Le pays a certes gagné trois places lors du dernier classement de l’Ong reporters sans frontières, mais les journalistes, notamment ceux travaillant dans les médias traditionnels sont de plus en plus muselés, ce qui les oblige à s’autocensurer eux-mêmes.
A l’instar de leurs confrères du monde entier, les journalistes comoriens ont célébré ce dimanche 3 mai, la journée mondiale de la liberté de la presse, dont le thème choisi cette année est » façonner un avenir en paix. Banderoles et pancartes et gilets de profession, pour certains, les professionnels des médias ainsi que des amis de la presse ont marché de la place Karthala jusqu’à la place de l’indépendance. Notons que dans son dernier classement de l’année 2026, Reporters sans frontières a attribué aux Comores la 72ème place. Soit donc trois points gagnés par rapport à 2025, où l’archipel avait chuté à la 75ème place. Ce rebond relatif ne signifie pas pour autant que les journalistes exercent sans crainte. L’année dernière été marquée par l’arrestation suivi du placement en cellule du journaliste Abdou Moustoifa dans les locaux de la gendarmerie.
Le correspondant de Flash infos et de Mayotte hebdo sera aussi arrêté le 17 novembre. Plus d’une dizaine de policiers avaient débarqué dans les locaux du journal Al-watwan pour embarquer le reporter, qui s’est finalement rendu de lui-même. Pendant trois heures, il sera interrogé par la police judiciaire à cause d’un post relatant l’abandon de migrants continentaux au commissariat central de Police. Ils voulaient surtout connaîatre le nom de sa source avant de finalement le relâcher. Certes depuis le début de l’année, aucun journaliste n’a été interpellé mais les défis auxquels fait face la presse comorienne sont nombreux.
Le nouveau président du syndicat national des journalistes comoriens (Snjc), en a énuméré quelques-uns. » Garantir une information fiable exige également des moyens. On ne peut exiger une presse de qualité si celle-ci lutte quotidiennement pour sa survie économique. C’est pourquoi le SNJC réitère aujourd’hui sa demande pressante concernant la mise en place effective et pérenne de l’aide de l’État aux médias privés, prévue par l’article 165 du code de l’information« , a déclaré, Chamsoudine Said Mhadji, rappelant que le président Azali Assoumani avait annoncé lors de la présentation des vœux 2026 à la presse qu’il va donner des instructions a son gouvernement pour débloquer cette subvention de la presse.
Licenciements
» C’est à vous madame la ministre et au Conseil national de la presse et de l’audio-visuel de concrétiser cela techniquement. Cette aide n’est pas une aumône, mais un investissement dans la solidité de notre démocratie. Elle doit permettre aux rédactions de se professionnaliser, de former leurs journalistes et de garantir des conditions de travail dignes, conformément à la loi« , a poursuivi, celui qui va diriger le syndicat des journalistes pour les deux prochaines années. Ce reporter du quotidien Al-watwan a aussi salué la légère progression du pays dans le classement de Rsf. Mais, a nuancé, Chamsoudine, faisant remarquer au passage que la situation des journalistes est marquée par de nombreuses difficultés. Il a cité entre autres les licenciements, ponctions et baisses de salaires, suspensions, censures et autocensures.
Une autocensure plus prégnante dans les médias d’État. » « La liberté de la presse s’exerce dans la peur car moi par exemple qui travaille dans une radio de l’État, même si ma hiérarchie ne m’intimide pas, mais j’ai toujours peur de ce que je relaie. Je me demande si tel propos ne va pas froisser mon chef. Si je parle du chef de l’État je fais très attention, je mesure mes mots bien que je ne sois jamais arrêté depuis que j’exerce ce métier voilà maintenant seize ans« , a illustré, Andhumedine Fouad, journaliste au sein de l’office de radio et télévision de Ngazidja. Malgré ce climat partagé par le reporter, la situation globale de la liberté de la presse n’est pas aussi alarmante, pense, l’ancien préfet de Moroni. » Tous les ans je prends part à la marche, je pense effectivement qu’une presse est le miroir d’un pays démocratique, un pays qui ne respecte pas l’autonomie de la presse est une dictature. Toutefois, on ne peut pas réellement classer le pays dans la catégorie de ceux qui ne respectent pas les libertés de la presse« , commente, Mohamed Djalim Ali.
Présente hier à la marche, la ministre de l’information, Fatima Ahamada, a d’abord salué la récente promulgation du nouveau code de l’information, qui après bataille a finalement préservé la protection des sources journalistes. » Certes l’État a la responsabilité d’améliorer les conditions de travail des journalistes et garantir un accès facilité à l’information officielle avec la transparence, mais les journalistes doivent aussi s’engager dans la vérité et l’intégrité, car défendre la presse, c’est défendre la nation« , a souligné la ministre, qui fut une ancienne présentatrice de la télévision nationale.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??




































