Près d’une décennie après les faits, la justice a rendu son verdict. Ce mardi 21 avril, le tribunal correctionnel de Mamoudzou a condamné plusieurs membres d’un réseau structuré de trafic de faux papiers opérant entre Mayotte et l’Hexagone. Derrière cette affaire, un système bien rodé, reposant sur des intermédiaires locaux et une organisation quasi commerciale, a été mis en lumière.
Tout remonte à juin 2016, lorsqu’un contrôle de routine à l’aéroport de Pamandzi révèle l’utilisation de faux passeports par plusieurs passagers. L’enquête bascule rapidement lorsqu’un suspect, originaire des Comores et résidant à Pamandzi, reconnaît son rôle de rabatteur. Il servait d’intermédiaire pour orienter des clients vers un réseau capable de fournir de faux passeports et de fausses cartes de séjour.
Les investigations permettent alors d’identifier deux figures locales du dispositif : Youssouf Dhoulhedji, installé à Sada, et Kamal Ali, basé à Labattoir. Leur rôle consistait à distribuer les documents frauduleux au sein de la communauté comorienne à Mayotte. Mais au sommet de la pyramide se trouvait un homme : Dhoimir Abdourahim, surnommé « Kalfane ». Depuis la métropole, il coordonnait l’ensemble des opérations, faisant le lien avec des faussaires installés en France.
Le fonctionnement du réseau reposait sur une stratégie proche du « marketing relationnel ». Les clients étaient encouragés à recruter de nouveaux acheteurs en échange de documents gratuits ou à prix réduit, habituellement vendus plusieurs centaines d’euros. Une méthode qui a permis au réseau de s’étendre rapidement.
À Paris, « Kalfane », vendeur de chaussures dans le 18e arrondissement et déjà condamné pour des faits similaires, s’appuyait sur deux complices. Ibrahim Mhadjou, surnommé « Poupidou », assurait le transport des faux documents jusqu’à Mayotte, tandis que Hassane Mahamoude, son colocataire à Corbeil-Essonnes, gérait les flux financiers via son compte bancaire.
Ce système bien huilé a finalement été démantelé, mettant fin à un trafic qui exploitait les vulnérabilités administratives et la précarité de certains candidats à l’exil. Le jugement rendu aujourd’hui vient clore un long processus judiciaire, tout en rappelant l’ampleur et la sophistication de ce type de réseaux clandestins.
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