L’association culturelle Hippocampus organise ces samedi 28 et dimanche 29 mars un festival de contes afin de remettre la culture orale à l’honneur à Mayotte. A cette occasion, elle a invité plusieurs conteurs de La Réunion à venir se produire aux côtés des conteurs mahorais au lieu dit « Le petites pousses du sud » à Bandrélé (ancien foyer des jeunes).
Pour la deuxième édition de son festival de contes « Les merveilleux de l’océan Indien », l’association culturelle Hippocampus a convié plusieurs compagnies réunionnaises à venir se produire à Mayotte. « Cette année, nous avons voulu ouvrir le festival aux îles de la région« , précise Véronique Méloche, la présidente de l’association. C’est toutefois un conte d’inspiration mahoraise que raconteront les conteurs Tipiér et Loran Trémoulu, de l’association Solléy Réyoné, avec « Zaïnaba ». « Je me suis inspiré d’une histoire vraie s’étant déroulée à Mayotte et j’en ai fait un conte en y ajoutant la légende des Mwana Issa, les djinns des mangroves« , explique Tipiér, un conteur réunionnais tombé amoureux de Mayotte depuis plusieurs années.
Outre le parcours initiatique d’une enfant, ce conte « moderne » inspiré des légendes mahoraise explore le rapport de l’Homme avec la nature et le monde invisible, un aspect profondément ancré dans la culture mahoraise, et véhicule un message sur l’importance de la préservation de l’environnement et de l’écoute des « anciens ». « Il est important que le travail de transmission via les anciens continue de se faire« , précise Tipiér qui retrouve, à travers la culture mahoraise, une culture africaine « ancestrale », présente également sur l’île de La Réunion et dans tout l’océan Indien. Loran Trémoulu et lui accompagneront le conte de chants et de rythmes d’inspiration mahoraise.
Des contes pour « petits et grands«

Zinzin de la compagnie « Les contes du calumet » nous contera quant à lui des histoire espiègles et malicieuses qu’il rendra vivantes grâce à sa capacité d’incarner tour à tour les personnages de ses histoires tout en l’agrémentant de « respirations musicales » puisque ce conteur est également percussionniste. Quant à la compagnie Kér Bèton, elle emmènera le public sur les rives du Mississipi avec le conte « Romance pour crocodile », une histoire fantastique évoquant la naissance du blues et créant ainsi un pont entre les histoires noires des Etats-unis et celle de La Réunion. Le maloya partage en effet avec le blues le fait d’être « des musiques de survie », nées de la souffrance de l’esclavage.
Le festival prévoit 2 spectacles de conte par jour, l’un à 16h et l’autre à 18h après une petite entracte.
Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.





































