Les chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte ont publié ce mercredi 22 avril leur rapport d’activité 2025. Le document met en évidence des services publics sous pression et des recommandations encore peu suivies à Mayotte.
En 2025, la juridiction a renforcé ses contrôles sur le territoire : 1 audit flash, 10 avis budgétaires et 7 contrôles de gestion. Mais le suivi reste limité. Deux collectivités sur cinq ont répondu à leurs obligations, et seules 45 % des recommandations ont été totalement ou partiellement appliquées, contre 87 % à La Réunion. Les montants en jeu sont pourtant importants avec 1,5 milliard d’euros de recettes de fonctionnement pour les organismes publics de Mayotte.
Le document revient aussi sur le premier rapport thématique de la CRC consacré à l’école primaire à Mayotte. Entre 2019 et 2024, les effectifs ont augmenté de 22 %, avec un manque estimé à près de 1 200 salles de classe. Aujourd’hui, 57 % des élèves sont scolarisés en rotation. Par ailleurs, les conditions d’accueil restent limitées : seuls 8 % des élèves ont accès à un repas chaud, et l’offre périscolaire est peu développée. Malgré plus de 200 millions d’euros mobilisés depuis 2016, une partie des crédits n’a pas été consommée.
Le document opère également un focus sur les signalements à la justice. Depuis dix ans, les chambres de La Réunion et de Mayotte se classent au troisième rang national pour le nombre de dossiers transmis aux procureurs. Ces signalements concernent le plus souvent des atteintes à la probité, comme des détournements de fonds publics, du favoritisme ou des prises illégales d’intérêt. Contrairement à la tendance nationale, où plus de la moitié des dossiers sont classés sans suite, ceux issus de l’océan Indien débouchent majoritairement sur des enquêtes et des condamnations, le taux de relaxe ne représentant que 3 % des affaires poursuivies.
Pour 2026, les chambres régionales des comptes se fixent trois priorités : cibler ses contrôles sur les enjeux financiers majeurs des collectivités, poursuivre la lutte contre les irrégularités et les atteintes à la probité, et répondre davantage aux attentes des habitants en s’intéressant à des sujets du quotidien.
« Ces travaux devront être conduits dans un contexte exigeant, marqué notamment par les conséquences des événements climatiques récents à Mayotte et par les élections municipales de 2026 », concluent-elles.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































