Munia Dinouraini, une benjamine prête à redistribuer les cartes de la politique

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C’est une idée on ne peut plus originale qui a émergé dans la tête d’un amoureux des danses traditionnelles locales. Mansour Ramia est à l’origine de Moovafrica, un programme de sport basé sur les danses de chez nous. Le concept est adopté à l’international par des centaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, le fondateur a besoin de passer à l’étape supérieure, mais le parcours n’est pas de tout repos.

Julien Kerdoncuf, sous-préfet à Mayotte en charge de la lutte contre l’immigration clandestine : “Nous n’avons pas constaté d’arrivées de kwassas liés au Covid”

Alors que l’épidémie de Covid-19 continue sa propagation à Mayotte et que le flou règne sur la situation sanitaire en Union des Comores, la LIC se poursuit, d’ailleurs amplifiée pour limiter l’impact que pourrait avoir l’importation de nouveaux cas sur le territoire. Pour autant, après une baisse, les arrivées de kwassas tendent à reprendre depuis quelques jours, sans qu’elles ne soient a priori imputables au Covid-19. Le point avec Julien Kerdoncuf, sous-préfet délégué à la lutte contre l’immigration clandestine. 

Discorde à la mairie de Mamoudzou

Rien ne va plus à la mairie de Mamoudzou. L’opposition sort les griffes via un courrier envoyé le 23 avril, demandant au maire de réunir les conseillers municipaux. Le courrier signé par neuf d’entre eux pointe du doigt la politique de la mairie pendant la crise sanitaire. L’équipe du maire Mohamed Majani dénonce un coup politique.

Commission d’enquête : D. Voynet dézingue « les décisions brutales et imposées » à Mayotte

Auditionnée ce mercredi 22 juillet par la commission d’enquête pour l’évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies à la lumière de la crise sanitaire de la Covid-19 et de sa gestion, Dominique Voynet, la directrice de l’agence régionale de santé, n’a pas mâché ses mots au moment d’évoquer les principales difficultés rencontrées sur le territoire. Florilège de ses déclarations croustillantes qui risquent de faire jaser à Paris. 

Novice en politique, la benjamine de 27 ans du nouveau conseil municipal de Mamoudzou, membre de la majorité, ne veut pas faire de la figuration au cours des six prochaines années. Au contraire, elle compte bien jouer des coudes pour se faire entendre et défendre ses dossiers avec hargne. Portrait d’une enfant de M’Tsapéré, prédestinée à un tel engagement. 

12h30. Munia Dinouraini pousse la porte de la BRED. Sa longue chevelure s’envole dans la bourrasque de l’appel d’air, tandis que son large sourire, pigmenté d’un rouge à lèvre, rayonne depuis l’obscurité. « N’oubliez pas le gel hydroalcoolique à l’entrée », signale la responsable clientèle particulier, tout en se rendant en direction de son bureau. Du haut de ses 27 ans, la benjamine du nouveau conseil municipal de Mamoudzou dégage une certaine aisance et une assurance déconcertante à l’heure de son « premier entretien » post-élection, mais aussi une ressemblance frappante avec Michelle Obama dans son tailleur bleu. Des vertus qui expliquent peut-être la nouvelle corde à son arc ? Pas vraiment. « Cette fibre politique », comme elle aime le répéter, elle la tisse depuis bien plus longtemps. Revenue sur son île natale en juin 2018 pour passer les vacances, la jeune diplômée de l’ESSEC, la grande école de commerce de Cergy, doit repartir quelques semaines plus tard pour travailler dans le consulting à Londres. Mais une réflexion auprès des siens chamboule alors ses plans professionnels. « Mon père m’a expliqué que pour devenir quelqu’un, il faut être chez soi. Il est important d’avoir la reconnaissance de ses pairs et de pouvoir participer au développement de son territoire. » Ce discours sonne alors comme une évidence pour Munia Dinouraini. « À partir de là, j’ai eu cette envie de m’engager en politique. » Une volonté également nourrit par son appétence pour l’essayiste américain, Anthony Robbins, dont les ouvrages lui permettent de « m’améliorer en tant que personne ». Profondément intéressée par le développement personnel, elle considère que « la vision du bonheur est la contribution à autrui, le sentiment d’avoir pu aider sa communauté ». L’essence même de l’engagement politique en soi. 

