Le bateau de la compagnie maritime Sgtm, transportant régulièrement des Comoriens expulsés de Mayotte en direction d’Anjouan, n’a pas été autorisé à accoster pour non-respect de l’article 3 de l’arrêté conjoint signé par les ministres des transports et de la santé.
L’information avait été révélée par Mayotte la première. Dans une brève publiée vendredi 13 mars, vers 6h, nos confrères ont rapporté que le bateau Maria Galata qui transportait des personnes expulsées de Mayotte, n’a pas pu accoster au port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan. Selon la chaine de télévision, Moroni aurait invoqué des mesures prises le 12 janvier, sans donner plus de précisions. La 1ère ajoutait aussi qu’en plus du certificat attestant l’absence de symptômes, les passagers en provenance d’une région touchée par le Mpox n’étaient plus autorisés à rentrer aux Comores. Ce que dément une source ministérielle qui a voulu apporter des éclaircissements suite à ce refoulement du bateau de la compagnie Sgtm. « Ils n’ont pas respecté l’article 3 de l’arrêté conjoint des ministres des transports et de la santé signé le 10 février « , affirme, notre source.
Afflux de passagers
Selon toujours notre intervenant, le bateau est libre de passer les 21 jours sur le territoire comorien, ou la moitié du délai, sinon, il peut retourner au port de provenance pour y rester avant de transporter de nouveaux passagers. Interrogé, le Docteur Naouirou M’hadji, Coordonnateur national du système de gestion de l’incident Mpox a expliqué, la raison pour laquelle on exige une observation de 21 jours. « Avant, nous gérions 70 à 80 passagers maximum. Mais ces temps-ci, la donne a changé. Voilà pourquoi on a exigé un délai de 21 jours. Car actuellement, nous accueillons plusieurs passagers en provenance des pays touchés par le Mpox. Chaque bateau qui peut venir d’Antananarivo ou Mahajanga, transporte près de 400 personnes. Tout ce monde doit faire l’objet d’un suivi à domicile. A l’heure actuelle, il y a environ 6000 passagers à suivre. La pression est ainsi énorme que le risque devient élevé. Demander le respect du délai de 21 jours était donc la solution pour permettre aux agents d’être en mesure de contrôler les voyageurs« , a-expliqué le Docteur Naouirou. Il faut savoir que l’arrêté conjoint du 10 février dans son article 4, ajoute qu’après la fin de la période de 21 jours, la reprise du transport de passagers vers l’Union des Comores est subordonnée à une autorisation qui doit être délivrée par les services compétents du ministère en charge des transports. Pour tout manquement, il est mentionné dans l’arrêté une série de sanctions, sans préjudice des poursuites pénales prévues par les lois en vigueur. Sur cette liste, figurent l’amende administrative à l’encontre des armateurs, compagnies ou agences fautifs, la suspension temporaire ou retrait d’autorisation d’exploitation pour les compagnies de transport maritime ou l’interdiction d’accostage ou de débarquement pour les navires en infraction. On peut dire que c’est cette dernière mesure qui a été appliquée au bateau Maria Galanta, qui a dû repartir.
Vaccins attendus
A noter que l’Union des Comores a déclaré officiellement son premier cas de Mpox, le 23 janvier, après l’identification de cas importés quelques jours plus tôt. Jusqu’à lors, le pays ne déplore aucun décès lié à la variole du singe. Selon le dernier bulletin sanitaire, du 10 janvier au 10 mars, on a recensé au total 68 cas dont 40 suspects et 28 confirmés (5 importés). » On note 3 cas pour 1000 habitants de taux d’attaque cumulé aux Comores, avec 6 cas pour 1000 habitants à la Grande Comore et 0.26 pour 1000 habitants à Anjouan« , lit-on dans le bulletin qui rapporte que 94.4% des cas confirmés l’ont été à la Grande Comore. Seule l’île de Moheli est épargnée. Les deux cas suspects identifiés sur place se sont révélés négatifs et les personnes ont pu retrouver leurs familles. « Ce qui est important est de se rendre à l’hôpital ou appeler le 1717 en cas d’apparition des signes. Des investigateurs sont là pour remontrer la chaîne, des dispositions sont mises en place pour limiter la propagation« , a plaidé, le Docteur Naouirou avant d’annoncer que « les vaccins vont arriver et nous aider à casser la chaine de transmission. Les personnes à risque seront les cibles, tout comme les contacts d’un malade. Ça reste un espoir qui va nous permettre de se débarrasser de la maladie« . Certes les cas recensés n’étaient pas sévères, mais les dispositions ayant permis cette prouesse vont-elles tenir trop longtemps à un moment où les agents placés dans les frontières à la Grande Comore sont en grève pour des impayés ?
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??




































