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Transports maritimes : « aux syndicats la défense les agents, au Département la responsabilité du service public »

Transports maritimes : "aux syndicats la défense les agents, au Département la responsabilité du service public"

Le Service des Transports Maritimes (STM) constitue depuis près d’un demi-siècle l’un des piliers de la vie quotidienne à Mayotte, garantissant la continuité entre Petite-Terre et Grande-Terre. Pourtant, sa gestion, récurrente source de débats et de tensions sociales, interroge toujours la place et le rôle du Département dans l’organisation de ce service public essentiel. À la lumière de l’histoire et des principes fondateurs des services publics, l’ancien député Mansour Kamardine appelle à une réflexion claire : aux syndicats de défendre les droits des agents, et au Conseil départemental de prendre ses responsabilités pour assurer, avec efficacité et modernité, la pérennité du transport maritime.

La question de savoir que faire du Service des Transports (STM) est tel un serpent de mer et se pose à intervalles réguliers au Département de Mayotte depuis ces 30 dernières années.
L’actualité sociale récente liée à la grève des barges nous la rappelle et me conduit à des précisions qui me paraissent utiles avant de suggérer des pistes de solution.
Ainsi, dois-je rappeler que sur un plan historique, le service public des transports maritimes de Mayotte est probablement l’un des plus vieux services publics locaux que le Département ait eu à gérer et à développer car il est destiné à assurer sans discontinuer la liaison entre les deux principales îles habitées du département Mayotte.

Pour rappel, il faut savoir qu’il a existé depuis le Territoire des Comores et a été utilisé par les autorités comoriennes dans leur politique de représailles comme moyen de pression à l’égard de Mahorais. Aussi, la lecture des archives du Haut-commissaire de la République aux Comores nous apprend-elle que le Conseil du Gouvernement des Comores avait refusé son financement. Il a fallu un certain nombre d’artifices et d’acrobaties à caractère administratif du Haut-commissariat pour obtenir une prise en charge directe depuis Paris d’une ligne de financement pour l’acquisition du Tritonis, un bateau chargé d’assurer la liaison entre ces deux îles, avant l’arrivée en 1976 des embarcations appelées « Kalboiboi »dès le lendemain de notre séparation politique.

Au lendemain de cette séparation entre Mayotte et les Comores, la Collectivité territoriale de Mayotte, ancêtre de la Collectivité départementale a eu entre autres services publics à développer, la ligne reliant les deux îles ; d’où la création depuis près de 50 ans du désormais Service des Transports maritimes qui a pu sans doute, à travers le temps, se transformer et se développer jusqu’à la situation présente.
En effet, en 1976, Mayotte est abandonnée par la France, tout en restant française. La Collectivité de Mayotte s’est trouvée, en fait, en charge d’organiser plusieurs services publics qui jadis étaient assurés par le Territoire et se sont trouvés de fait relever de la compétence de la Collectivité territoriale de Mayotte et qui, en Droit commun hexagonale ne relèvent pas forcément d’une collectivité à compétence comme celle de Mayotte. Parmi ceux-ci naturellement, il y a l’actuel Service des Transports maritimes, qui demeure une survivance de l’ancien régime des services publics gérés par la puissance publique locale. Il y a eu également, pour mémoire, entre autres, le service public des hydrocarbures, la distribution de l’eau, le service public des transports scolaires, la distribution de l’électricité (…).

Avec la modernisation de l’appareil juridico-administratif de l’île, le Conseil général puis départemental a dû, étape après étape, procéder à une mise à niveau de ses services publics dans le respect des principes généraux qui irriguent l’administration des services publics, et notamment dans le respect des lois dites de Rolland du nom du Commissaire du Gouvernement devant le Conseil d’Etat : égalité, continuité, et mutabilité. Je ne m’étendrai pas davantage sur la signification desdites lois, pour éviter un alourdissement inutile de mon exposé. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que ces principes sont connus également sous le nom de « lois du service public », qui sont une série d’exigences s’appliquant à l’ensemble des activités du service public.

En considération de ces exigences, le Conseil départemental a développé depuis plusieurs décennies (plus de 30 ans), une politique de gestion de ces services publics, plus proche des modes standards de gestion desdits services à savoir : confier à la gestion privée tout service public à caractère industriel et commercial, ce qu’on appelle couramment, les SPIC et garder en gestion directe, les SPA (services publics administratifs). C’est ce qui explique que de la fin des années 1990 au début des années 2000, les débats au conseil général ont été vifs. Deux visions politiques différentes s’affrontaient, entre ceux qui dénonçaient la destruction du service public, notamment de l’emploi et ceux comme Younoussa Bamana et moi-même qui y voyaient une meilleure prise en compte des enjeux économiques et sociaux de l’île. Ainsi, avons-nous décidé entre autres alternatives, l’externalisation de la gestion de trois services publics majeurs du Territoire : l’éléctricité de Mayotte, les transports scolaires et les hydrocarbures, sous l’égide du président Younoussa Bamana.
À l’époque les débats étaient vifs et animés. Nous avons tenu bon car nous étions convaincus que ces orientations s’inscrivaient bien dans l’intérêt même du bon fonctionnement des services et donc de leurs usagers. En effet, nous nous étions rendu compte que le Conseil général au travers de son budget n’avait plus les moyens financiers pour accompagner le développement économique et social de l’île. Nous étions confrontés fréquemment à des pénuries de carburant et à une volatilité importante du produit de vente du carburant. Nous connaissions également la même situation au sein d’Électricité de Mayotte (EDM). Aujourd’hui, il ne vient plus à l’idée de quiconque d’imaginer une reprise en direct par le Conseil départemental de la gestion des services publics des hydrocarbures ou d’Électricité de Mayotte. Ces services sont assurés par des structures privées dont c’est le métier, avec un savoir-faire éprouvé. En un mot, le service reste toujours public sous l’autorité et le contrôle de la collectivité, mais sa gestion est privée, pour mieux épouser les règles régissant les lois du marché et de la concurrence.

