travers son expérience, il souhaite également adresser un message de prévention à la population : « Si on est touché par un AVC, il faut venir à l’hôpital », insiste-t-il.

Grâce à ces équipements et à l’accompagnement des professionnels de santé, le CHM de Petite-Terre contribue à la rééducation des patients victimes d’un AVC et à leur retour progressif vers l’autonomie.

Un signe ? Le 15

« Dans un centre de rééducation, une équipe soignante assure les soins au quotidien auprès des patients. L’objectif est de leur permettre de bénéficier le plus possible de l’accompagnement de l’équipe de rééducation. Ils suivent des séances de kinésithérapie, d’ergothérapie et travaillent avec différents professionnels de santé pour retrouver leurs capacités. Pour les patients victimes d’un AVC, une rééducation intensive est nécessaire. Concrètement, cela peut représenter deux séances de kinésithérapie par jour, 45 minutes d’ergothérapie et, selon les besoins, un accompagnement par un neuropsychologue ou un psychomotricien », explique René Chatelot, cadre de santé en rééducation.

Le CHM de Petite-Terre organise régulièrement cette journée de sensibilisation aux AVC depuis deux ans. Une initiative qui vise à informer la population sur cette pathologie, ses conséquences et l’importance d’une prise en charge rapide. Pour René Chatelot, cadre de santé en rééducation, la prévention passe avant tout par la sensibilisation de la population aux bonnes habitudes de vie : « Plus on sensibilise les gens aux bonnes pratiques, comme la pratique d’une activité physique régulière, plus on leur donne les moyens de limiter leur risque de faire un AVC. L’objectif du CHM, c’est de préserver la santé de l’ensemble de la population. On ne peut pas attendre que les gens viennent à nous : il faut aller vers eux pour les aider à mieux anticiper les risques et, ainsi, contribuer à réduire le nombre d’AVC », souligne-t-il.

À Mayotte, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) touchent également des personnes jeunes, parfois dès la trentaine, une situation qui interpelle les professionnels de santé. L’accès à une alimentation équilibrée, dont le coût peut représenter un frein pour certains ménages du territoire, constitue également un enjeu de prévention.Face à ces risques, les équipes du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) souhaitent sensibiliser la population aux principaux facteurs de risque cardiovasculaire, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité et la dyslipidémie, caractérisée par une anomalie des taux de lipides dans le sang : « C’est le premier message que nous voulons véhiculer. Dans notre campagne de communication, déployée sur différents sites, nous allons mettre l’accent sur les facteurs de risque : l’hypertension, le diabète, l’obésité et la dyslipidémie. Nous souhaitons sensibiliser la population à ces problématiques », explique Taiwani Ali, enseignant en activité physique adaptée.

Les professionnels de santé rappellent également l’importance de reconnaître rapidement les signes d’alerte d’un AVC. Parmi eux : un visage qui s’affaisse, une faiblesse ou une difficulté à bouger un bras ou une jambe, ainsi que des troubles de la parole, avec des mots difficiles à prononcer ou à trouver. Face à l’apparition soudaine de l’un de ces symptômes, un seul réflexe : appeler immédiatement le 15. Chaque minute compte pour permettre une prise en charge rapide et limiter les séquelles.

Journaliste passionnée. Je consacre mon travail à éclairer les réalités locales, nourrissant ma plume d’une veille culturelle constante. Hors des écrans, je retrouve mon équilibre et ma clarté dans le rythme apaisant de la marche.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une