Bac à Mayotte : la polémique enfle autour de l’harmonisation des notes

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte a saisi le rectorat après avoir été destinataire de plusieurs signalements faisant état de demandes adressées à des examinateurs du Grand Oral du baccalauréat afin qu’ils réévaluent certaines notes. Le rectorat affirme qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’établir l’existence de pressions sur les jurys et rappelle le cadre réglementaire de l’harmonisation des résultats.

L’affaire est née d’un communiqué publié le 2 juillet par la FCPE Mayotte. L’organisation y dénonçait des « informations concordantes faisant état de pressions » qui auraient été exercées sur certains membres de jury afin de revoir à la baisse les notes attribuées aux candidats. Selon la fédération, ces signalements concerneraient plusieurs lycées du département.

Quelques jours plus tard, son président, Haïdar Attoumani Saïd, a adressé un courrier à la directrice de cabinet de la rectrice, accompagné d’un premier élément présenté comme un témoignage transmis par un examinateur, dont l’identité a été anonymisée.

Le message reproduit dans ce courrier indique : « Monsieur (…) vous invite à réévaluer vos notes de Grand Oral, celles-ci étant sensiblement au-dessus des moyennes académiques. Si nécessaire, merci de bien vouloir prendre contact avec le lycée (…) pour effectuer les modifications correspondantes. »

Pour la FCPE, un tel message est susceptible d’être perçu comme une remise en cause de « l’appréciation souveraine des jurys d’examen ». Sans mettre en cause nominativement des personnes ou des services, l’association estime que cette formulation est de nature à créer « un sentiment de pression » chez les examinateurs. Elle demande que « toute la lumière puisse être faite sur ces signalements » et que soient garantis « les principes d’indépendance des jurys, d’égalité de traitement des candidats et de sérénité des examens ».

Le rectorat rappelle le cadre de l’harmonisation

Dans son courrier de réponse, la directrice de cabinet de la rectrice, Bérénice Hartmann, rappelle que le Grand Oral est une épreuve nationale dont « les modalités d’organisation, d’évaluation et de délibération sont définies par les textes réglementaires applicables à l’ensemble du territoire national ».

Le rectorat souligne que « les jurys d’examen exercent leur mission en toute indépendance » et que « les examinateurs demeurent seuls responsables des notes qu’ils attribuent au regard de la prestation des candidats ». L’administration insiste également sur le rôle de la procédure d’harmonisation, prévue pour l’ensemble des épreuves du baccalauréat. Celle-ci, écrit-elle, vise à garantir « l’égalité de traitement des candidats et la cohérence des évaluations entre les différentes commissions d’interrogation ». Lorsque des écarts importants sont constatés au regard des références académiques ou nationales, ils « peuvent donner lieu à un examen collégial », sans qu’il s’agisse d’une modification systématique des notes ni d’une remise en cause de l’indépendance des examinateurs.

Des vérifications annoncées

Concernant les accusations formulées par la FCPE, le rectorat indique ne disposer, « à ce jour, d’aucun élément objectivé permettant d’établir l’existence de pressions exercées sur les membres des jurys ». Il précise toutefois que les éléments transmis par la fédération seront examinés et que tout fait « précis, circonstancié et étayé » donnera lieu aux vérifications appropriées.

La FCPE, qui affirme agir « dans un souci d’apaisement et de transparence », estime avoir désormais transmis un premier élément concret à l’autorité académique. Son président rappelle que la démarche de la fédération « ne consiste nullement à mettre en cause des personnes ou des services », mais à s’assurer que « les principes d’indépendance des jurys, d’égalité de traitement des candidats et de sérénité des examens soient pleinement garantis ».

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