Le caisson hyperbare, la technologie de pointe du centre hospitalier de Mayotte contre les amputations

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Le caisson hyperbare du centre hospitalier de Mayotte vient de recevoir l’aval du comité de protection des personnes pour mener une étude sur les patients atteints de la drépanocytose, une maladie héréditaire qui affecte l’hémoglobine des globules rouges et qui touche 400 habitants de l’île. Plongeons dans cette unité méconnue du grand public qui fait augmenter la pression partielle en oxygène dans le but d’éviter ou de réduire le niveau de l’amputation.

Tout d’orange vêtues, cinq personnes pénètrent dans ce qui ressemble à un sous-marin. Bandages autour du pied ou du mollet, elles filent s’asseoir et positionnent toutes le masque à oxygène situé derrière elles sur le bout de leur nez. Confortablement installées dans le caisson hyperbare du centre hospitalier de Mayotte, les voilà parties pour une aventure à quinze mètres de profondeur pendant 90 minutes. « Pour éviter les barotraumatismes, nous avons pris l’habitude de diminuer par deux la vitesse de compression, soit un mètre par minute », avertit Karim Mechergui, le responsable de l’unité depuis 2018. Le but ? Oxygéner les plaies ischémiques à 100% en dépassant les capacités de saturation de l’hémoglobine. Et ainsi éviter ou réduire le niveau de l’amputation, grâce à la réalisation au préalable d’une pression capillaire en oxygène. Une option d’autant plus louable que deux tiers des 89 patients de 2019 sont des diabétiques.

Les autres présentent des indications chroniques comme un écrasement d’un membre avec une fracture et des lésions radio-induites ou des indications d’urgences à l’instar de brûlures, d’infections à germes anaérobies et d’intoxication au monoxyde de carbone – une l’an dernier lorsqu’un détenu du centre pénitencier de Majicavo a mis le feu à son matelas. Rien de bien extravagant comparé aux accidents de décompression sur le territoire. « Mais nous n’en avons pas plus qu’à Marseille », rassure tout de même Karim Mechergui, qui en comptabilise une dizaine sur les 40.000 plongées annuelles. « Le risque est de ne pas assez désaturer l’azote de plongées dites « saturantes » et de bloquer la circulation sanguine vers les organes. » D’où la nécessité de remonter par palier. Dans le cas contraire, les atteintes neurologiques peuvent être terribles. Il faut alors déboucher et réparer les conséquences de l’obstruction.

400 patients atteints de la drépanocytose

Depuis sa mise en place en 2011, l’unité connaît un fonctionnement exponentiel et affiche aujourd’hui un taux de remplissage de l’ordre de 100%. Cerise sur le gâteau, elle vient de recevoir l’aval la semaine dernière du comité de protection des personnes Sud-Ouest et Outre-mer pour mener une étude expérimentale sur la drépanocytose, une maladie héréditaire du globule rouge très présente dans le 101ème département. Avec plus de 400 patients sur l’île, Karim Mechergui espère en inclure une centaine dès l’an prochain. « Il faut nous concentrer sur une étude dite double aveugle pour rentrer dans le consensus scientifique et nous apporter du crédit pour avoir une reconnaissance internationale. Ensuite, nous essaierons d’affiner la table pour trouver l’équilibre entre la pression et la durée de la séance », détaille l’expert, qui a reçu un appui financier du CHM, pour notamment embaucher un attaché de recherche clinique, mais aussi une bourse de recherche de la société savante MedSubHyp pour en apprendre davantage sur cette crise vaso-occlusive.

Et visiblement, Karim Mechergui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin à l’horizon de l’année 2021. « Nous espérons avoir les moyens humains et financiers pour avoir une activité 5 jours sur 7 pour les patients chroniques, contre 3 pour le moment. » Et surtout, le médecin aspire à mettre l’accent sur la prévention et à développer le suivi en ambulatoire. « L’équipe mobile du CHM va très prochainement faire de l’éducation thérapeutique. » En attendant de bénéficier d’une véritable unité de médecine hyperbare avec une infirmière formée, une diététicienne, un ergothérapeute, un kinésithérapeute et une cuisinière pour sensibiliser et éduquer ses patients… Mais aussi d’une rénovation de l’infrastructure comprenant une nouvelle chambre hyperbare dimensionnée pour répondre aux besoins croissants, estimée à 1.5 million d’euros.

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