Les 20 090 électeurs de Mamoudzou n’auront finalement pas besoin de retourner aux urnes le dimanche 22 mars. Le maire sortant, Ambdilwahedou Soumaïla, a remporté une victoire nette dès le premier tour de l’élection municipale. Une performance politique d’autant plus remarquable qu’aucun candidat n’avait réussi à être élu au premier tour dans la commune depuis 1975.
Selon les chiffres communiqués par le Ministère de l’Intérieur, et établis sur la base de 96 % des bureaux de vote dépouillés, la liste conduite par le maire sortant recueille 61,6 % des suffrages exprimés. Ce score lui permet de s’imposer largement face à ses concurrents et d’éviter l’organisation d’un second tour.
Au fil de la soirée électorale, les tendances se sont rapidement confirmées en faveur du maire sortant. Réunis dans son quartier général de campagne à Cavani, de nombreux militants et sympathisants ont célébré l’annonce progressive des résultats, qui ont rapidement placé la liste sortante très loin devant ses adversaires.
Cette victoire consacre une campagne menée sous le signe de la continuité et du bilan. Après six années à la tête de la commune, le maire sortant a su convaincre une majorité d’électeurs de renouveler leur confiance dans son action municipale.
La large avance enregistrée dès les premières remontées des résultats a permis d’écarter très tôt l’hypothèse d’un second tour, une situation devenue rare dans la vie politique locale de Mamoudzou.
Une opposition largement distancée
Derrière le vainqueur, la concurrence apparaît très fragmentée. Ahamada Haribou arrive en deuxième position avec 20,74 % des suffrages exprimés selon les résultats provisoires. Malgré une coalition rassemblant plusieurs forces politiques battues lors du scrutin de 2020, l’écart reste très important avec la liste arrivée en tête.
La troisième place revient à Soiyinri Mhoudhoir, représentant du Mouvement pour le développement de Mayotte, qui obtient 6,25 % des voix. Il est suivi par Farianti M’dallah avec 4,93 % des suffrages. Cette dernière est également conseillère de l’Assemblée de Mayotte pour le canton de Mamoudzou 1.
La liste conduite par Munia Dinouraini, adjointe au maire sortante, recueille pour sa part 3,46 % des voix, confirmant la dispersion des candidatures lors de ce scrutin municipal.
En bas du classement, deux autres listes ferment la marche avec des scores très faibles. Celle menée par Christophe Youssouffa, qui comptait pourtant parmi ses candidates la députée Estelle Youssouffa, obtient 1,68 % des suffrages exprimés.
Enfin, la liste conduite par Nassurdine Saïd Ali recueille 1,34 % des voix.
Ces résultats illustrent la domination écrasante de la liste victorieuse et l’incapacité des différentes forces d’opposition à constituer une alternative électorale capable de rivaliser avec le maire sortant.
Un résultat qui entre dans l’histoire politique de Mamoudzou
Au-delà de la victoire personnelle du maire sortant, ce scrutin restera marqué par son caractère historique. Depuis 1975, aucun candidat n’avait réussi à remporter l’élection municipale de Mamoudzou dès le premier tour. Les scrutins précédents avaient systématiquement nécessité un second tour pour départager les candidats.
Cette élection marque donc un tournant dans la vie politique de la principale commune de Mayotte. La victoire nette et immédiate d’Ambdilwahedou Soumaïla témoigne d’un rapport de forces largement en sa faveur et d’un soutien électoral suffisamment massif pour clore la compétition dès la première étape du scrutin.
Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.






