Il en va de même de la gestion du service public des transports scolaires, assuré de bout en bout par des unités économiques privées, à charge pour le Département d’en supporter le coût à 100%. C’est ainsi que c’est le privé qui gère le service de ramassage des élèves dans nos communes et villages ; c’est le Département qui paye le service à hauteur de 45 millions d’euros. Ce fut la grande époque de la restructuration de l’activité économique de l’île, l’idée maîtresse étant de faire en sorte que le Département se concentre sur ce qui relève de son métier d’origine et principal : la gestion des services administratifs.
Fort de cette culture et de cette certitude, il a, sans hésité, confié en 2014, la gestion du service public du port dans le cadre d’une DSP (délégation du service public) qui est également une autre forme de gestion de service public ; l’idée de base restant inchangée à savoir que le département ne peut assurer en direct la gestion d’un service public industriel commercial, autrement, relevant de la concurrence . C’est cette même logique qui prévaut avec les initiatives annoncées par le Département de confier la gestion de la billetterie de la gare maritime dans un premier temps, et dans une seconde la gestion des bâtiments (barges) du STM à une unité économique privée.

L’idée sous-jacente ici n’est guère différente de ce qui avait motivé le Conseil général sous la présidence de Younoussa Bamana à la fin des années 1990 et au début des années 2000, pour externaliser la gestion de ces activités industrielles et commerciales que j’ai rappelées et dont, une fois encore, les plus emblématiques restent : le transport scolaire, EDM, le port de Longoni (1994). Il faut savoir à titre purement anecdotique que la Collectivité fournissait également la téléphonie et la poste. Toutes ces activités ont été transférées à la gestion privée. Le Département s’en trouve mieux garanti dans leur gestion au service de leurs usagers respectifs.

C’est la même logique qui prévaut pour le transfert de la gestion du service maritime à un opérateur privé avec, en filigrane, les mêmes objectifs d’accompagner le développement économique et social du service public du transport maritime et mettre un terme à la porosité connue de notoriété publique du produit de la vente des tickets.
En effet, si des interrogations légitimes devaient se poser sur l’opportunité de ce transfert de gestion, la réponse, la plus évidente vient des évènements liés au cyclone Chido du 14 décembre 2024, avec la destruction de deux navires les plus importants. En effet, au lendemain de la catastrophe, et à l’issue de laquelle toutes nos structures se sont retrouvées à terre, tous nos yeux se sont rivés sur les initiatives des opérateurs économiques privés de nos différents services publics pour exiger des réponses urgentes et immédiates. Ce fut le cas pour l’électricité, pour la téléphonie fixe et mobile, pour Internet, pour l’eau etc. Ce ne fut pas le cas du côté du STM, à l’égard duquel nous avions tous les yeux baissés, car nous n’avions personne sur qui déverser notre dévolu et exiger des réponses rapides et immédiates sauf sur nous-mêmes. On a vu là les limites d’être juge et partie dans une affaire pour assurer le fonctionnement ou la reprise du service des transports entre les deux îles. J’appelle donc à une responsabilité courageuse de nos élus départementaux pour conduire la dernière remise à niveau du département par rapport à ce qui se fait ailleurs par les autres collectivités locales en la matière.

Pour ce faire, il faudra sans doute expliquer d’abord aux élus eux-mêmes pour les convaincre de la différence de conception à avoir entre les différentes notions de gestion des services publics, entre privatisation et externalisation des services publics, et bien expliquer qu’aucune collectivité locale ne peut privatiser un service public, mais ce qui est possible de privatiser, c’est sa gestion. Et cela, nous le faisons avec efficience dans les transports scolaires et dans les hydrocarbures, dans les services publics de l’eau et même dans le cadre de la DSP du port de Longoni (même ici, il y a plus à dire en terme d’efficience). Au fond, dans cette affaire, notre marge de manœuvre est relativement faible, au-delà des recommandations pertinentes de la Chambre régionale des Comptes (CRC). Sur le plan budgétaire, la question posée est relativement simple : avons-nous encore les moyens pour financer à hauteur de 45 millions d’euros le fonctionnement de ce service, alors que nous n’avons pas été à même de financer à hauteur du même montant le RSA (revenu de solidarité active), et nous avons été contraints de proposer et obtenir de l’État sa renationalisation ? La difficulté ici, c’est que l’État ne nous viendra pas en aide comme il l’a fait pour le RSA, le Conseil départemental avait dans le cadre du RSA, reçu délégation pour agir au nom et pour le compte du même État. Il était donc plus facile à l’Etat de reprendre sa compétence. Dans le cas du STM, il s’agit d’un service public local par essence, qui doit fonctionner avec, avant tout et principalement, les moyens du Département.

