Futur marché des transports scolaires : les syndicats redoutent un vaste mouvement social et interpellent le Département-Région

À quelques semaines de la rentrée scolaire, plusieurs organisations syndicales alertent sur le risque d’un important mouvement social susceptible de perturber les transports publics et les transports scolaires à Mayotte. En cause, selon elles, les conditions de préparation du futur marché des transports scolaires et les conséquences qu’il pourrait avoir sur l’emploi et les acquis sociaux des salariés du secteur.

Le climat social se tend dans le secteur des transports à Mayotte. Les syndicats représentant les salariés de MATIS (groupement Nari Endré Mbéli), Cadéma, Transdev, Tama ya Léo na Méso et Ouvoimoja multiplient les prises de parole afin d’alerter les pouvoirs publics et la population sur ce qu’ils présentent comme une menace pesant sur près de 1 000 emplois.

Au cœur de leurs inquiétudes figure le renouvellement du marché des transports scolaires, dont les modalités sont actuellement en préparation par le Département-Région.

Les représentants syndicaux estiment que les futurs appels d’offres pourraient ne pas comporter de dispositions garantissant la reprise du personnel et le maintien des acquis sociaux des salariés actuellement employés par les entreprises titulaires des marchés.

Les acquis sociaux au centre des inquiétudes

Pour Bouhari Ahamada, secrétaire général FO de la branche Transports, les conséquences pourraient être lourdes pour l’ensemble de la profession.

Selon lui, près de 1 000 salariés seraient concernés, parmi lesquels environ 300 conducteurs de bus, 100 médiateurs, 30 contrôleurs, 200 agents administratifs et d’exploitation, ainsi que des personnels des ateliers de maintenance.

« Au fil des échanges que nous avons eus avec le Département-Région, nous avons le sentiment que la préservation de nos emplois et de nos acquis sociaux n’est pas une priorité », affirme le responsable syndical.

Les syndicats expliquent que la compétence relative au transport scolaire devrait être transférée à plusieurs intercommunalités, notamment la Cadéma et la Communauté d’agglomération du Grand Nord, ce qui entraînerait la passation de nouveaux marchés.

Ils craignent que le futur cahier des charges ne comporte aucune clause imposant aux futurs attributaires de reprendre les salariés actuellement employés ou de maintenir leurs conditions de rémunération.

Les syndicats dénoncent un risque de précarisation

Selon Bouhari Ahamada, certains salariés pourraient être réembauchés au niveau du SMIC, perdant ainsi les évolutions salariales acquises au fil des années.

« Certains agents ont construit leur carrière depuis plus de dix ans. Si aucune garantie de reprise n’est prévue, ils risquent de repartir de zéro », estime-t-il.

Les organisations syndicales dénoncent également un manque de concertation avec les représentants du personnel et demandent que les clauses sociales soient intégrées au futur marché public afin de garantir la continuité des emplois.

Elles affirment avoir alerté les services de l’État sur cette situation. Les représentants de FO et de la CFDT ont ainsi été reçus mercredi par les responsables de la Direction du travail afin d’exposer leurs préoccupations et de solliciter l’intervention des services de l’État.

Une menace de grève à la rentrée

À défaut d’engagements jugés satisfaisants, les syndicats n’excluent pas le déclenchement d’un mouvement social dès la rentrée de septembre.

Ils estiment que celui-ci pourrait affecter l’ensemble des réseaux de transport public ainsi que les transports scolaires, avec des conséquences importantes pour les usagers.

Les représentants syndicaux dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un manque de transparence dans la préparation du futur marché, évoquant de possibles choix guidés par des considérations politiques. À ce stade, ces accusations n’ont toutefois pas été étayées publiquement.

Contacté sur ces différentes critiques, le Département-Région n’avait pas encore communiqué sa position au moment de la rédaction de cet article. Sa réponse permettra d’éclairer les conditions de préparation du futur marché et les garanties éventuellement prévues pour les salariés concernés.

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