A Kawéni, parents et enfants toujours dans l’attente de retrouver leurs écoles maternelles T6 et T9

À Kawéni, les élèves des écoles maternelles T6 et T9, endommagées depuis le cyclone Chido, ont une nouvelle fois effectué leur rentrée scolaire au sein des écoles élémentaires voisines, T17 et Mchindra. Une situation qui perdure, avec des conséquences qui pèsent sur le quotidien des enfants et qui inquiètent les familles.

Ce qui devait être provisoire s’installe dans la durée pour les enfants, les parents et les enseignants des écoles maternelles T6 et T9 de Kawéni.

Fortement endommagées par le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, les deux écoles n’ont toujours pas pu rouvrir leurs portes, plus d’un an et demi plus tard.

Un temps d’enseignement réduit

Pour les enfants, les rentrées scolaires se succèdent dans les établissements voisins, T17 et Mchindra, conçus pour accueillir des élèves de l’élémentaire, du CP au CM2. Afin de pouvoir garantir du temps scolaire à tous, les enfants y sont accueillis en demi-journée, une semaine le matin, l’autre l’après-midi.

Mais cette organisation réduit considérablement le temps d’enseignement. Les petites et moyennes sections ne bénéficient que de 2 h 30 de cours par jour, tandis que les grandes sections disposent de cinq heures. Rentrée après rentrée, cette situation pèse sur les enfants et les familles, toujours contraints d’adapter leur quotidien.

Ce vendredi 28 août, derrière les grilles des écoles maternelles T6 et T9, les dégâts sont encore bien visibles. Si les toitures des bâtiments semblent, à première vue, en bon état, les travaux à mener restent nombreux. Lavabos détruits ou manquants, débris jonchant le sol, herbes folles et graffitis témoignent de l’état des lieux. Mais surtout, les cours des deux établissements ont des airs de terrains vagues.

Bloquer l’école : “la solution pour se faire entendre ?”

Une inertie apparente qui alerte vivement les parents d’élèves. S’ils ont jusqu’à présent accepté cette solution d’urgence afin de permettre à leurs enfants d’être scolarisés, ils s’interrogent désormais sur l’avancée des travaux et sur la date de réouverture des écoles sinistrées.

“Nous avons échangé avec la mairie à propos de la situation des écoles et nous n’avons pas eu pour le moment de réponses sur une date de réouverture”, indique une parent d’élève déléguée. “Nous avons compris que la Ville ne disposait pas de moyens, mais avant les vacances on nous avait indiqué que l’argent avait été débloqué avec la préfecture. Maintenant quand est-ce que les travaux vont démarrer ?”, demande-t-elle. “Deux ans d’attente c’est plus que prévu”.

Face à cette situation, l’idée de bloquer l’école Mchindra “pour se faire entendre” n’est pas exclue par les parents d’élèves. “Peut-être que c’est la solution pour se faire entendre ?”, questionne-t-elle, précisant qu’une réunion entre parents d’élèves délégués est prévue prochainement pour décider de l’action à mener.

“J’ai dû refuser un contrat de travail pour pouvoir m’organiser”

En attendant, sa fille de 4 ans est scolarisée à l’école Mchindra en moyenne-section, à hauteur de 2 h 30 par jour. Cette semaine elle a été à l’école le matin de 9 h 30 à 12 h, la semaine prochaine ce sera l’après-midi de 12 h 30 à 14 h 50.

“Cette organisation est très difficile et nous nous mettons sur le fait accompli à chaque fois. C’est à nous de nous adapter. J’ai dû refuser un contrat de travail pour pouvoir m’organiser, m’occuper de mes enfants et les chercher à l’école et en plus avec les embouteillages à Kawéni c’est l’horreur”, déplore toujours la déléguée des parents d’élèves.

En plus de cette organisation, les écoles T17 et Mchindra ne disposent pas de mobiliers adéquats pour les enfants de maternelle. Les parents ne comprennent pas pourquoi, sachant que la situation dure, rien n’a été aménagé pour leurs enfants.

Des travaux “en cours”, une date de réouverture prochainement annoncée

Du côté de la Ville de Mamoudzou, le maire Ambdilwahedou Soumaïla évoquait, le jour de la rentrée, des difficultés de financement qui ralentissent les chantiers. Sur les 12 millions d’euros prévus pour la reconstruction des écoles après le cyclone Chido, seuls 2 millions ont été versés à ce jour, tandis que les entreprises doivent être payées. À cela s’ajoutent des retards liés à des dégradations répétées, comme récemment à l’école élémentaire Abdourahamane Soilihi, à Cavani Sud, victime de vandalisme, ou encore à Vahibé 2.

Les écoles maternelles T6 et T9 n’échappent pas à ces difficultés. La Ville assure toutefois que les travaux sont en cours depuis la notification des subventions, alors que les entreprises attendent toujours le versement des avances. “Les travaux sur les clôtures sont terminés à 100 %, ainsi que les travaux sur la charpente et la couverture”, précise-t-elle. “Il ne reste plus que les travaux d’électricité et quelques travaux de plomberie liés aux dégradations et vols récents”. La municipalité indique enfin “qu’une date de réouverture sera annoncée au rectorat prochainement”.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
Victor Diwisch

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une