La deuxième initiative urgente à avoir avec les syndicats des agents et dans le respect du rôle de chacun et des textes, c’est d’obtenir de chaque partenaire qu’il joue sa partition dans la limite du champ de compétences de l’autre, à charge pour les syndicats de défendre les intérêts de leurs membres, en évitant qu’il leur soit imposé d’etre soumis à un mode de gestion qui ne leur convienne pas et en ayant des garanties que ceux qui voudront partir le pourront sans difficulté dans un autre service ; et à charge pour le Département de décider sur la meilleure façon pour assurer de manière efficiente et régulière au regard des lois de Rolland : égalité, continuité, mutabilité du service public des transports maritimes. Cela veut dire que le Conseil départemental doit permettre aux agents qui ne souhaitent pas poursuivre leur carrière dans le cadre d’une organisation privée de réintégrer d’autres services publics du Conseil départemental. C’est ce que nous avions imaginé par le passé et qui a bien fonctionné aux hydrocarbures et à EDM.
Oui, je pense qu’il n’est pas de la responsabilité des syndicats d’imposer à l’Autorité publique telle ou telle mode de gestion du service public entre la kyrielle de modes de gestion que la loi lui met à disposition. L’intérêt des agents doit être porté par les syndicats. L’efficience des services publics, c’est de la responsabilité sans partage de la collectivité publique.

La Chambre régionale des comptes alerte sur de graves lacunes dans la gestion des subventions du département

La Chambre régionale des comptes alerte sur de graves lacunes dans la gestion des subventions du département

La Chambre régionale des comptes (CRC) a rendu public son cahier n°3 consacré à la gestion des subventions octroyées par le Département, et le constat est sévère. Malgré l’importance stratégique de ces financements pour l’archipel, la collectivité ne parvient pas à assurer ni la transparence, ni le contrôle, ni l’efficacité attendus dans ce domaine.

Entre 2019 et 2023, 367,56 millions d’euros de subventions ont été versés par le Département, soit près de 20 % de ses charges de gestion et dépenses d’équipement. Ces montants, destinés à soutenir des projets publics et privés dans un territoire où les besoins socio-économiques sont immenses, devraient constituer un puissant levier de développement.

Mais, selon la CRC, l’ampleur des sommes engagées contraste avec la faiblesse des mécanismes de contrôle et de pilotage.

Des obligations déontologiques largement ignorées

Le rapport pointe en premier lieu un manque de probité dans la gestion des fonds. La plupart des élus et des directeurs généraux adjoints du Département ne sont pas à jour de leurs obligations déclaratives, exposant la collectivité à des risques de conflits d’intérêts.
La mise en place, depuis 2019, d’outils de gestion tels qu’un guide de procédure et une plateforme numérique de dépôt des demandes de subvention marque une avancée. Mais leur application reste inégale selon les directions, donnant lieu à des dérogations arbitraires et à des disparités dans le traitement des porteurs de projets…

Jeux des Jeunes de l’Océan Indien : le collectif des citoyens 2018 réclame un débat public

Jeux des Jeunes de l’Océan Indien : le collectif des citoyens 2018 réclame un débat public

Après l’accueil triomphal réservé aux jeunes sportifs mahorais de retour des Jeux des Jeunes de l’Océan Indien (JJOI) aux Seychelles, l’heure est désormais à la contestation. La société civile, et plus particulièrement le collectif des citoyens 2018 est montée au créneau pour dénoncer le traitement infligé aux athlètes mahorais par la délégation comorienne, et réclamer des réponses des autorités locales et nationales.

Depuis plusieurs jours, les membres du collectif des citoyens 2018 occupent symboliquement le parvis de l’hôtel de ville de Mamoudzou. Banderoles et slogans dénoncent les humiliations subies par les jeunes sportifs mahorais lors des compétitions. Certaines pancartes s’adressent directement au président comorien Azali Assoumani.
« Nous ne leur avons pas confié nos enfants pour qu’ils servent de chiffons politiques aux Comoriens, ni pour qu’ils soient traumatisés », s’indigne une manifestante. Les femmes, jeunes et âgées, se relaient jour et nuit pour maintenir la pression. Elles accusent notamment la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), responsable de la délégation mahoraise, de n’avoir pas protégé les mineurs envoyés aux Seychelles.

Safina Soula : « C’est Mayotte toute entière qui a été insultée »

Parmi les voix fortes de ce mouvement, celle de Safina Soula, la présidente du collectif des citoyens 2018 qui insiste sur la portée symbolique de ce qui s’est joué aux Seychelles : « Ce ne sont pas que nos enfants qui ont été humiliés, c’est Mayotte toute entière. Je ne vois pas ce que notre île a à faire dans cette mascarade. »…

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« Le caillassage reste le point le plus critique » Frédéric Delouye, directeur de Transdev Mayotte

« Le caillassage reste le point le plus critique » Frédéric Delouye, directeur de Transdev Mayotte
Frédéric Delouye, directeur de Transdev Mayotte, en charge de l’exploitation du réseau de transport scolaire halO’ qui assure chaque jour les déplacements de près de 30 000 élèves.

À Mayotte, près de 30 000 élèves empruntent chaque jour le réseau scolaire halO’. Dans un contexte marqué par les caillassages et des tensions récurrentes, le directeur de Transdev Mayotte, Frédéric Delouye, revient sur une année 2024/2025 contrastée à l’approche de la rentrée du 25 août.

