Confinement semaine 4 à Mayotte : les associations écoulent doucement leurs bons mais les listes s’allongent

À lire également

Au service réanimation du CHM de Mayotte, “on bouffe du Covid, matin, midi, et soir”

À l’hôpital, les effets de la seconde vague se font ressentir avec une force inédite. Et ce malgré les évacuations sanitaires vers La Réunion,...

Un grand soulagement pour les restaurateurs de Mayotte

Le dispositif annoncé par le préfet Jean François Colombet vendredi dernier est accueilli de manière très positive par les restaurateurs de l’île. Ils ont...

Week-end sous haute tension au centre hospitalier de Mayotte

Le centre hospitalier de Mayotte vient de vivre deux jours critiques et s'est retrouvé au bord de la rupture. Si le personnel soignant a...

Deux semaines d’effort pour éviter le reconfinement à Mayotte

Ses annonces étaient très attendues par les Mahorais. Le préfet Jean-François Colombet a précisé vendredi dernier que Mayotte ne sera pas reconfinée. Un dispositif...

Gestes barrières obligent, la prudence est de mise pour donner aux bénéficiaires les précieux bons alimentaires d’urgence. Mais alors que le confinement a été prolongé de deux semaines, les nouveaux candidats continuent d’affluer.

Il est à peine 9h, et une première femme signe déjà la liste pour récupérer ses deux bons alimentaires. Ce mardi, l’association Mouvement pour une alternative non violente (MAN) océan Indien organisait une nouvelle distribution à M’Tsapéré. “On en a distribué 100 ici la semaine dernière, ça représente 50 familles”, retrace Cyndie Pernet, la gestionnaire de l’association. En tout, sur les trois secteurs de Mamoudzou où il est présent, le MAN a écoulé quelque 600 bons de vingt euros. Un peu plus de la moitié de son stock, livré par la Direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DJSCS), il y a environ deux semaines. Et une goutte d’eau dans l’océan, tant les besoins sont criants sur l’île aux parfums.

Alors que le confinement a été décrété il y maintenant près de quatre semaines, le dispositif d’aide alimentaire d’urgence a connu quelques retards à l’allumage. Le 18 février dernier, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et le ministre de la Santé Olivier Véran avaient annoncé en ce sens un soutien de 1,6 million d’euros pour une période de trois mois à Mayotte. Un dispositif, précise le communiqué, piloté par la préfecture en lien avec les collectivités locales et les associations. “C’est un dossier qui roule ! En tout cas, les budgets sont considérables, le sujet n’est pas financier”, se satisfait aujourd’hui Jérôme Millet, le sous-préfet et secrétaire général adjoint à la préfecture.

 

“Les gens attendent aussi”

 

Ça roule, mais doucement quand même. Après quelques accrocs entre l’Union départementale des centres communaux d’action sociale (UDCCAS) et la Case Rocher, ce sont finalement quatorze associations qui se départagent le territoire, avec le soutien, ou non des CCAS. Tout dépend, en réalité, des mairies qui avaient le choix de signer la convention avec l’État en vue d’organiser l’aide alimentaire. “Finalement, nous, on a fait sans, parce que pendant qu’on attend la convention, les gens attendent aussi”, explique Cyndie Pernet. Désormais, à Mamoudzou, son association gère les quartiers de Cavani et M’Tsapéré. Avec Koungou, le MAN organise des distributions dans trois secteurs.

 

Respect des gestes barrières

 

Et sur place aussi, les choses prennent du temps, covid oblige. “Kavou masque, kavou bon !”, sourit un membre de l’association à destination des nouveaux arrivants. “Distance !”, s’exclame Cyndie Pernet depuis le haut des marches, au-dessus de la petite place ensoleillée. Force est de constater que la consigne passe. Contrairement aux scènes d’attroupements qui avaient pu être constatées lors du premier confinement, en mars-avril 2020, pendant des distributions de denrées alimentaires, ici, pas de foule ni de cohue au-dessus de la table installée par le MAN. “Vous signez avec ce stylo, pour respecter les gestes barrières”, indique-t-on à l’une des bénéficiaires.

Avec ça, je vais pouvoir acheter du riz, des mabawas, des pâtes et du lait pour mon bébé d’un an”, énumère Mami, une bénéficiaire, qui vit avec sept enfants dans le quartier de Mandzarisoa à Mamoudzou. Dans sa pochette, la mère de famille a soigneusement rangé ses papiers d’identité et les actes de naissance de ses enfants. Indispensables pour espérer repartir avec ses deux tickets de vingt euros, qui peuvent être dépensés dans les enseignes Sodifram, Sodicash, Baobab, Hyper Discount, et Jéjé.

 

Cinquante bénéficiaires sur la matinée

 

Comme elle, ce mardi, ils sont une cinquantaine à avoir apposé leur signature pour récupérer le précieux sésame. Les bénéficiaires sont appelés directement le jour J, “pour éviter les attroupements” précise Guilhem, un jeune service civique de l’association. “Mais cela prend plus de temps, et à ce rythme-là, nous allons devoir revenir encore trois ou quatre fois !”, souffle-t-il en tournant les pages de la longue liste qu’il tient entre ses mains.

J’ai une liste d’au moins 1.500 familles”, chiffre Cyndie Pernet qui se base sur les maraudes effectuées dans les trois secteurs à sa charge, en amont des distributions. “Aujourd’hui, nous avons de quoi donner à environ 200 familles par secteur, alors que nous en avions recensées plutôt 500. Pour faire face à l’urgence, j’ai fait un tri pour privilégier ceux qui avaient le plus d’enfants”, expose-t-elle. Et c’est sans compter ceux qui s’ajoutent, chaque jour, aux listes initiales… “C’est ici les bons ? Vous n’êtes pas venus chez moi pour m’inscrire”, s’étonne ainsi une habitante de M’Tsapéré. Dans le département le plus pauvre de France, le confinement s’étire. Les listes des publics précaires aussi.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte hebdo N°951

Le journal des jeunes

À la Une

La nouvelle stratégie de la ville de Mamoudzou pour renforcer sa lutte contre l’insécurité

Ambdilwahedou Soumaïla, le maire de Mamoudzou, Yann Le Bris, le procureur de la République et les représentants de l’État ont officiellement installé le conseil...

Économie bleue à Mayotte : une stratégie et des ambitions à concrétiser pour éviter le coup d’épée dans l’eau

Ce mardi 13 avril se déroulait le comité de pilotage final de restitution de la stratégie de développement de l'économie bleue de Mayotte. Trois...

La Nuit du Doute : une soirée d’attente pour les musulmans de Mayotte

Les deux nuits précédant le ramadan à Mayotte sont toujours particulières. Le début du mois de jeûne étant indiqué par la lune, la date...

“On restera là jusqu’à ce qu’on voie nos noms sur le panneau” : les demandeurs d’asile manifestent devant le tribunal administratif de Mayotte

Alors qu’ils ont formé un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) depuis de longs mois, des demandeurs d’asile originaires de plusieurs...

Hommage à Miki : élèves et parents demandent plus de sécurité aux abords du lycée du Nord

Élèves, parents, personnels éducatif et administratif, membres du rectorat mais aussi autorités civiles, politiques et religieuses étaient réunis ce lundi à la cité du...