Après une première journée de transition marquée par les incertitudes au port de Longoni, les commerçants qui dépendent des importations restent dans le flou. Entre espoir d’une baisse des frais portuaires, crainte d’une hausse des prix et incertitudes sur l’acheminement des conteneurs, ils attendent de voir les effets de cette nouvelle gestion sur leur activité.
À Majicavo Dubaï, sous un soleil écrasant, ce mardi 1er septembre aux alentours de 11 h, les commerçants tentent tant bien que mal d’attirer les clients et d’écouler leurs produits à des prix aussi abordables que possible.
Assise dans sa boutique, une commerçante salue chaleureusement les passants. Quelques mètres plus loin, une autre réitère le geste. Dans les allées, chacun s’active pour réaliser quelques ventes malgré la forte chaleur.
“Si les frais de douane augmentent, nous serons obligés d’augmenter les prix”
Un peu plus loin, dans la rue qui monte vers le centre du village, Nourdine, propriétaire d’un magasin de vêtements, suit de près le changement de gestion du port de Longoni, dont il espère une baisse des frais portuaires. “Si les frais de douane augmentent, nous serons obligés d’augmenter les prix. Conséquence : les clients préféreront acheter à la Réunion ou bien en France”, observe-t-il.
Propriétaire de sa boutique depuis six ans, Nourdine estime que la situation était meilleure auparavant. Mais au fil des années, les crises successives ont considérablement compliqué son activité et les difficultés se sont multipliées : “aujourd’hui, nous sommes à terre”, lance-t-il.
Malgré tout, il tente de rester optimiste et espère que la nouvelle gestion du port de Longoni se déroulera dans les meilleures conditions et que le Département-Région de Mayotte proposera des tarifs accessibles à tous. Si les choses venaient finalement à mal tourner avec MCG, il estime que “l’EPPCM cherchera un autre partenaire ou qu’ils vont re-négocier avec l’entreprise d’Ida Neil qui aura, elle aussi, toujours besoin de ce port”.
Certains commerçants réclament davantage de communication
À quelques minutes du magasin de Nourdine, nous rencontrons une autre commerçante. De son côté, elle reste sceptique et préfère attendre de voir les mesures qui seront mises en place par le Département-Région. Son souhait est toutefois simple, pouvoir recevoir ses marchandises dans les délais. “Quand nos conteneurs arrivent à Longoni, nous attendons mais nous n’avons aucun retour quant à leur situation”.
La commerçante nourrit toutefois des craintes face à la reprise du port par le Département-Région de Mayotte, redoutant que cette nouvelle organisation n’entraîne des difficultés supplémentaires dans la gestion des marchandises. “On ne sait pas s’ils vont être pointilleux sur certaines choses ou non”. Une appréhension qu’elle résume simplement : “On a peur”.
Entre espoir d’une baisse des prix et interrogations face au changement de direction, les commerçants restent pour l’heure dans l’attente de voir quelles conséquences cette nouvelle organisation du port de Longoni aura sur leur activité.



