Flash Info : Comment analysez-vous la baisse de 8 % des incidents ? À quoi attribuez-vous ces résultats ? Quel sont vos axes d’amélioration

Frédéric Delouye : Au-delà de la configuration, je me dirais satisfait de ce bilan. Néanmoins on ne peut jamais se satisfaire d’une situation telle qu’on la subit tous les jours. Avec ces nombreux incidents qui se déroulent tout au long de l’année, spécifiquement au niveau des caillassages. Qui est le point le plus critique au-delà des dégâts occasionnés. Des actions qui immobilisent les véhicules et empêchent d’avoir une exploitation à 100% de nos bus. C’est toujours aussi compliqué d’amener les élèves au sein des établissements. Au-delà des dégâts matériels il y a aussi les aspects psychologiques. Beaucoup de jeunes restent traumatisés…

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Bibi Hadidja Madi-Assani, une psychologue en quête d’engagement politique

Bibi Hadidja Madi-Assani, une psychologue en quête d’engagement politique

À 35 ans, psychologue de profession et mère de deux enfants, Bibi Hadidja Madi-Assani se prépare à franchir un nouveau cap : celui de la politique. Installée depuis une 10 ans à Chiconi, elle sera candidate aux élections municipales de mars 2026 sous la bannière des Républicains. Avec un slogan en shimahorais, « Koundra tsika tani tsika  » (« construisons notre terre « ), la jeune femme entend proposer une alternative fondée sur la cohésion sociale, la sécurité et l’engagement citoyen.

C’est dans le sillage du cyclone Chido, qui a durement frappé Mayotte le 14 décembre 2024, que sa démarche a pris forme. « Ayant vécu à La Réunion, je connaissais la culture du cyclone et je m’étais préparée. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’on soit laissés seuls. On a manqué de dignité. Cette colère, je veux la transformer en action politique« , confie-t-elle.
Déjà active dans le milieu associatif, Bibi Hadidja Madi-Assani a vite constaté les limites de l’action citoyenne. « Les associations ne suffisent pas : au bout du compte, ce sont les responsables politiques qui décident« , estime-t-elle.

Une héritière de la culture politique locale

Originaire d’une lignée Soroda proche de Bamana, la candidate revendique un héritage marqué par la politique : quatre maires figurent déjà dans son arbre généalogique. « Dans les familles, il y en a qui sont shegué, il y en a qui sont moulidi, d’autres daïras. Chez moi, la politique est une culture familiale« , glisse-t-elle avec humour.

Se réclamant d’une  » droite gaulliste et républicaine « , Bibi Hadidja Madi-Assani défend une approche à la fois sociale et sécuritaire.

« À Mayotte, ce n’est pas dans notre culture d’attendre qu’on nous donne tout : c’est plutôt aide-toi et le ciel t’aidera. » Elle alerte sur la fracture grandissante entre la jeunesse et les adultes : « Les politiques ont leur part de responsabilité, car à force de vouloir tout faire à la place des gens, on leur enlève leur capacité d’agir.  »

Depuis sa permanence située sur la rocade de Chiconi, la candidate appelle les habitants à rejoindre son projet : « Notre bien-être passe par la politique. Je crois en la moralité de la vie publique.  » Sa liste reste en cours de constitution, mais une chose est sûre : à Chiconi, il faudra compter sur elle en 2026.

Comores : des Comoriens sans identités longuement détenues

Comores : des Comoriens sans identités longuement détenues

Pour des raisons de sécurité et face à la montée de la délinquance, le ministère de l’intérieur a autorisé les forces de police à procéder à des contrôles sur l’ensemble de territoire pas seulement les étrangères mais également des nationaux, dont certains ont passé de longues heures en détention suscitant un tollé.

Annoncée en grande pompe le samedi 9 août, par le ministre comorien de l’intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, pour lutter contre la délinquance, l’opération de contrôle d’identités a officiellement débuté, mardi dernier, d’abord à la Grande Comore, avant de s’étendre dans les autres îles. En deux jours, près de 117 personnes dont 70 Comoriens avaient été contrôlées par les agents de police déployés partout. Les étrangers en situation irrégulière, notamment des ressortissants de pays voisins sont expulsés, pendant que les nationaux, eux, sont priés de se régulariser, c’est-à-dire, se doter d’une carte d’identité nationale biométrique. Si les policiers ne manquent pas de publier sur Facebook les images de leurs opérations, des agissements constatés font déjà grincer de dents. A Moheli, où, en seul jour, 200 personnes ont fait l’objet d’interpellation, rien que dans la capitale, Fomboni, des témoignages rapportés indiquent que des nationaux auraient passé des heures en détention.  » Ceux qui avaient leurs pièces d’identité chez eux ont pu sortir. Il suffisait de joindre un proche qui transportait la carte au commissariat. En revanche, les citoyens qui n’en détiennent pas sont gardés jusqu’à 18h. Pour rentrer, ils ont laissé leurs coordonnées en s’engageant à entamer les démarches administratives pour se procurer une pièce d’identité. Ils doivent présenter un reçu de paiement ce jeudi sinon ils risquent d’être interpellés« , a confié une source sécuritaire qui a rappelé que bien avant la descente des policiers sur le terrain, une campagne de sensibilisation avait bien été menée auprès de la population.

Le non-port ne constitue pas un délit

Ces longues détentions au poste suscitent déjà des questions sur leurs bases juridiques. « On ne peut pas verbaliser ou arrêter un comorien pour non-port de pièce d’identité sur le territoire national« , a tranché, un juriste à qui Flash infos a posé la question.  » Au regard de la loi comorienne, ne pas être en possession d’une carte nationale d’identité lors d’un contrôle de police ne constitue pas un délit pénal…

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Coupe Régionale de France Féminine 2025 : le FC M’tsapéré conserve son trône

Coupe Régionale de France Féminine 2025 : le FC M’tsapéré conserve son trône

La finale de la Coupe Régionale de France Féminine 2025 qui s’est déroulée vendredi 15 avril à M’tsahara a tenu toutes ses promesses. Opposé au Club Unic Ornis de Passamainty, le FC M’tsapéré s’est imposé au terme d’un duel intense et équilibré.
Après un match disputé de bout en bout, le score était de 1–1 au terme du temps réglementaire. Les deux équipes, déterminées et solidaires, se sont neutralisées, portées par une belle intensité physique et tactique.
Il a fallu recourir à la séance de tirs au but, où le FC M’tsapéré a fait preuve de sang-froid pour l’emporter 4–2. Un succès qui a fait exploser de joie joueuses et supporters.
Avec cette victoire, le FCM décroche sa 2ᵉ Coupe Régionale consécutive, confirmant sa suprématie actuelle sur le football féminin local. Le Club Unic Ornis, malgré la déception, repart avec un parcours honorable qui laisse présager un avenir prometteur.
Cette finale 2025 restera comme une belle fête du sport féminin régional, marquée par l’engagement, la combativité et le spectacle.

