Foire du Ramadan 2026 : les commerçants anticipent pour éviter un nouveau fiasco

Un mois de Ramadan quasi normal cette année, en comparaison de la catastrophe de 2025 consécutive aux cyclones Chido et Dikeledi. Les commerçants ont su anticiper les commandes et la reconstitution de leurs stocks, en tenant compte des besoins spécifiques et nombreux de la population désireuse de refaire ses logis. La réclame occupe tous les espaces publics depuis une dizaine de jours. L’heure est à la baisse des prix sur tout ce qui touche, de près ou de loin, au cadre de vie des Mahorais.

Pas de répit pour les commerçants cette année : le mois de Ramadan rime avec les bonnes affaires, et ce n’est certainement pas une campagne électorale en demi-teinte qui va casser le mouvement en cours. Il faut dire que, cette année, ils sont très nombreux à avoir pris de l’avance sur le calendrier, à peine les communes avaient-elles donné les autorisations nécessaires.

Les commerçants de la commune chef-lieu ont été les premiers à dresser leurs tentes sur les trottoirs de la rue du Commerce, sans pour autant perturber la circulation routière.

« En fait, après le raté de l’année dernière à cause du cyclone Chido, nous sommes nombreux à nous être retrouvés avec de gros stocks à devoir liquider. Nos commandes pour le mois de Ramadan étaient arrivées avec plusieurs mois de décalage, une fois les installations du port de Longoni remises en état. Quelques grossistes avaient des réserves qui leur ont permis de dépanner d’autres commerçants pour rattraper le coup, mais en général, 2025 a été une vraie catastrophe pour pas mal d’entre nous. Donc il était important que nous anticipions 2026. Cela explique que nous soyons prêts à servir nos clients bien assez tôt », explique Salimata.

Elle fait effectivement partie du peloton de tête des étals garnis pour la préparation de l’Aïd el-Fitr. Les stands vestimentaires ont la cote : le choix est très large entre le made in France et le made in Asia. Les importations de textiles, d’objets décoratifs ou de produits alimentaires naturels en provenance des pays voisins d’Afrique de l’Est connaissent également une percée fulgurante et quelque peu inattendue.

Cette frénésie commerçante ne touche pas seulement les marchands saisonniers : la grande distribution est également de la partie, à grand renfort de publicité qui envahit tous les espaces, sur les réseaux sociaux comme sur les panneaux 4×3 le long des routes. Très attentive aux attentes du consommateur mahorais, elle propose elle aussi des rabais substantiels sur l’alimentaire, la décoration, l’électroménager, le wifi, la cuisine, le mobilier et surtout la peinture et les produits dérivés.

L’Aïd qui arrive dix jours avant la fin du mois de mars, une donnée préoccupante pour les commerçants

En matière de revêtements muraux et de sols, de nouvelles inventions chinoises — des plaques de carbone colorées — ont fait leur apparition, augmentant l’offre disponible. Elles pourraient bien concurrencer sérieusement les classiques carrelages et faïences qui avaient jusque-là pignon sur rue tout au long de l’année.

L’heure est donc à l’embellissement de toutes sortes et aux cache-misère pour tenter d’effacer les stigmates du désastreux cyclone Chido, qui avait fortement impacté la fête de fin de Ramadan en 2025.

« Il suffit de bien regarder les objets exposés sur les étals pour se rendre compte que nous avons tous pris en considération le besoin de la population de refaire l’intérieur des maisons, de remeubler, redécorer et rhabiller les logements. Dans deux semaines, l’Aïd redonnera des couleurs à tous les foyers mahorais et le passé ne sera plus qu’un mauvais souvenir », assure Réhématoullah Fakridine Andhum.

La commerçante s’est fournie en grande partie en métropole cette année, pour échapper, dit-elle, « aux amendes et à la confiscation de produits ne respectant pas les normes françaises ou européennes ».

À quelques exceptions près, la grille tarifaire a peu, voire pas évolué par rapport aux deux années précédentes. Des commerçants assurent toutefois que ces prix pourraient être sensiblement revus à la baisse dans quelques jours en raison d’un fait marquant :

« L’Aïd tombe en plein milieu du mois, à environ onze jours de la fin mars. Nous ignorons si les employeurs pourront suivre le mouvement et faire un geste envers leurs salariés en termes de versement anticipé de salaires. Si c’est le cas, nous pourrons considérer que notre saison est sauvée. Autrement, nous serons soumis à une autre gymnastique. Beaucoup d’entre nous n’auront d’autre choix que d’accorder des paiements échelonnés. C’est une préoccupation que nous partageons tous, et qui a d’ailleurs dicté le démarrage précoce de l’activité. La clientèle avait encore un peu d’argent dans la première dizaine du mois en cours. »

Le maître mot est donc de limiter au maximum la casse dans la trésorerie des marchands. Encore une semaine de patience, et ils seront fixés sur le sort qui les attend avant la fin effective du Ramadan.

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