Grève du 5 novembre : plusieurs rassemblements annoncés et des appels à barrages

Après plusieurs semaines de mobilisation dans les établissements scolaires, puis une accalmie pendant les vacances de la Toussaint, la contestation pourrait reprendre de l’ampleur à Mayotte ce jeudi 5 novembre. Un appel à la grève dans les secteurs public et privé, un rassemblement devant le rectorat et des barrages annoncés à plusieurs endroits de l’île sont au programme. En toile de fond, une journée nationale de mobilisation contre la vie chère, la stagnation des salaires et les économies prévues dans le budget 2027.

À quoi faut-il s’attendre ce jeudi à Mayotte ? Alors que les syndicats appellent à une mobilisation nationale de l’ensemble du monde du travail, plusieurs initiatives locales invitent à rejoindre le mouvement. Dans un tract diffusé en français, shimaoré, shingazidja et malgache, les organisations appellent les lycéens, les étudiants et les travailleurs du public comme du privé à faire grève et à se mobiliser.

La CGT Éduc’action Mayotte a notamment communiqué plusieurs lieux de rassemblement. Dans le Nord, un rendez-vous est fixé dès 8h au carrefour Milou. Dans le Sud, les manifestants sont attendus au carrefour de Chirongui, au niveau du marché, également à partir de 8h. Les deux rassemblements doivent ensuite converger vers le rectorat à Mamoudzou, où un rendez-vous est annoncé à 9h30.

Les revendications locales portent sur la hausse des salaires, l’amélioration des conditions de travail et le renforcement des services publics. La CGT Éduc’action place notamment l’éducation au cœur de la mobilisation, réclamant un plan d’urgence pour rénover les établissements, créer des postes et améliorer l’accueil des élèves. Elle demande également le retour de Mayotte dans l’éducation prioritaire et dénonce des annonces gouvernementales qu’elle juge insuffisantes, voire inadaptées aux réalités du département.

Des appels à barrages relayés sur les réseaux sociaux

En parallèle des appels syndicaux, un visuel diffusé sur les réseaux sociaux sous le slogan “Mayotte, peuple debout” invite à bloquer le territoire. Six points de barrage potentiels y sont mentionnés : Nguezy, le carrefour de Chiconi, le carrefour Milou, le rond-point de Longoni, celui de Tsararano et le rond-point de Dzoumogné.

Cet appel entend mobiliser contre plusieurs difficultés quotidiennes : la vie chère, l’insécurité, le manque d’eau, la hausse des prix de l’énergie et le manque d’infrastructures. Ses auteurs présentent l’initiative comme un “mouvement populaire”, à distance des responsables politiques. Reste à savoir si cet appel sera suivi et si les blocages seront effectivement mis en place jeudi.

Une mobilisation qui dépasse le seul cadre de l’Éducation

À l’échelle nationale, cette journée s’inscrit dans un mouvement lancé début octobre par une intersyndicale réunissant notamment la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU. L’ensemble des organisations syndicales a depuis rejoint l’appel. Particularité de cette mobilisation : elle concerne aussi bien les salariés du privé que les agents du public, auxquels s’ajoutent les organisations lycéennes et étudiantes.

Les syndicats entendent notamment obtenir des augmentations de salaires dans toutes les entreprises et les branches, une revalorisation du Smic, des pensions de retraite et du point d’indice des fonctionnaires. Ils dénoncent également les mesures d’économies inscrites dans le projet de budget 2027, qu’ils jugent particulièrement défavorables aux ménages les plus modestes et aux services publics.

Figurent parmi les autres revendications le renforcement des moyens consacrés à l’éducation, à la santé et à l’accompagnement des personnes âgées, mais aussi davantage de justice fiscale, avec une taxation accrue des patrimoines, des héritages et des dividendes.

Après plusieurs semaines de manifestations, les syndicats espèrent désormais élargir la contestation aux entreprises et aux administrations.

Du côté de Mayotte, Rivo Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976, reste prudent sur l’ampleur de la mobilisation attendue. Selon lui, une participation de 25 à 30 % de grévistes dans le secteur de l’Éducation constituerait déjà un résultat satisfaisant.

Cette journée du 5 novembre permettra surtout de mesurer si les différents appels parviennent à converger et à mobiliser au-delà du seul secteur éducatif.

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Victore Diwisch

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