Elle s’engage alors aux côtés de M’Colo Mainty Dhinouraine et rejoint le Mouvement pour le Développement de Mayotte. Là voilà propulsée en deuxième position sur la liste du candidat à la mairie. Son âge ? « Un atout », rétorque-t-elle du tac au tac. « Le MDM s’est très peu renouvelé ces dernières années. Depuis le combat pour la départementalisation, il avait du mal à trouver un nouveau souffle. Avec Soiyinri Mhoudoir, l’autre « jeune », on nous a tout de suite offert la possibilité de prendre la parole durant les meetings », souligne celle qui a participé à la gestion de la communication au cours de la campagne. Une manière pour le parti de redorer son blason, englué dans des tensions internes depuis de longs mois, mais aussi de préparer les prochains scrutins, en plaçant ses nouveaux talents sur le devant de la scène. L’entre-deux-tours marque le ralliement du MDM au LR d’Ambdilwahedou Soumaila. Une coalition qui ne freine pas les ardeurs de Munia Dinouraini. Figure marquante, elle devient officiellement adjointe lors de l’investiture de dimanche dernier. 

Les finances ou l’insertion dans son viseur 

Moins d’une semaine plus tard, il est encore trop tôt pour connaître son futur rôle au sein de la municipalité. « J’ai envoyé mes délégations de prédilection », sourit l’ancienne responsable achat chez Bourbon distribution. Et tout naturellement, son regard se pose sur un poste « très prisé », à savoir les finances. Une attribution qui peut coller à son parcours estudiantin, marqué par la gestion et le marketing international, qui lui a notamment fait découvrir Singapour. L’autre domaine qui l’attire tout autant ? L’insertion des jeunes, avec qui elle a longuement échangé au cours des derniers mois. « L’oisiveté extrême dans laquelle ils sont m’a vraiment touché ! » Pour leur venir en aide, il lui apparaît nécessaire de subventionner des centres dédiés, pour former aux métiers du sport, de l’art et de la culture dans l’optique de « pouvoir en faire des champions », et d’insister sur la formation. Une ambition qui demande énormément de moyens… « L’idée serait d’être épaulée par une structure pour monter ces dossiers d’envergure et qui ne serait là que pour chercher des financement, tels que le fonds social européen. » D’ici là, elle réfléchit déjà à créer une association dans ce sens-là. 

Ambitieuse, Munia Dinouraini veut aller vite et loin, quitte à bouger l’échiquier politique. « S’il faut que je tape à la porte des personnes concernées pour que mes projets aboutissent, j’irai sans problème. Je les défendrai avec hargne ! », insiste l’habitante originaire du quartier de Mandzarisoa à M’Tsapéré. Travailleuse, elle souhaite marquer son territoire dès le début pour ne pas se faire marcher sur les pieds, quitte à aménager ses horaires à la banque populaire pour s’investir à 100% dans ses nouvelles fonctions. « Ambdil porte beaucoup d’espoir sur moi, je n’ai pas envie de le décevoir », souligne l’aînée d’une fratrie de sept enfants, qui a conscience de la pression sur ses épaules. « Il faut que je redouble d’effort pour démontrer que je mérite ma place. » Et à ce petit jeu-là, pas question de faire les choses à moitié. Celle qui se définit comme carriériste veut être une élue de proximité et surtout à l’écoute de ses administrés. « Je ne vais pas fermer ma porte à double tours ou changer de numéro. » Au contraire : « Mon apparence et mon âge pourraient donner l’impression que je ne compte pas m’investir. Je vais travailler sur mon image pour faire en sorte que je sois respectée à ma juste valeur ! » Une poigne de fer dans un gant de velours ?!

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