100 % NUMÉRIQUE, WEB, MOBILE, TABLETTE

Les infos de Mayotte depuis plus de 20 ans !

#Wamitoo : deux mois pour sensibiliser sur les violences sexuelles sur mineurs à Mayotte

À lire également

“C’est par l’éducation que la femme mahoraise peut s’émanciper

Cela fait à peine deux mois qu’elle a pris ses fonctions et pourtant Taslima Soulaimana, la nouvelle directrice régionale aux droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes a de grandes ambitions pour la femme mahoraise. Elle est cependant consciente que la tâche ne sera pas si facile. 

Le viol, une perversion cachée dans la société mahoraise

Le viol est un mal invisible, et à Mayotte on profite de cette invisibilité pour ne pas en parler. Dans une société où le sexe est tabou, les victimes d’agressions sexuelles sont trop souvent réduites au silence. Cependant, les langues commencent à se délier, et les victimes veulent désormais se faire entendre malgré les nombreuses barrières qu’elles doivent franchir.

Pauvreté : La dichotomie mahoraise

Le chiffre est l’un des plus parlants pour décrire la situation de Mayotte. Régulièrement employé, il va désormais changer. La part de la population vivant sous le seuil de pauvreté national passe en effet de 84% à 77%. Une baisse qui ne doit pas masquer une autre réalité : les inégalités de vie se sont creusées.

Mayotte : “On veut que l’État nous prenne en charge comme tous les demandeurs d’asile qui vivent en France”

C’est un ras-le-bol qui a poussé les demandeurs d’asile africains à manifester ce lundi 20 juillet devant la mairie de Mamoudzou. Ils réclament de meilleures conditions de vie et une meilleure prise en charge de la part des associations et de l’État, mais les moyens mis à disposition à Mayotte ne sont pas suffisants. 

À partir de ce 8 septembre et jusqu’au 20 novembre, une campagne de sensibilisation et de lutte contre les violences sexuelles sur mineurs est menée par différents acteurs locaux. Les institutions et les associations qui défendent les droits des enfants se sont réunis à l’école T12 de Kawéni ce mercredi matin pour échanger sur le sujet et lancer la campagne.

« Malheur à celui qui blesse un enfant. » C’est sur ces paroles de la chanson d’Enrico Macias que les élèves de CM1 scolarisés à l’école T12 de Kawéni ouvrent la cérémonie de lancement de la campagne de sensibilisation sur les violences sexuelles sur mineurs. Organisé par l’association Haki za Wanatsa et le collectif CIDE Mayotte (convention internationale des droits de l’enfant), l’événement rassemble différents acteurs institutionnels tels que le rectorat, la préfecture, le Département, la justice et bien d’autres… En collaboration avec une dizaine d’associations signataires, tous s’engagent au cours des deux prochains mois contre ce type de violences à travers une charte.

Cette mobilisation grandeur nature est une première pour Mayotte. « Cette initiative est basée sur l’article 19, donc spécialement sur les violences sexuelles sur mineurs. Dans chaque établissement, chaque commune, chaque structure partenaire, il y a aura des actions de sensibilisation, de formation de personnels, d’ateliers, de groupes de parole », liste Lydia Barneoud, la présidente de l’association Haki za Wanatsa. Un travail colossal mais ô combien nécessaire ! « Les violences sexuelles sont vécues par une très large partie de la population… Elles touchent en France trois enfants par classe. »

Les écoles au cœur de la sensibilisation

Les statistiques concernant les violences sexuelles faites aux enfants sont quasiment inexistantes sur l’île. Mais on sait qu’une quinzaine de signalements d’abus sexuels remontent chaque semaine auprès du rectorat de Mayotte. Un chiffre alarmant, qui semble pourtant à des années lumières de la réalité selon les acteurs réunis ce mercredi 8 septembre… Les écoles et les professionnels éducatifs ont donc un rôle crucial à jouer durant cette campagne. Le recteur doit mobiliser ses troupes pour que les élèves osent aborder le sujet. « La formation de nos personnels est importante. Nous devons les former à mieux réagir et à mieux écouter », indique Gilles Halbout.

La charte a également pour objectif de rapprocher les différents acteurs afin que les enfants aient une multitude de choix et qu’ils sachent à qui s’adresser. « Nous allons aussi créer des ateliers d’expression sur la sexualité et le consentement, et libérer ainsi la parole », continue le chef de l’académie. En réalité, ces ateliers ont déjà été expérimentés dans quelques établissements scolaires du premier et du second degré l’année dernière. Plus d’un millier de jeunes ont été sensibilisés, alors les signataires de la charte veulent dupliquer ces échanges partout dans le département.

« Protégez-nous »

« Quand on parle des enfants, il faut qu’il y ait des enfants c’est une évidence », affirme la présidente de Haki za Wanatsa. Et les enfants, il y en avait de tout âge : les petits de l’école primaire, mais également des plus grands, et plus particulièrement ceux du collège Ouvoimoja de Passamaïnty qui ont participé, lors de la précédente année scolaire, aux ateliers de sensibilisation sur les violences sexuelles sur mineurs, à titre d’expérimentation. Les adolescents ont pris leur courage à deux mains et se sont adressés aux signataires de la charte. « Vers qui dois-je me tourner si je suis victime ? », s’interroge l’une des collégiennes. « Avant notre projet, je n’avais jamais entendu parler d’inceste, maintenant j’ai découvert que certains de mes camarades en sont victimes », témoigne une autre. « Protégez-nous », répète tout simplement une adolescente. Ces jeunes ont saisi l’intérêt de l’évènement auquel ils ont été conviés et veulent à leur tour sensibiliser leur entourage. « La majorité des victimes ont peur d’en parler parce qu’elles pensent qu’elles vont être jugées ou harcelées. J’aimerais dire à toutes les victimes, qu’elles soient enfant ou adulte, de ne pas avoir peur d’en parler, qu’elles aient le courage de libérer la parole », déclare Mizna, une collégienne.

La campagne débutée cette semaine se terminera le 20 novembre, avec un colloque qui permettra d’établir le bilan de ce qui a été fait. À l’occasion, une bande dessinée intitulée « Des cailloux sur la mer » sortira également. C’est désormais une certitude : le thème des violences sexuelles s’installe lentement mais sûrement dans les grands débats de la société mahoraise.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1013

Le journal des jeunes

chab-journal-des-jeunes-5

À la Une

Le conseil départemental pris d’assaut par les travailleurs

Ce jeudi 29 septembre, l’appel national des syndicats à la grève a été entendu par près de 200 personnes, sur la place de la République,...

Logement : une aide à la pierre jusqu’à 100.000 euros pour près de 38 bénéficiaires

Mise en place par le Département, l’aide à la pierre vise à aider les familles ou personnes à faibles revenus à accéder à la...

Guet-apens de « Pilou » : L’auteur des coups de couteau condamné à quinze ans de prison

Le procès de la bande de Doujani, qui a agressé violemment un lycéen à l’intérieur d’un bus le 11 mai 2016, s’est terminé ce...

La laka de retour au premier plan, avec la course de pirogues traditionnelles de Mamoudzou

La mairie de Mamoudzou organise le dimanche 16 octobre la première course de pirogues traditionnelles sur le front de mer de la ville chef-lieu,...

Éric Dupond-Moretti veut créer une « task force » de magistrats

Outre un budget du ministère de la Justice en hausse de 170 millions d’euros, Éric Dupond-Moretti a annoncé plusieurs mesures, mardi 27 septembre, devant...