Discorde à la mairie de Mamoudzou

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Rien ne va plus à la mairie de Mamoudzou. L’opposition sort les griffes via un courrier envoyé le 23 avril, demandant au maire de réunir les conseillers municipaux. Le courrier signé par neuf d’entre eux pointe du doigt la politique de la mairie pendant la crise sanitaire. L’équipe du maire Mohamed Majani dénonce un coup politique.

Neuf conseillers municipaux de la commune de Mamoudzou (Abdourahamane Soilihi, Bacar Ali Boto, Assane Mohamed, Arkaddine Abdoulwassion, Mariame Said, Ambdilwahedou Soumaila, Moina-Fatima Ibrahim, Ben Youssouf Chihaboudine et Djamila Harouna), demandent au maire du chef-lieu de leur rendre des comptes. Dans un courrier de trois pages, ils énumèrent les dysfonctionnements constatés depuis le début du confinement. L’équipe du maire est rapidement montée au créneau et affirme que ce courrier a une tout autre fin. “Nos adversaires ne pensent en aucun moment à la population ni à ce que Mamoudzou traverse. Ils sont purement dans des calculs politiques”, clame Nassuf Eddine Daroueche, adjoint au maire, délégué à la sécurité. “Nous sommes des responsables politiques il est donc normal que nous fassions de la politique. De quoi ont-ils peur ?”, riposte Ambdilwahedou Soumaila, conseiller municipal de l’opposition et signataire de la lettre. Les signataires reprochent au maire de Mamoudzou de ne jamais les tenir informés des décisions qu’il prend. Dans une ordonnance du 1er avril 2020, l’exécutif donne les pleins pouvoirs au maire. Il l’autorise à prendre des décisions sans consulter le conseil municipal pendant la période de crise. Mais selon l’opposition de Mohamed Majani, ce dernier n’appliquerait que la partie qui l’arrange. “Certes il n’est pas obligé de nous consulter avant de prendre une décision, mais la même ordonnance indique qu’il faut que le maire informe ses conseillers municipaux des décisions prises. Chose qu’il ne le fait. Je découvre les informations sur les réseaux sociaux”, s’indigne Ambdilwahedou Soumaila. Alors après avoir réuni suffisamment de personnes à leur cause, les membres de l’opposition ont décidé de riposter. La même ordonnance permet à 1/5ème des conseillers municipaux de saisir le maire, et leurs pouvoirs ne sont pas sans conséquence. L’assemblée délibérante peut mettre un terme à tout ou partie à la délégation du maire. Raison pour laquelle les conseillers municipaux demandent une réunion. L’équipe de Mohamed Majani n’ignore pas ce risque. “Ces gens sont machiavéliques. La finalité de cette réunion du conseil municipal est de retirer la délégation de pouvoir au maire et ainsi bloquer l’administration pendant un bon moment”, indique l’adjoint au maire délégué à la sécurité.

“Le maire a fait le choix d’être invisible, mais on a envie d’être présents pour la population”

“Nous constatons tous les jours que l’administration communale peine à faire respecter les mesures de confinement sur l’ensemble du territoire communal, en particulier le couvre-feu”, peut-on lire dans la lettre envoyée. Une accusation contestée par Nassuf Eddine Daroueche. “L’ensemble des agents de la police municipale sont mobilisés sur le terrain. Nous avons fait ce qui relève de notre compétence. Nous avons fait venir un drone pour sensibiliser la population dans des quartiers inaccessibles”, rappelle-t-il.

Confrontée aux dérives liées à la gestion de la crise, notamment des distributions de colis alimentaires qui ont provoqué des émeutes, la mairie de Mamoudzou se dédouane. “Nous avions en face de nous une opposition de circonstance qui veut simplement nous décrédibiliser. Les bons alimentaires sont ceux du CCAS, et les colis alimentaires n’ont pas été distribués par la mairie, mais par le CCAS”, indique l’adjoint au maire, délégué à la sécurité. L’opposition s’inquiète également des regroupements des jeunes le soir pour un mrengué par exemple, ou des marchés informels qui persistent. À cela l’adjoint au maire répond qu’ils “ne peuvent pas mettre un policier derrière chaque citoyen. Il faut que les gens se responsabilisent et se rendent compte que cette maladie peut toucher tout le monde.”

À l’approche de la date fatidique du 11 mai, la mairie de Mamoudzou affirme mettre tout en oeuvre pour que le déconfinement se passe dans les meilleures conditions. “La Cadema a commandé 20.000 masques. On donnera une partie aux écoles. Nous avons également commandé 1.500 litres de gels hydroalcooliques pour les écoles de Mamoudzou, uniquement pour la rentrée”, révèle Nassuf Eddine Daroueche. Les écoles seront également désinfectées et les points d’eau seront multipliés. “Tout cela a été financé par des fonds propres à la mairie”, précise-t-il. Malgré tout, l’opposition n’en démord pas, et a l’intention d’aller jusqu’au bout de leur procédure. “Le maire a fait le choix d’être invisible, mais nous, on a envie d’être présents pour la population”, conclut Ambdilwahedou Soumaila.

 

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