Ramlati Ali : « Le gouvernement n’a pas découragé Air France, la discussion est en cours »

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Piste longue, non-venue d’Air France, campus connecté, grève des sages-femmes. Au cours de la dernière semaine, la député de la majorité, Ramlati Ali, a suivi de près l’actualité qui touche le 101ème département. Elle revient pour Flash Infos sur ces dossiers chauds qu’elle porte sur tous les fronts. Entretien.

Flash Infos : Vendredi dernier, vous avez rencontré un manager senior associé mandaté par la direction générale de l’aviation civile (DGAC) pour une concertation de suivi post débat public dans le cadre de la réalisation de la piste longue de l’aéroport de Mayotte. Qu’est-il ressorti de votre entretien ?

Ramlati Ali : Cette personne mandatée par la DGAC a pour mission d’étudier la faisabilité de la piste longue. J’avais demandé sur mon compte Facebook l’avis des internautes pour connaître leurs désidératas sur ce sujet. À Mayotte, les habitants ont l’impression que nous avons repris des études. Mais ce n’est absolument pas le cas. Nous sommes dans la prolongation et l’actualisation de ce qui a été fait par le passé. Par rapport à tout cela, on m’a confirmé que nous étions dans la continuité. Nous n’en sommes plus à nous demander si nous allons la faire ou non, mais plutôt dans quelles conditions nous allons la construire !

Avant même que nous parlions de volcan, de séismes, de risques tsunamiques, j’ai toujours été dans l’optique de voir cette piste sur pilotis. Il faut que la population s’implique dans le processus pour que nous puissions désormais nous tourner vers les matériaux à utiliser en cas de remblais. Encore plus aujourd’hui qu’hier, cette option est la meilleure façon de surélever la piste par rapport au niveau de la mer.

FI : Lundi, nous avons appris, par la voix de Mansour Kamardine, la non-venue d’Air France à Mayotte. Depuis le début de semaine, difficile de démêler le vrai du faux. Quelles sont vos informations à ce sujet ?

R. A. : Comme tout le monde, j’ai regardé le journal qui disait qu’Air France ne venait pas officiellement à Mayotte. J’ai officieusement interrogé les uns et les autres. Tout ce que je peux vous dire à ce jour c’est que rien n’a été décidé, ni dans un sens ni dans l’autre. Hier [mercredi], j’ai sollicité les ministères des Outre-mer et des Transports pour leur dire qu’ils ne pouvaient pas mentir aux Mahorais sachant que le président de la République, Emmanuel Macron, s’est engagé en octobre 2019 à ouvrir le ciel mahorais à la concurrence. Même si je suis de la majorité présidentielle, je ne peux pas cautionner cette manière de procéder. Alors pour l’instant, on m’a certifié qu’il n’y avait pas de décision prise. C’est un peu le statu-quo. Une chose est sûre : le gouvernement n’a pas découragé Air France, la discussion est en cours.

FI : En tant que première femme médecin mahoraise, vous avez tout naturellement apporté votre soutien aux sages-femmes qui ont manifesté ce mercredi. Comment comptez-vous porter leurs doléances au plus haut sommet de l’État pour qu’elles se fassent entendre ?

R. A. : J’ai déjà commencé à les soutenir par le passé à la suite d’une demande de rendez-vous. Je n’ai pas eu besoin de cette nouvelle grève pour comprendre ce qu’il se passe, étant du milieu. Les sages-femmes se retrouvent entre deux fonctions : paramédicales et médicales. Aujourd’hui, ce corps médical n’a de médical que le nom. Donc j’ai immédiatement alerté le ministère de la Santé et j’ai eu une audience assez longue avec le syndicat. Je vais de nouveau saisir le ministère pour rappeler et porter leurs doléances. Disons que cela suit son cours.

FI : Dans la même journée, vous vous êtes entretenue avec la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, pour évoquer le campus connecté, présenté ce mardi par le rectorat…

R. A. : (elle coupe). Je ne l’ai pas rencontrée hier [mercredi]. C’est une photo d’archive qui remonte à 2019 et que mon attachée parlementaire a republié (sourire). Ce jour-là, nous avions parlé avec la ministre de l’université de plein exercice à Mayotte et de la mise en place du Crous. Et j’en avais profité pour évoquer l’idée du campus connecté dans le but d’accompagner les étudiants, en attendant que les autres dossiers prennent forme.

J’avais fait cette demande et la réponse à l’époque était de sonder la collectivité support, qui est la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou et le vice-rectorat pour être sûr que des étudiants mahorais aillent vers cette voie. L’idée était de ne pas nous retrouver comme à Saint-Pierre-et-Miquelon où les étudiants n’en voulaient pas. Ce travail de terrain, je l’ai fait, j’en suis à l’origine ! J’ai travaillé sur ce dispositif avec le recteur, Gilles Halbout, qui a eu une très bonne écoute.

FI : Le mois prochain doit se tenir, sauf retournement de situation, les élections départementales. Mansour Kamardine, le député LR, a expliqué sa volonté de se présenter comme chef de file pour revenir à un mandat local qui lui semble plus proche de la réalité du terrain. Quel est votre regard sur ce scrutin dont l’importance n’est plus à prouver à Mayotte ?

R. A. : Il est vrai que les mandats locaux ont un vrai pouvoir décisionnel. Mais au Département, il faut être président pour avoir la mainmise sur le développement du territoire. Quand mon collègue, Mansour Kamardine, explique que c’est plus concret, je le comprends. À Mayotte, les habitants ne comprennent pas forcément le travail des uns et des autres, qu’ils soient maires, parlementaires ou conseillers départementaux. Par exemple, on me reproche souvent les problèmes d’insécurité, alors qu’ils sont du ressort de l’État et des collectivités !

À ce niveau-là, avoir quelqu’un qui est au clair par rapport à tout cela, c’est très bien. Mais de l’extérieur, entendre que certains sont candidats à la présidence m’amuse un peu car il s’agit d’un scrutin binominal mixte majoritaire à deux tours… Il faut vite passer à la proportionnelle pour élire un projet pour le territoire. C’est ce que nous avons demandé avec les quatre parlementaires, le président du conseil départemental et le président de l’association des maires.

Nous le voyons bien, la décentralisation a commencé par le Département en 2004, puis les communes en 2008. Or, ces dernières marchent mieux car les élections municipales sont plus concrètes aux yeux des électeurs ! Nous votons pour un programme et un chef de file. Le projet de loi Mayotte doit commencer par cela… Pour que nous puissions avoir un vrai projet pour le territoire.

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