Acoua : un manzaraka perturbé par des délinquants

Un moment de fête a viré au chaos, samedi 16 août, lors d’un manzaraka organisé sur l’ancien plateau sportif d’Acoua. Aux alentours de l’après-midi, un groupe de délinquants s’en est pris aux participants, provoquant la panique parmi les quelque 300 invités présents.
Selon les informations relayées par Acoua-Info, les agresseurs ont d’abord tenté de s’emparer d’une valise contenant les dons de mariage, placée près de l’estrade des jeunes mariés. Face à leur échec, ils se sont ensuite retournés contre la famille du marié : le frère a été frappé à l’aide d’un sac contenant un « embout métallique », avant que le père ne soit lui aussi agressé. Les assaillants ont finalement dérobé principalement des biens alimentaires.
Contacté, le maire d’Acoua, Marib Anaffi, a condamné avec fermeté ces actes. « C’est regrettable, car dans notre commune, nous ne sommes pas habitués à vivre ce genre d’événements », a-t-il déclaré. Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur l’identité des auteurs. L’élu affirme toutefois sa détermination à obtenir leur arrestation et leur incarcération.
Malgré la gravité des faits, le maire a tenu à rassurer ses administrés : « On veut continuer à vivre dans la joie, on l’a toujours fait. Ce n’est pas à cause de quelques voyous qu’on va arrêter de vivre. »
Cet incident, qui jette une ombre sur une cérémonie traditionnellement symbole de partage et de convivialité, a profondément marqué la population locale. Une enquête est en cours pour identifier et retrouver les agresseurs.

Mamoudzou : la communauté malgache mobilisée contre les violences

Mamoudzou : la communauté malgache mobilisée contre les violences

Dimanche matin, la communauté malgache de Mayotte s’est rassemblée à Mamoudzou pour dénoncer les violences dont ses membres sont régulièrement victimes. Arborant pancartes et slogans « Stop à la violence », les manifestants ont exprimé leur colère et leur inquiétude face à une série d’agressions touchant leur communauté.
Quelques jours plus tôt, le vendredi 8 août, une marche s’était déjà tenue en Petite-Terre pour accompagner le corps d’Armella Florent, 19 ans, retrouvée sans vie sur la plage de Mliha Chanfi dans la nuit du 2 août. Son décès a profondément ému la communauté et suscité une vague d’indignation. Un suspect a depuis été placé en détention lundi 11 août dans le cadre de l’enquête.
Au-delà des revendications pour plus de sécurité et de justice, la mobilisation s’est aussi voulue solidaire. Grâce au soutien conjoint de la communauté malgache et mahoraise, près de 6 000 euros ont été collectés afin de permettre le rapatriement du corps de la jeune femme à Madagascar, dans sa région d’origine à Ambilobé.

Hagnoundrou : première édition réussie du Festival Mawa

Hagnoundrou : première édition réussie du Festival Mawa

La commune de Bouéni a accueilli vendredi 15 août la toute première édition du Festival Mawa, organisée par l’association Mawa Event’s. Créée en 2024, cette jeune structure entend promouvoir à la fois l’entrepreneuriat local et les valeurs culturelles de Mayotte, tout en apportant une dimension sociale forte à ses actions.
Installé sur le terrain de foot de Hagnoundrou, le festival a rassemblé habitants et curieux autour d’une programmation variée. Plusieurs artistes, dont Chaldi, Flamingo Santana, Hadj MC ou encore Chireggae Roots, ont assuré le spectacle, offrant au public une soirée festive et intergénérationnelle. Mais au-delà des concerts, l’événement se voulait porteur d’un message : créer des espaces de rencontre et d’échanges pour la jeunesse, notamment les jeunes en difficulté, déscolarisés ou sans emploi.
« On veut proposer des rendez-vous qui rassemblent toutes les générations, avec aussi des projets comme des foires pour préparer la rentrée ou mettre en avant les commerces », explique Sigo Abdourahmani, vice-président de l’association. Pour cette première édition, Mawa Event’s a pu compter sur le soutien de plusieurs partenaires locaux, ainsi que de la commune et de la gendarmerie, mobilisée pour assurer la sécurité.
Encouragée par cette première réussie, l’association espère bénéficier à l’avenir de moyens plus importants pour renforcer son action et porter le Festival Mawa dans d’autres communes de l’île.

Mode et festivités à Ma Galerie Shopping

Mode et festivités à Ma Galerie Shopping

Le samedi 16 août, Ma Galerie Shopping a accueilli son grand défilé de la rentrée placé sous le signe de la RE-Création. Dans une ambiance conviviale et festive, les enseignes partenaires – dont Madora, Mzuri Sana, Adopt, MOA, Célio, TAO Kids, C4U et Ebena – ont présenté leurs collections Back to School. Devant un public nombreux, les mannequins ont défilé entre élégance, audace et authenticité, ponctués de prestations artistiques et de la présence remarquée de Miss Salouva, Miss Koko et Mister Bakoko. La soirée s’est clôturée par un tirage au sort récompensant sept gagnants. Un événement marquant qui s’impose déjà comme l’un des temps forts de la rentrée à Mayotte.

