Mobilité : un séminaire pour poser les bases d’une stratégie commune

À Dembéni, le Département-Région de Mayotte a réuni les acteurs de la mobilité les 6 et 7 juillet pour un séminaire sur les déplacements. État des lieux et ateliers ont mis en avant les difficultés de circulation, de sécurité et d’offre de transport. Les échanges ont porté sur la coordination, un tarif unique et une gouvernance commune. Les projets (téléphérique, navettes maritimes, bus) avancent malgré des retards. Le CESEM insiste sur la gouvernance, le financement et la transition écologique.

Comment mieux organiser les déplacements à Mayotte et répondre aux besoins d’un territoire confronté à une circulation toujours plus dense ? C’est autour de cette problématique que le Département-Région de Mayotte a ouvert, lundi 6 juillet, à la Technopole de Dembéni, un séminaire intitulé « Mobilités à la croisée des chemins : défis et opportunités ». Organisée en partenariat avec Transdev, cette rencontre de deux jours rassemble les autorités organisatrices de la mobilité, les exploitants de transport, les collectivités, les partenaires institutionnels ainsi que les différents acteurs impliqués dans les questions de déplacement.

Un tarif unique et un syndicat des mobilités à l’étude

Pour Ali Omar, vice-président du Département chargé de l’Administration générale, des Transports et de la Transition écologique, l’objectif est avant tout de construire une politique de mobilité cohérente à l’échelle du territoire. « Le but, c’est de réfléchir ensemble, de mettre en cohérence toutes les politiques de mobilité sur le territoire, d’intégrer les différents partenaires et de définir un tarif unique sur l’ensemble des réseaux de transport. Il faut aussi intégrer les taxis collectifs qui font partie du paysage depuis longtemps mais qui ne répondent plus entièrement aux besoins de la population, laquelle aspire désormais à un véritable réseau de transport permettant notamment de sortir des embouteillages. »

Interrogé sur l’absence d’un schéma territorial des transports, l’élu reconnaît qu’il reste à construire. « Justement, l’objectif est de pouvoir obtenir ce schéma et de mettre un plan en place en cohérence avec le Schéma d’aménagement régional. On peut critiquer son absence, mais il faut bien commencer quelque part pour identifier les failles et construire une vision cohérente. » À terme, le Département souhaite créer un syndicat réunissant les différentes Autorités organisatrices de la mobilité (AOM). « L’objectif est par la suite de créer un syndicat qui réunira les différentes autorités organisatrices de la mobilité afin que le Département puisse travailler avec l’ensemble du territoire sur une politique commune.»

Téléphérique, navettes maritimes et voies de bus : les projets avancent lentement

Le vice-président est également revenu sur les grands projets portés par le Département. Téléphérique, barges, navettes maritimes et le réseau de bus M’Safara constituent les principaux axes de développement de la mobilité à Mayotte. Le calendrier des futures navettes maritimes reste toutefois conditionné par plusieurs contraintes techniques et administratives. « Il faut construire les pontons, mais nous avons des retards sur les études environnementales et sur la sécurisation du foncier. Les bateaux nécessaires à ces études ne sont pas encore disponibles sur le territoire, ce qui complique considérablement l’avancement des projets.»

En parallèle, l’État poursuit le Plan Global Transports et Déplacements de Mayotte (PGTD), destiné à adapter les infrastructures routières aux futurs aménagements. Ali Omar souhaite notamment développer des voies réservées aux transports collectifs. « Je souhaite des aménagements spécifiques afin que nous puissions développer des bus collectifs et créer, à terme, une troisième voie réservée aux transports en commun. »

Le CESEM appelle à une gouvernance commune et à un modèle économique viable

Présent lors du séminaire, Abdou Dahalani, président du Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM), rappelle que la mobilité fait déjà l’objet d’une étude adoptée par l’institution en 2025. « C’est un sujet qui a fait l’objet d’une étude adoptée par le CESEM en 2025 et qui fera certainement l’objet d’un forum dans les prochains mois, initialement prévu en octobre mais reporté en raison des élections municipales. »

Selon lui, la priorité réside dans la gouvernance des transports. « Nous avons cinq autorités organisatrices du transport à l’échelle du territoire. Il faut que tout ce monde échange et partage une vision stratégique coordonnée. » Il souligne également la difficulté de financer durablement les réseaux de transport. « L’exploitation des réseaux ne parvient pas aujourd’hui à couvrir ses coûts de fonctionnement. Toute la question est de savoir comment assurer un modèle économique viable. » Enfin, il estime que les futurs projets devront répondre aux enjeux environnementaux propres à Mayotte. « Nous sommes sur un territoire insulaire et les réponses apportées doivent pleinement prendre en compte la transition écologique. »

Cette première journée de séminaire marque le lancement d’une réflexion collective sur l’avenir des déplacements à Mayotte. Les travaux se poursuivent ce mardi 7 juillet afin d’approfondir les pistes évoquées et de faire émerger une stratégie commune pour améliorer durablement la mobilité sur le territoire.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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