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#Wamitoo : deux mois pour sensibiliser sur les violences sexuelles sur mineurs à Mayotte

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À partir de ce 8 septembre et jusqu’au 20 novembre, une campagne de sensibilisation et de lutte contre les violences sexuelles sur mineurs est menée par différents acteurs locaux. Les institutions et les associations qui défendent les droits des enfants se sont réunis à l’école T12 de Kawéni ce mercredi matin pour échanger sur le sujet et lancer la campagne.

« Malheur à celui qui blesse un enfant. » C’est sur ces paroles de la chanson d’Enrico Macias que les élèves de CM1 scolarisés à l’école T12 de Kawéni ouvrent la cérémonie de lancement de la campagne de sensibilisation sur les violences sexuelles sur mineurs. Organisé par l’association Haki za Wanatsa et le collectif CIDE Mayotte (convention internationale des droits de l’enfant), l’événement rassemble différents acteurs institutionnels tels que le rectorat, la préfecture, le Département, la justice et bien d’autres… En collaboration avec une dizaine d’associations signataires, tous s’engagent au cours des deux prochains mois contre ce type de violences à travers une charte.

Cette mobilisation grandeur nature est une première pour Mayotte. « Cette initiative est basée sur l’article 19, donc spécialement sur les violences sexuelles sur mineurs. Dans chaque établissement, chaque commune, chaque structure partenaire, il y a aura des actions de sensibilisation, de formation de personnels, d’ateliers, de groupes de parole », liste Lydia Barneoud, la présidente de l’association Haki za Wanatsa. Un travail colossal mais ô combien nécessaire ! « Les violences sexuelles sont vécues par une très large partie de la population… Elles touchent en France trois enfants par classe. »

Les écoles au cœur de la sensibilisation

Les statistiques concernant les violences sexuelles faites aux enfants sont quasiment inexistantes sur l’île. Mais on sait qu’une quinzaine de signalements d’abus sexuels remontent chaque semaine auprès du rectorat de Mayotte. Un chiffre alarmant, qui semble pourtant à des années lumières de la réalité selon les acteurs réunis ce mercredi 8 septembre… Les écoles et les professionnels éducatifs ont donc un rôle crucial à jouer durant cette campagne. Le recteur doit mobiliser ses troupes pour que les élèves osent aborder le sujet. « La formation de nos personnels est importante. Nous devons les former à mieux réagir et à mieux écouter », indique Gilles Halbout.

La charte a également pour objectif de rapprocher les différents acteurs afin que les enfants aient une multitude de choix et qu’ils sachent à qui s’adresser. « Nous allons aussi créer des ateliers d’expression sur la sexualité et le consentement, et libérer ainsi la parole », continue le chef de l’académie. En réalité, ces ateliers ont déjà été expérimentés dans quelques établissements scolaires du premier et du second degré l’année dernière. Plus d’un millier de jeunes ont été sensibilisés, alors les signataires de la charte veulent dupliquer ces échanges partout dans le département.

« Protégez-nous »

« Quand on parle des enfants, il faut qu’il y ait des enfants c’est une évidence », affirme la présidente de Haki za Wanatsa. Et les enfants, il y en avait de tout âge : les petits de l’école primaire, mais également des plus grands, et plus particulièrement ceux du collège Ouvoimoja de Passamaïnty qui ont participé, lors de la précédente année scolaire, aux ateliers de sensibilisation sur les violences sexuelles sur mineurs, à titre d’expérimentation. Les adolescents ont pris leur courage à deux mains et se sont adressés aux signataires de la charte. « Vers qui dois-je me tourner si je suis victime ? », s’interroge l’une des collégiennes. « Avant notre projet, je n’avais jamais entendu parler d’inceste, maintenant j’ai découvert que certains de mes camarades en sont victimes », témoigne une autre. « Protégez-nous », répète tout simplement une adolescente. Ces jeunes ont saisi l’intérêt de l’évènement auquel ils ont été conviés et veulent à leur tour sensibiliser leur entourage. « La majorité des victimes ont peur d’en parler parce qu’elles pensent qu’elles vont être jugées ou harcelées. J’aimerais dire à toutes les victimes, qu’elles soient enfant ou adulte, de ne pas avoir peur d’en parler, qu’elles aient le courage de libérer la parole », déclare Mizna, une collégienne.

La campagne débutée cette semaine se terminera le 20 novembre, avec un colloque qui permettra d’établir le bilan de ce qui a été fait. À l’occasion, une bande dessinée intitulée « Des cailloux sur la mer » sortira également. C’est désormais une certitude : le thème des violences sexuelles s’installe lentement mais sûrement dans les grands débats de la société mahoraise.

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