Mamoudzou : inscriptions ouvertes pour le vide-greniers solidaire

Mamoudzou : les inscriptions sont ouvertes pour le grand vide-greniers solidaire du 31 août

La Ville de Mamoudzou organise un vide-greniers solidaire le dimanche 31 août 2025 sur le remblai de M’tsapéré, face à la mosquée du vendredi. Réservé aux particuliers, l’événement vise à favoriser les échanges et à soutenir les familles après le passage du cyclone Chido. Les inscriptions (10 € pour un emplacement de 6 m²) sont ouvertes jusqu’au 25 août, dans la limite des places disponibles. Formulaire et règlement disponibles sur www.mamoudzou.yt ou à l’Hôtel de Ville.

Mamoudzou : les inscriptions sont ouvertes pour le grand vide-greniers solidaire du 31 août

Mayotte : Signature des premières conventions INTERREG VI

Le Département de Mayotte organise, jeudi 21 août 2025 à 14 h, à l’hémicycle Bamana, la première cérémonie officielle de signature des conventions INTERREG VI – Canal du Mozambique (2021-2027). En tant qu’Autorité de gestion, la collectivité procédera à la signature des accords de cofinancement des projets retenus, en présence de représentants institutionnels, de partenaires techniques et financiers, ainsi que des porteurs de projets. Un moment clé pour renforcer le développement et la coopération régionale dans la zone du Canal du Mozambique.

Mamoudzou lance son concours photo « Ma’moudzou, une ville, mille visages »

Après l’installation des lettres urbaines géantes #❤Mamoudzou, la Ville de Mamoudzou invite organise à un concours photo ouvert à tous. Objectif : capturer, avec créativité, les visages et histoires qui font l’âme de la ville, avec les lettres en arrière-plan et au moins une personne en scène.
Trois catégories sont proposées : Influenceurs, Amateurs photo et Artistes photographes. Les clichés, à envoyer avant le 20 août 2025 à contact@mamoudzou.yt (objet : « Concours photo Ma’moudzou »), pourront bénéficier d’un point bonus s’ils sont intergénérationnels.
Les meilleures photos seront dévoilées lors d’une exposition fin août, dans un lieu encore tenu secret.

Première édition du Festival de la baleine à Mayotte

Première édition du Festival de la baleine à Mayotte
© Aurélien Muller

Avis aux familles, aux initiés comme aux curieux, le 30 août 2025 se déroulera la toute première édition du festival de la baleine : le Mugumbe Festival. Organisé par Ceta’Maore avec le soutien de nombreuses institutions et associations, cet évènement convivial et gratuit permettra de profiter de la saison des baleines tout en en apprenant plus sur nos voisins marins. Entre animations, rencontres et stands des associations, l’après-midi s’annonce animé. Rendez-vous entre amis ou en famille sur la plage du Fare à 14 heures. Et pour les plus passionnés, la soirée se poursuivra à l’École de voile ACHM pour une conférence coanimée par Ceta’Mahore et Globice. Une belle occasion de plonger dans l’univers des cétacés et en savoir plus sur comment préserver ces espèces fascinantes et notre merveilleux lagon !

Sécurité routière : un nouveau centre de contrôle technique ouvre en Petite-Terre

Sécurité routière : un nouveau centre de contrôle technique ouvre en Petite-Terre

Les automobilistes de Petite-Terre ont eu une belle surprise ce week-end : un centre de contrôle technique a ouvert ses portes à Labattoir, sur le boulevard des Amoureux. Un service attendu de longue date par la population, et qui tombe à point nommé dans un contexte marqué par les difficultés de circulation et les perturbations des liaisons maritimes entre Petite et Grande-Terre.

Jusqu’ici, les automobilistes de Petite-Terre devaient traverser à Mamoudzou pour effectuer leur contrôle technique, au prix de longues heures d’attente et d’embouteillages interminables. Avec la mise en place de ce centre, la donne change.
« Cet établissement est une continuité de ce que nous avons déjà mis en place à Longoni en 2018 et à Kawéni en juin 2022 », explique Sulman Boina, responsable du site. « Le cyclone Chido a causé énormément de dégâts sur les véhicules, entraînant une vague de réparations et donc une forte demande en contrôle technique. La situation était devenue ingérable : les rotations de barges compliquées, des délais interminables pour obtenir un rendez-vous… Il fallait trouver une solution locale et rapide. »

Une forte demande dès l’ouverture

L’affluence du premier jour en dit long sur l’attente des automobilistes. Dès les premières heures, Thierry, le technicien en poste, n’a pas eu une minute de répit. « Avec ou sans rendez-vous, nous avons pu accueillir tout le monde immédiatement », se félicite-t-il. « On se croirait à Kawéni, tellement il y a du monde en si peu de temps ! »
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STM, une sortie de crise à formaliser ce mardi

STM, une sortie de crise à formaliser ce mardi

Une semaine de désordre dans le fonctionnement du territoire s’achève par la signature d’un document d’engagement. Il acte l’ouverture d’une série de réunions de concertation et la suspension d’un marché, celui du réseau de bus interurbain et de la billetterie multimodale. Les mouvements de barges ont repris le cycle habituel depuis samedi dernier.

