Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Partager une vision claire et ambitieuse pour Mayotte à l’horizon 2028, poser les bases d’une démarche collective structurée, échanger autour des enjeux majeurs du territoire et amorcer l’organisation d’un futur travail en commun. Tel était l’objectif du document de travail (socle de réflexion) préalablement transmis à toutes les personnes invitées à la première réunion constitutive du groupe de travail sur la refondation de Mayotte post-Chido.

« Ensemble refondons Mayotte » est le nom d’un groupe de réflexion autour de questions diverses et variées liées à la reconstruction du territoire, mis à mal par le cyclone Chido en décembre 2024. Il a vu le jour mardi 5 mai 2026, en fin de journée, dans les locaux du restaurant l’Orient Express à Kawéni, sous l’impulsion de Djoumoi Ramia, président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

« Il s’est passé quelque chose d’intéressant ce mardi. Nous nous sommes retrouvés à l’Orient Express, dans un cadre très ouvert, entre différents représentants de la société civile, chefs d’entreprise, salariés et personnels des services publics, pour nous accorder sur le fait que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et accepter la situation de Mayotte telle qu’elle se présente aujourd’hui », explique Djoumoi Ramia, qui souligne également que les difficultés rencontrées par tous ne sont pas nouvelles et ne datent pas toutes de l’épisode Chido.

« Je me rends compte d’une chose : nous sommes tous là à nous plaindre de cette situation, mais nous sommes très peu à émettre des propositions ou à agir », fait-il remarquer, en insistant sur le caractère collectif — et non personnel — de ce projet naissant.

Toutes les personnes ayant participé à cette rencontre partagent le constat selon lequel Mayotte se trouve actuellement dans une situation délicate, qu’elle recule et qu’elle dispose de très peu de perspectives d’évolution, ce qui inquiète énormément de monde. Elles appellent les forces vives de l’archipel à devenir actrices de la vie économique, sociale et culturelle de cette île où elles travaillent et résident avec leurs familles.

« Il suffit de prendre son courage et son temps pour se regrouper et réfléchir à des solutions qui ne sont pas impossibles à trouver afin d’améliorer le quotidien de la population mahoraise », observe une autre participante à cette rencontre, qui s’est félicitée de la présence de personnes de grande qualité à cette réunion constitutive du groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte ».

Cesser la critique permanente pour devenir une force de propositions

Un inconvénient majeur est toutefois à noter : ces personnes sont déjà très occupées par leur quotidien et leur travail, et il ne sera guère aisé pour elles de se consacrer à d’autres activités.

Pour Djoumoi Ramia, le point le plus positif de cette première rencontre demeure la prise de conscience qui a conduit ces personnes à faire l’effort d’être non seulement présentes, mais également très constructives dans les échanges. Selon lui, l’idée de départ n’était pas tant le nombre de participants que leur volonté d’agir pour Mayotte et son avenir.

« Nous ne pouvions continuer à rester inactifs ou à critiquer des personnalités politiques locales sans formuler de propositions pour sortir de l’impasse actuelle. Il était donc grand temps de s’asseoir autour d’une table pour discuter, échanger, avancer des idées et voir comment ce collectif pourrait se constituer afin de faire face aux échéances qui nous attendent », a poursuivi le président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

De l’avis général des participants à cette réunion, l’île rencontrera de très grosses difficultés dans sa quête de rattrapage du retard accumulé. Certains ont pris l’image d’un sportif contraint de courir un marathon à la vitesse d’un 100 mètres, soit un parcours extrêmement long et éprouvant.

Pour y parvenir, toutes les Mahoraises et tous les Mahorais devront se retrousser les manches et se mettre au travail, sans exception.

« Ensemble refondons Mayotte » s’est fixé comme priorité l’organisation régulière de séances de travail autour de projets susceptibles d’être portés par la Région, avec des compétences, un véritable programme et un véritable projet politique porté par des personnes issues de la société civile. Le groupe souhaite également faire émerger des propositions concrètes venant du terrain, qui pourraient être défendues, le moment venu, par une candidate ou un candidat désigné démocratiquement par le collectif.

Il s’agit là d’un postulat qui balaie d’un revers de main l’idée souvent avancée par une partie de la classe politique locale selon laquelle l’électorat mahorais ne voterait pas pour des projets, mais uniquement pour des personnes.

« J’ai envie de dire à celles et ceux qui colportent cette idée qu’ils doivent cesser de prendre les Mahoraises et les Mahorais pour des idiots. La plupart d’entre eux ont des enfants et construisent des projets de vie pour eux. Par conséquent, il est impensable qu’ils puissent voter sans tenir compte d’un projet, à moins qu’ils considèrent qu’aucun candidat ne leur présente quelque chose de valable à leurs yeux », note Djoumoi Ramia.

Une chose est sûre : le groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte » est désormais sur pied et ses portes restent ouvertes à toutes les personnes désireuses d’œuvrer réellement en faveur de l’avenir du territoire, loin de toute démagogie politicienne.

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