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13 feux de végétation ce week-end à Mayotte, plusieurs dizaines d’hectares réduits en cendres

Entre vendredi et dimanche, 13 feux de végétation se sont déclarés sur le territoire de Mayotte dont les plus impressionnants ont eu lieu entre Barakani et Chiconi et à Boueni. Ce dimanche soir, seuls 2 feux ne sont pas complètement éteints et doivent encore être “surveillés”.

Ce week-end des 29 et 30 août a vu une grande partie du territoire de Mayotte en proie aux flammes et les pompiers n’ont eu aucun répit. Un premier incendie s’est déclaré vendredi 28 août à 13h30 à Barakani. Malgré l’intervention des pompiers et le largage massif d’eau par un hélicoptère bombardier, des vents défavorables ont propagé l’incendie jusqu’à Chiconi. Le feu a été “fixé” à 22h ce samedi (c’est-à-dire qu’il ne présentait plus de risque de propagation), mais le vent l’a de nouveau “réveillé” à 1h dans la nuit de samedi à dimanche. 59 soldats du feu, 9 véhicules, un HBE (Hélicoptère Bombardier d’Eau) et un drone ont été nécessaire pour de nouveau “fixer” l’incendie.

Mais il n’est toujours pas encore éteint à l’heure où nous écrivons ces lignes (dimanche 20h). “Le foyer est situé dans un endroit creux, difficile d’accès et l’hélicoptère a été obligé de se désengager à 18h”, explique Bacar Costa, le chargé de communication du SDIS. En tout, 25 hectares ont été réduits en cendre entre Barakani et Chiconi. Si aucun dégât humain n’est heureusement à déplorer, un garage de Chiconi n’a pas pu échapper aux flammes et a été entièrement brûlé.

D’autant que ce n’est pas le seul incendie auquel a eu à faire face le SDIS ce week-end. Quand le feu de Barakani s’est déclaré à 13h30 ce vendredi, un autre a commencé à 14h à Boueni. Si ce dernier était “plus modeste”, il a quand même brûlé 5 hectares de terre dans la commune. Il a pu être totalement éteint samedi soir, mais l’incendie a ensuite repris le lendemain à M’Bouanatsa, toujours dans la commune de Boueni.

Il a finalement pu être maîtrisé le dimanche midi. Si les incendies de Barakani et de Boueni ont été les plus vastes et impressionnants, ils n’ont malheureusement pas été les seuls puisque les pompiers de Mayotte ont dû faire face à 13 feux de végétations en tout sur l’ensemble du week-end. Ce lundi 31 août, la RN2 reste donc fermée, il faut passer par Kahani pour se rendre dans le centre et l’ouest de l’île.

Les maires de Ouangani, Sada et Chiconi ont apporté leur soutien au SDIS, notamment en sécurisant le périmètre via leur police municipale. Car, non contents de devoir faire face aux flammes, les soldats du SDIS étaient également menacés par des bandes de jeunes délinquants, venues “profiter” du chaos général pour en “rajouter une couche”. Ce dimanche matin, le préfet Frédéric Poisot s’est également déplacé à Barakani afin d’apporter son “soutien moral” aux pompiers. Pourquoi autant d’incendie ce week-end ? A Boueni, le coupable a été très clairement identifié : les cultures sur brûlis. A Barakani, ce n’est pas encore clairement établi, mais les pompiers ont de fortes présomptions allant dans le même sens.

Les cultures sur brûlis post-Chido menacent de réduire Mayotte en cendres

Si les cultures sur brulis ont toujours été un fléau pour Mayotte, elles le sont encore davantage en cette période post-Chido. “Ce week-end, nos “camarades” ont commencé leur culture sur brûlis. Or, avec tous les arbres morts restant de Chido ainsi que les vents qui soufflent en ce moment, ajouté à cela la forte densité de bambous entre Barakani et Chiconi, végétation qui brûle facilement, cela peut expliquer le drame de ce week-end”, explique Bacar Costa. Entre Barakani et Boueni, ce sont 30 hectares de terres réduites en cendre et nous n’avons pas les chiffres des 11 autres incendies, plus modestes, mais qui ont quand même généré des dégâts importants.

La préfecture prévoit de monter une grande campagne de communication afin de prévenir la population sur cette pratique illégale, qui détruit la végétation et pourrait désormais menacer également la vie des habitants de l’île si les agriculteurs “vivriers” ne prennent pas conscience que désormais, dans l’état dans lequel Chido nous a laissé l’île, la dangerosité de cette pratique s’est nettement accrue. Si les personnes qui la pratiquent sont, pour beaucoup d’entre eux, dans une logique de “survie immédiate”, il se pourrait bien que leur absence de vision à long terme finisse par être fatale à l’île et, là, c’est l’ensemble de la population de Mayotte qui risque d’en pâtir.

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Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

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