Après une semaine de forte agitation, les rotations de barges entre Mamoudzou et Dzaoudzi ont pu reprendre leur rythme habituel en fin de semaine dernière. Les négociations avec le Conseil Départemental de Mayotte, qui s’étaient poursuivies en milieu de semaine, ont enfin connu un dénouement le 14 août 2025 après que les représentants syndicaux FO du STM ont été reçus dans la « salle DRH » par Abdoul Kamardine (conseiller délégué à l’innovation administrative et au dialogue social). Cette grève étant impopulaire au sein de l’opinion publique pour les deux parties, il fallait absolument négocier un compris de fin de crise. Et ce fut le cas ! La rencontre se veut le prélude à d’autres réunions de concertations en vue de chercher des solutions appropriées aux problèmes soulevés par la grève du 12 août. Un premier rendez-vous a même été programmé pour ce mardi 19 août.

En contrepartie « d’un engagement unilatérale de suspension d’un marché » les représentants des agents de la Direction des Transports Maritimes (STM) en grève depuis lundi dernier ont accepté de suspendre leur mouvement et de reprendre le travail. Il était grand temps ! A vrai dire cette grève devenait impopulaire, incompréhensible pour les usagers et surtout, au regard des éléments contextuels, paraissait davantage comme un usage abusif d’un levier de pression aux seules fins de protéger un petit groupe d’individus « qui pourraient avoir des choses à se reprocher » et pas uniquement pour défendre des acquis socioprofessionnels. En effet, à y regarder de plus près, le devenir de ce service public n’est nullement menacé de privatisation et, dans tous les cas de figures, rien qui puisse présager qu’un agent puisse être abandonné sur « le trottoir ». En pareilles circonstances, le département a toujours su créer les conditions d’un redéploiement au sein de ses services pour les agents désireux de poursuivre leurs carrières dans la fonction publique. Et même pour ceux qui choisissent l’aventure avec un nouveau repreneur, une passerelle de quelques années a toujours été laissée pour leur permettre de rejoindre les services du département au cas où l’expérience du privé s’avérait inintéressante pour eux. Le public qui n’est pas dupe de cela a préféré ravaler sa salive et classer ce mouvement de grève dans le panier du droit de grève abusivement utilisés par certains, alors qu’il reste un instrument indispensable dans une société démocratique et un pays de droits comme la France. Quoi qu’il en soit, le département de Mayotte a choisi de privilégier le dialogue interne en acceptant de suspendre « l’exécution du marché litigieux par la signature d’un ordre de suspension de l’ordre de service n° 1 émis sur la mise en service du réseau, conformément à l’article 6.3 du CCP ». Il réaffirme également ce qu’il n’a jamais cessé de clamer depuis l’annonce de la probabilité d’une grève pour lundi 12 août 2025, qu’il n’a jamais été question de privatiser le STM, ni de se séparer d’un seul de ses agents.

Le document d’engagement paraphé par Abdoul Kamardine accorde également aux grévistes le seul point de légitimité de leur action, à savoir, que le CDM n’entreprendra rien dans ce dossier sans engager une concertation préalable avec les agents ou les représentants du personnel. En outre, des discussions approfondies seront menées sur la politique départementale de transport interurbain et de la gestion de la billetterie. Autre assurance (et non des moindres) donnée aux agents grévistes, « aucune prestation ne sera réalisée au titre du marché suspendu et aucun ordre de service ou exécution ne sera demandé ». Voilà de quoi rassurer les usagers quotidiens de la barge, en particulier ceux et celles qui prennent l’avion en cette fin de vacances estivales.

Cérémonie de remise de diplômes : MESSO célèbre la réussite des jeunes accompagnés

Cérémonie de remise de diplômes : MESSO célèbre la réussite des jeunes accompagnés

Sous un ciel radieux et dans le cadre verdoyant du Domaine BADJA, l’Association MESSO a célébré ce jeudi la réussite de plusieurs dizaines de jeunes accompagnés dans ses Lieux de Vie et d’Accueil (LVA). De 9h à 15h, familles, partenaires institutionnels, éducateurs et acteurs du secteur social se sont rassemblés pour honorer un moment fort : la remise officielle des diplômes obtenus au cours de l’année — brevet, CAP/BEP ou baccalauréat.

Plus qu’une simple cérémonie protocolaire, l’événement s’est voulu un véritable hommage aux efforts fournis par ces jeunes souvent confrontés à des parcours de vie complexes. Entre discours officiels, témoignages émouvants, prestations artistiques et culturelles imaginées et portées par les jeunes eux-mêmes, la journée a mêlé fierté et émotion. « Cette réussite, c’est aussi celle des éducateurs, des familles d’accueil et de tous ceux qui croient dans le potentiel de chaque enfant », a souligné un représentant de l’association, sous les applaudissements.

MESSO, un pilier de l’inclusion sociale à Mayotte

Créée en 2017, l’Association MESSO — dont le nom en shimaoré, signifie demain — s’est imposée en quelques années comme un acteur incontournable du développement social et solidaire à Mayotte. Forte de plus de 150 collaborateurs, elle déploie ses actions autour de quatre pôles d’activité : Hébergement, Formation, Développement et Environnement.
Le pôle Hébergement accompagne actuellement près de 75 jeunes au sein de 13 Lieux de Vie et d’Accueil. Ces structures offrent bien plus qu’un toit : elles constituent un cadre sécurisant, propice à l’épanouissement personnel et à la construction de projets d’avenir. Le pôle Formation, quant à lui, développe des programmes d’insertion professionnelle innovants, notamment pour les personnes en situation de handicap. Les pôles Environnement et Développement s’engagent dans des actions de sensibilisation écologique, de gestion durable des ressources et dans le renforcement des partenariats locaux, pour un territoire plus résilient et solidaire.

