Hôtel résidence le maki

Soulaïmana Moussa, au chevet de l’hygiène alimentaire

Après plusieurs années passées en métropole à se former dans l’industrie, Soulaïmana Moussa a choisi de rentrer à Mayotte. À Hamjago (M’tsamboro), il souhaite transformer son expérience en un combat quotidien : faire de la sécurité alimentaire et de l’hygiène une priorité sur l’île.

Lunettes carrées sur le nez, Soulaïmana Moussa accueille ses visiteurs dans sa boutique, à Hamjago. l’entrepreneur parle volontiers de son activité, mais sa véritable passion est ailleurs : conseiller les entreprises et les accompagner sur les questions de sécurité alimentaire. Une vocation née après plusieurs années de formation et de travail en métropole.

Son parcours commence au lycée agricole de Mayotte, après un CAP agricole. Puis vient le départ pour la métropole et un bac professionnel Production en industries pharmaceutiques, alimentaires et cosmétiques. Une orientation qu’il n’avait pas vraiment choisie. « Je n’avais pas forcément choisi. Ma sœur faisait ses études dans ce domaine, elle m’a orienté. Elle pensait que c’était le mieux pour moi. »

De Mayotte à la métropole, apprendre à ne pas abandonner

Le changement est brutal. « J’ai subi le décalage. La bio-industrie est très physique. » Soulaïmana Moussa connaît des difficultés, mais s’accroche et obtient son diplôme. À Nantes, un BTS Sciences et technologies des aliments à Angoulême. Une licence en équivalence complète sa formation.

Il travaille ensuite dans plusieurs entreprises de métropole, notamment dans l’industrie cosmétique et la production. Ces années lui permettent d’acquérir une expérience qu’il entend un jour mettre au service de son territoire. Car malgré les difficultés, il garde un objectif en tête : rentrer à Mayotte. « Peu importe l’année que ça me prendra, je reviendrai à Mayotte avec un bagage que je pourrai faire valoir », s’était-il promis.

Lorsqu’il revient, son regard sur l’île a changé. Dès ses premiers jours, un détail le frappe. « Le premier jour où je suis arrivé à Mayotte, j’ai mangé dans un endroit. Ce qui m’a interpellé, c’est l’hygiène. »

Il commence alors à s’interroger sur les pratiques dans les commerces et les restaurants. « Je me suis dit que ce milieu-là n’était pas pris en considération. Il faut que je mène un combat là-dessus : développer l’hygiène dans les locaux et la restauration. »

Faire de l’hygiène un combat personnel

Depuis 2024, Soulaïmana Moussa développe son activité autour de la formation, du conseil et de l’accompagnement des professionnels. Lavage des mains, nettoyage des locaux, respect de la chaîne du froid, prévention des contaminations : il cherche à transmettre des règles parfois simples, mais essentielles.

Pour lui, sensibiliser n’est pas une simple affaire de normes. Derrière une mauvaise conservation ou une rupture de la chaîne du froid, il peut y avoir des conséquences graves. Il cite notamment les contaminations à la bactérie Escherichia coli, qui peuvent provoquer de sévères intoxications et, dans certains cas, des complications rénales ou neurologiques. « Les gens ne se rendent pas compte des conséquences que cela peut avoir. Une mauvaise pratique peut entraîner une maladie, un handicap, voire mettre une vie en danger. »

« Beaucoup de mes clients sont surpris pendant les formations. Il y a des choses qu’ils ignorent. Quand je leur donne des exemples sur les maladies, c’est là qu’ils en prennent conscience », raconte-t-il. Son objectif est de faire comprendre que la sécurité alimentaire commence par des gestes simples, mais essentiels. « Il faut que les gens aient conscience qu’il y a des maladies dangereuses. Il faut qu’on mette ça dans les têtes. » conclut-il.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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