C’est devenu une habitude insupportable pour les habitants de Petite-Terre. Les quartiers de Pamandzi la Vigie et Labattoir la Vigie sont privés d’alimentation en eau courante depuis jeudi matin, suite à un incident sur le réseau de distribution. Selon la SMAE (Société Mahoraise des Eaux), la coupure fait suite à deux événements combinés : une coupure électrique sur ses installations et une casse sur le réseau d’adduction reliant la Grande-Terre à la Petite-Terre. Résultat : cinq jours sans eau au robinet pour des centaines de foyers.
La conduite permettant d’acheminer l’eau de Grande-Terre vers Petite-Terre s’est retrouvée hors d’usage dès ce dimanche 29 mars, obligeant la SMAE à adapter en urgence le planning des tours d’eau. Pour les secteurs La Vigie, la situation est particulièrement précaire : aucun horaire précis de remise en eau n’a été communiqué, la distribution devant être effectuée « alternativement » entre Pamandzi-La Vigie et La Vigie-Labattoir, en raison de la capacité insuffisante du réservoir.
Ce qui scandalise, c’est que la situation n’a rien d’exceptionnel à Mayotte, elle est structurelle. Les coupures à répétition sur ces mêmes quartiers rythment la vie des habitants depuis des années. En janvier 2026, en février, en novembre 2025… la SMAE multiplie les avis d’interruption d’eau sur Labattoir Centre, Pamandzi Est et La Vigie-Pamandzi, invoquant tour à tour des casses sur les conduites, des pannes électriques et des réservoirs à niveau insuffisant.
Cinq jours sans eau courante. En France métropolitaine, une telle situation provoquerait une mobilisation nationale, un passage au journal de 20h, une cellule de crise. À Mayotte, département français depuis 2011, c’est une information parmi d’autres, presque banalisée. Les habitants s’organisent comme ils peuvent : jerricanes, citernes, achats de bouteilles. La SMAE promet, dans ses communiqués, de « réaliser les actions nécessaires à la reprise du fonctionnement normal du réseau dans les meilleurs délais« , une formule désormais trop connue des Mahorais pour encore les rassurer.
L’accès à l’eau potable est pourtant un droit fondamental reconnu par l’ONU depuis 2010. À Mayotte, en 2026, il reste, pour beaucoup, un luxe intermittent.
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