Agression à coups de barre de fer à Mtsamboro le beau-frère policier jugé le 22 avril à Mamoudzou

Le 22 avril 2026, le tribunal correctionnel de Mamoudzou jugera une affaire d’agression survenue le 19 juin dernier à Mtsamboro. Ce jour-là, Moussi Mahamadou, alors âgé de 49 ans, avait été violemment frappé à coups de barre de fer par son beau-frère, un agent de police, sur fond de conflit familial lié à une parcelle placée sous contrôle judiciaire.

Une plaie ouverte de cinq centimètres, c’est l’image que Moussi Mahamadou nous montre sur son téléphone. Visage rond et henné sur les mains, elle raconte son agression subie par un homme vêtu d’un uniforme de la Police aux frontières (PAF) au moment des faits, le 19 juin dernier à Mtsamboro. Chez elle à Mzouazia, aux côtés de son mari, elle mime les coups portés sur sa cuisse et ses mains.

Un terrain au cœur du conflit familial

Moussi et son conjoint Dahalani Hamidou, originaire de Mtsamboro par son grand-père, ont l’habitude de cultiver sur une parcelle à la jonction de Hamjago, séparée d’un cours d’eau. Un terrain disputé par sa sœur par ailleurs : « J’ai longtemps vécu à La Réunion mais j’ai effectué toutes les démarches qu’il fallait pour le mettre à mon nom », explique Dahalani.

Alors que le couple s’y rendait régulièrement, des menaces ont été proférées avec une arme à feu et une machette le week-end du 7 juin, par le mari de la sœur de Dahalani, un agent exerçant au sein des services de police. Aucune plainte n’a alors été déposée ce jour-là.

C’est le week-end suivant, accompagné de leur fille, que les faits de violence se sont aggravés. Lors d’un début de chantier de terrassement mené sans l’accord de Dahalani, les ouvriers du chantier auraient stoppé leur action et appelé à nouveau son beau-frère policier pour vérifier leur autorisation de poursuivre le chantier : « Ce monsieur est marié à ma belle-sœur, qui a un lien direct avec ce champ, pas lui », précise Moussi. C’est à ce moment que le beau-frère apparaît pour en découdre.

La scène est filmée sur un smartphone par la famille et publiée sur les réseaux sociaux. Flash Info a pu visionner ces images où l’on distingue clairement un homme vêtu d’un tee-shirt bleu marine de la PAF. L’homme se dirige vers Moussi Mahamadou, puis lui assène une barre de fer à la cuisse. S’ensuit un deuxième bruit sourd qui indiquerait un deuxième coup porté à la victime. Paniqués, les témoins de la scène tentent de séparer. « Lorsqu’il a frappé mon épouse, je suis intervenu, mais j’ai aussi pris un coup », raconte son conjoint, Dahalani Hamidou.

Un équilibre bousculé

Le jour même, un dépôt de plainte est effectué. Moussi Mahamadou hérite de six jours d’Interruption de temps de travail (ITT). Le 6 septembre dernier, la plainte a été transmise à l’Inspection Générale de la Police (IGPN). Auscultée par son médecin, la victime décrit des troubles du sommeil. Le certificat médical mentionne des œdèmes et une plaie sur le corps de Moussi. Dans son domicile, elle peine à s’en remettre : « Aujourd’hui, mes enfants subissent encore des séquelles. Ils sont suivis par un psy. Mon enfant, bonne élève auparavant, a connu une chute drastique de ses notes. »

Son mari lui garde en tête un conflit amer, une relation rompue avec sa sœur qui a atteint selon lui un atteint le point de non-retour. « Nous ne voulions pas en arriver là. Nous privilégions toujours une solution à l’amiable et la discussion mais il faut à présent que cet homme soit jugé », explique l’époux Dahalani. Trois faits de violences sont reprochés à son beau-frère. Présumé innocent, l’agent de police a été déféré le 13 novembre 2025 au parquet, et placé sous contrôle judiciaire. Contactée, la Direction territoriale de la police (DTPN) indique que des procédures administratives sont en cours, en attendant une audience prévu ce 22 avril prochain au tribunal correctionnel de Mamoudzou.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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