Un atelier cinéma intensif au collège de Doujani avec le réalisateur Nahid Abdourraquib

Le réalisateur mahorais Nahid Abdourraquib a conduit un atelier cinéma intensif la semaine dernière avec une trentaine d’élèves du collège de Doujani. Une manière de leur faire découvrir les différents métiers du cinéma et de leur prouver que cet univers peut leur être accessible.

« Le monde du cinéma semble un rêve inaccessible pour la plupart des élèves mahorais, alors même qu’ils regorgent de talents », affirme le réalisateur Nahid Abdourraquib, qui a conduit la semaine dernière un atelier intensif de cinéma avec une trentaine d’élèves du collège de Doujani. Objectif : produire des spots de préventions sur des thèmes qui les touchent de près, comme le harcèlement scolaire ou encore la grossesse précoce.

« Je suis intimement convaincu que le cinéma peut être un outil d’éducation et de prévention », poursuit le réalisateur du film « Le grand bluff » qui a à cœur de « désacraliser » l’univers du cinéma dans l’esprit des élèves en leur montrant que la réalisation de film s’apprend à l’instar de tout autre domaine. « Les élèves mahorais ont beaucoup de choses à dire et les films peuvent être pour eux un bon média d’expression », ajoute-il encore.

Tout au long de la semaine, le réalisateur leur a fait découvrir les différents métiers du cinéma, de l’écriture de scénario à l’interprétation de rôles en passant par le cadrage, la captation du son, la mise en scène ou la réalisation. « Ils ont appris beaucoup de choses en s’amusant et ce travail leur a également donné l’occasion de réfléchir sur des sujets qu’ils rencontrent régulièrement dans leur quotidien », développe-t-il encore. Les élèves se sont quant à eux enthousiasmés pour ce projet et beaucoup de ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer ont demandé à rejoindre l’atelier. Le collège envisage donc de le reconduire l’année prochaine en l’ouvrant à d’avantage d’élèves.

Devant ou derrière la caméra, chaque élève a eu sa préférence

Chaque élève a été plus ou moins intéressé par un aspect particulier du travail. Pour Sitti, 13 ans, ce sont les thèmes abordés qui ont compté le plus dans son esprit. « J’ai trouvé ça intéressant de parler du harcèlement scolaire car cela arrive souvent au collège et je trouve qu’on n’en parle pas assez », développe-t-elle. Les élèves les plus extravertis et à l’aise avec l’expression orale ont bien entendu adoré jouer la comédie devant la caméra. « Plus tard je veux être mannequin donc j’ai trouvé intéressant d’apprendre aussi à jouer la comédie, c’est un bon complément », explique par exemple Exodèle, 13 ans également. « Moi j’ai adoré jouer la comédie même s’il a fallu apprendre à gérer son stress et à parler suffisamment fort », ajoute Youssra, 12 ans. « Personnellement j’ai préféré le travail de réalisation et de mise en scène car j’ai trouvé qu’on apprenait davantage de chose », ajoute encore Sitti. Extravertis et introvertis ont ainsi pu chacun trouver un métier correspondant le mieux à leur tempérament au sein du large panel que peuvent offrir les métiers du cinéma.

Après le tournage des 4 spots de prévention, les élèves ont également tourné de petites interviews pour expliquer leur travail. Une ouverture sur le monde du journalisme donc. Nahid Abdourraquib est d’ailleurs actuellement en pourparlers avec les télévisions locales Mayotte la Première et Kwezi TV pour qu’elles acceptent de diffuser les spots de prévention tournés par les élèves, ce qui constituerait pour eux une forme de « consécration » du travail intensif mené tout au long de la semaine dernière.

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Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

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