Un tremplin vers l’avenir

Au cœur de cette journée, l’objectif était clair : valoriser les parcours et encourager la poursuite des efforts. Les jeunes diplômés ne sont pas seulement repartis avec un certificat en main, mais aussi avec une reconnaissance publique et un sentiment d’appartenance à une communauté qui croit en eux.

« Voir ces sourires aujourd’hui, c’est la plus belle des récompenses », confie un éducateur. « Chaque réussite, aussi modeste soit-elle, est une victoire contre l’exclusion et une étape vers l’autonomie. »

Un engagement sur le long terme

À travers ce type d’initiative, MESSO réaffirme sa mission : protéger l’enfance, favoriser l’insertion socio-professionnelle, promouvoir la citoyenneté active et sensibiliser aux enjeux sociaux et environnementaux. Cette cérémonie illustre la conviction de l’association qu’un accompagnement global – éducatif, social, culturel et environnemental – est la clé pour transformer les défis de Mayotte en opportunités.

En clôture de l’événement, un buffet convivial a permis aux invités d’échanger, de féliciter les jeunes et de tisser de nouveaux liens entre acteurs de terrain. Une manière de rappeler que, pour MESSO, le mot demain ne se conjugue pas seulement au futur : il se construit, pas à pas, dès aujourd’hui.

#J’aime Mamoudzou : un symbole de politique publique

#J’aime Mamoudzou : un symbole de politique publique

À l’arrière du marché couvert, le long du front de mer, le nom de Mamoudzou s’affiche désormais en « lettres urbaines géantes », ornées d’un hashtag et d’un cœur rouge. Un décor photogénique inauguré par la municipalité mercredi 13 août devant un peu plus d’une centaine de personnes.

« Les symboles dans la République, ça compte », a déclaré le maire sur la place de la République, lieu de rassemblement historique où « les Mahorais et Mahoraises expriment chaque fois leur fierté d’appartenir à la nation française, mais aussi parfois leurs doléances.»

Un projet né en 2021

Quatre années de préparation auront été nécessaires pour aboutir à cette installation, présentée comme « un point d’ancrage de qui nous sommes et de qui nous voulons être demain ». Pour Ambdilwahedou Soumaïla, le dièse « incarne l’ouverture, le partage et la connexion au monde » et traduit la volonté de faire de Mamoudzou « une ville moderne, connectée, qui sait se raconter et s’ouvrir aux regards et aux opportunités, au-delà de nos frontières ».

#J’aime Mamoudzou : un symbole de politique publique

Le cœur, placé fièrement à côté du nom de la ville, « s’exprime sans mot » : il symbolise « l’attachement, la chaleur humaine et la générosité des habitants », ainsi que le « lien entre nos générations, nos cultures et nos quartiers », déclarait le maire sous les applaudissements.

Un investissement pour l’avenir

Réalisée par une entreprise réunionnaise pour un coût d’un peu plus de 150 000 euros, l’ensemble architectural constitue « la première partie d’un programme qui consistera à façonner la façade maritime de Mamoudzou et à modeler l’entrée de la capitale de Mayotte », expliquait le maire, précisant que des activités de commerce et de restauration y seront par la suite intégrées.

Une cérémonie festive

La cérémonie a débuté par un chigoma, suivie du discours du maire. Shamina Ibrahim, élue du conseil municipal des jeunes, a livré un poème original intitulé Dans tes bras. Le musicien L-Had a ensuite offert un moment d’utende, art poétique mahorais, avant que le voile ne soit levé sur les lettres monumentales.

Le maire s’est également prêté au jeu des photos avec les participants, lançant officiellement le concours « Une Ville, mille visages ». La municipalité invite ainsi les habitants et visiteurs à immortaliser leur passage et à envoyer leurs photos avant le 20 août à l’adresse suivante : contact@mamoudzou.yt

La soirée s’est clôturée dans une ambiance festive avec les mixes de DJ Sweety.

Protection des cétacés : clôture du projet Wujua 2 (Ceta’Maore)

Protection des cétacés : clôture du projet Wujua 2 (Ceta’Mahore)

Alors que la saison des baleines s’ouvre à Mayotte, Ceta’Maore dresse le bilan du projet Wujua 2. De l’année 2024 au 1er semestre 2025, plus de cent bénévoles formés ont contribué à répertorier des données scientifiques sur les cétacés. Données qui seront répertoriées au niveau international.

Le lagon de Mayotte : un florilège d’habitats qui accueillent de nombreux cétacés
À Mayotte, le lagon et ses alentours incarnent un refuge pour de plus en plus d’espèces de mammifères marins. Sur place, scientifiques, bénévoles comme associations, œuvrent pour protéger ces espèces en danger. C’est le cas d’Esmeralda, dernier dauphin à bosse de l’île. Il n’est pas rare de voir la femelle se balader accompagnée d’un jeune dauphin à long bec. Les deux sont inséparables. Si certains suspectent Esmeralda d’avoir volé le petit à sa mère, les plus optimistes affirment qu’elle a recueilli le delphineau, le sauvant ainsi des dangers de l’Océan Indien. Pour protéger ces espèces précieuses mais souvent en danger, l’association Ceta’Maore a mis en place un programme d’observation des cétacés : Wujua 2.

Deuxième édition du projet Wujua : quelles actions ?

Après avoir écumé les océans de l’Australie à Marseille, David Lorieux a rejoint Ceta’Maore en tant que chargé du pôle scientifique en 2023. Leur projet central ? Le projet Wujua, « connaître » en shimaore. Wujua est né en 2023 grâce à un compagnonnage avec Globice, une association basée à la Réunion. Après avoir constaté qu’il y avait un manque flagrant de données scientifiques sur les cétacés dans l’océan Indien…

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes