À l’occasion de sa première visite à Mayotte, Édouard Philippe affirme vouloir «fermer les vannes de l’immigration » et fait de la maîtrise migratoire le préalable à la reconstruction de notre territoire.
Les Mahorais prennent acte de cette prise de conscience.
Mais rappelons un fait simple aux Français : Édouard Philippe a été Premier ministre de 2017 à 2020.
En 2018, l’Ile de Mayotte était déjà paralysée par une crise sociale majeure. Les Mahorais dénonçaient déjà l’immigration clandestine et ses conséquences néfastes pour le territoire et ses habitants : insécurité, saturation des services publics (santé, école), manque d’eau… et demandaient déjà à l’État d’agir.
Le 19 avril 2018, Édouard Philippe reconnaissait lui-même, en tant que Premier ministre, que l’ampleur de l’immigration clandestine était, je cite « particulièrement déstabilisante pour Mayotte ». Edouard Philippe savait !
Huit ans plus tard, devenu candidat à l’élection présidentielle, il vient à Mayotte nous expliquer que l’immigration déstabilise l’école, l’accès aux soins, l’approvisionnement en eau et qu’il faut désormais fermer les voies d’immigration.
Sur le diagnostic, je lui donne raison. Mais une question demeure :
Pourquoi ce qui est devenu possible pour le candidat Édouard Philippe en 2026 ne l’était-il pas pour le Premier ministre Édouard Philippe en 2018 ?
Mayotte n’a pas besoin d’être prise en otage dans un duel présidentiel entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.
À Monsieur Mélenchon, qui qualifie les propositions d’Edouard d’« aberrantes » et de « ridicules », je lui réponds également : venez à Mayotte. Venez mesurer la saturation de nos écoles, de notre système de santé, de nos infrastructures et les conséquences d’une pression migratoire que notre petit territoire ne peut plus supporter. Vos dogmes, Monsieur Mélenchon, sont hors-sol à Mayotte !
Entre le déni des uns et la conversion tardive des autres, il y a Mayotte qui coule, il y a une population mahoraise qui s’épuise et qui a le sentiment de devoir sans cesse démontrer à Paris la gravité de ce qu’elle vit.
Deux ans après, le cyclone CHIDO a laissé un territoire meurtri où :
- Des communes sont à terre financiè
- Des entreprises attendent toujours d’être réglées pour les travaux qu’elles ont réalisés juste après la crise.
- Des écoles gardent encore les stigmates du cyclone.
- Des familles qui continuent de vivre avec les coupures d’
- Des montagnes de déchets qui rappellent chaque jour que l’urgence n’a jamais vraiment disparu.
Voilà la réalité de Mayotte !
Je le dis donc à tous ceux qui ambitionnent de gouverner la France en 2027 : Mayotte n’est ni un laboratoire idéologique, ni un décor de campagne présidentielle. Mayotte ne demande plus que l’on constate sa situation. Elle demande que l’on décide :
- Les rapports existent.
- Les alertes existent.
- Les chiffres existent.
- Les solutions sont connues.
Ce qui a manqué jusqu’à présent, c’est le courage politique de les mettre en œuvre.
Les Mahorais disent donc à Edouard Philippe de ne pas effacer l’histoire ! En 2018, il savait. En 2026, il promet. Les Mahorais, eux, vivent les conséquences de son abandon !
La France doit maintenant protéger Mayotte, reconstruire Mayotte et garantir aux Mahorais qu’ils pourront continuer à vivre dignement et en sécurité sur leur île.
Mayotte n’a plus besoin de promesses. Elle a besoin d’actions concrètes de la République.
Rahachiri… Sibabu Ya Maoré[1] !
[1] Nous sommes vigilants…pour Mayotte !



































