Comores : trois militaires jugés pour vol de carburant à Mohéli

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Affectés sur l’île de Mohéli après leur formation, les hommes en treillis qui risquent jusqu’à un an de prison ferme sont en fait les agents censés assurer la sécurité du dépôt de la société comorienne des hydrocarbures, où le vol s’est produit.

L’information a été révélée pour la première fois par le média en ligne Mohéli Matin, très informé sur l’actualité de l’île. Vendredi, celui-ci rapportait sur sa page Facebook l’arrestation de militaires, auteurs présumés de vol de carburant et confirmaient leur placement en détention provisoire à la prison de Badjo, connue pour sa porosité, par rapport aux autres maisons correctionnelles des îles sœurs. Renvoyé devant le tribunal de flagrant délit, le dossier a été jugé le 25 septembre vers 12h. Aucun prévenu n’était défendu par un avocat.

Mais selon les éléments qui nous ont été communiqués, le parquet de Fomboni a requis une peine d’un an d’incarcération dont deux mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 30 000 francs, soit à peu près 60 euros. La peine d’emprisonnement concerne les trois militaires et leur complice chauffeur. Pour les deux autres suspects cités par les principaux auteurs, le ministère public a estimé que leur implication n’était pas établie et a demandé la relaxe. Le délibéré est attendu le 30 septembre.

À Mohéli, les autorités en collaboration avec le parquet, les forces de l’ordre, les services d’écoute ont mis en place des comités qui surveillent les localités et luttent contre la délinquance, notamment. Le vol lui remonterait à la nuit du 19 au 20 septembre. Ce soir-là, une équipe du comité villageois faisait sa ronde habituelle quand elle aperçoit une voiture et du mouvement près du dépôt local de la société comorienne des hydrocarbures (Sch). « Tout de suite, ils comprennent que quelque chose de louche se préparait. La gendarmerie est appelée en renfort mais le conducteur avait pris la poudre d’escampette en abandonnant le véhicule. En s’approchant, les patrouilleurs du comité retrouvent des bidons dans un caniveau et décident de ne pas quitter les parages« , a raconté notre source.

Rattrapé à l’aube

Selon elle, c’est finalement à l’aube que le chauffeur revient dans l’espoir de repartir avec son véhicule sans se douter qu’il était attendu de pied ferme. « Il sera arrêté et conduit à la gendarmerie. C’est grâce à l’enquête que les autres noms ont été révélés« , a poursuivi notre source qui nous apprend qu’en tout 6 personnes ont comparu. Parmi ces prévenus, 3 militaires, qui ont dénoncé un ancien autre militaire le désignant comme un présumé complice. Un ex-employé de la société des hydrocarbures à la retraite ainsi que le chauffeur avaient tous été déférés au parquet, vendredi.

Devant le président du tribunal, les militaires reconnaissent avoir réalisé deux coups. La première fois ils auraient dérobé 3 bidons de 20 litres chacun. Pour l’opération du 19 septembre, seulement 7 bidons remplis de carburant ont été retrouvés. Soit un butin de 140 litres. « Pendant l’audience, les prévenus disent avoir aperçu des gouttes de carburant couler près d’une citerne et se sont précipités pour s’approvisionner. Pour ce qui est des autres prévenus cités, il s’est avéré qu’aucun lien n’existait en fait. Les trois principaux suspects ne voulaient pas tomber seuls et ont décidé de mentionner des noms comme l’ancien agent de la société des hydrocarbures« , a indiqué une personne ayant assisté à l’audience. « Il y a surtout une situation aggravante car ces militaires sont censés sécuriser les biens du dépôt de la Sch. Au lieu de ça, on découvre qu’ils participent au vol« , a déploré une source judiciaire révélant que tous les prévenus étaient poursuivis pour vol, infraction réprimée dans les articles 360 et 364 du code pénal.

Précarité ?

À l’issue de l’audience du 25 septembre, le tribunal a levé les mandats de dépôt du quatrième militaire et de ‘l’employé de la Sch retraité. Alors que l’armée nationale de développement (And) a lancé une campagne de recrutement à travers le pays, cette affaire relance le débat sur la précarité des nouvelles recrues, qui toucheraient selon certains 120 euros. Une somme jugée insuffisante qui rend vulnérable les jeunes engagés dans l’armée. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles des militaires qui partent en mission à l’extérieur désertent et s’installent. Le dernier exemple en date est l’opération Papangue 26 qui se déroulait sur l’île de la Réunion, au mois de mars. Au moins 7 militaires comoriens avaient pris la fuite, demandant par la suite l’asile évoquant des raisons de sécurité s’ils étaient expulsés. Un argument qui n’a pas convaincu le tribunal administratif de Saint-Denis lequel a rejeté la demande d’asile d’un militaire de 29 ans, disparu pendant l’exercice Papangue. Le déserteur a été renvoyé aux Comores le mois dernier.

Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??

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